Histoire de Puteaux Flux

Pour une rue Georges Dardel à Puteaux

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Lors du conseil municipal de Puteaux du mercredi 18 décembre 2019, avec ma collègue Bouchra Sirsalane, nous présenterons un voeu pour baptiser une rue, une place, un jardin ou un bâtiment public de Puteaux du nom de l’ancien maire Georges Dardel.

Né il y a 1 siècle, en 1919, et mort en 1982 à Puteaux, Georges Dardel a été maire de notre commune pendant 21 ans, entre 1948 et 1969. Aucun lieu de notre commune ne porte pourtant encore son nom. Nous proposons de lui rendre enfin cet hommage.

Il y a quelques années, j'avais contacté sa veuve. Voici ce que Chantal Dardel m'écrivait : "Mes enfants et moi sommes parfaitement d'accord pour un tel hommage. Nous le souhaitons même ardemment. Georges Dardel a apporté beaucoup à la ville de Puteaux. Il a mis Puteaux à plusieurs reprises à l'avant de la modernité. Tous les Putéoliens qui en ont profité seront, je le pense, d'accord".

Ancien cheminot, Georges Dardel s'engage très jeune en politique. Il est élu maire de Puteaux au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1948. Il occupe ensuite plusieurs autres mandats : sénateur de la Seine et membre du conseil de l'Europe.

Sur son initiative, en 1955, Puteaux se jumelle avec une ville allemande, Offenbach, située près de Francfort, ainsi qu'une ville britannique Tower Hamlets, située dans la banlieue de Londres. 10 ans seulement après la fin de la guerre, c'était un acte fort et très symbolique.

Européen convaincu, Georges Dardel avait organisé 1 an plus tôt, en 1954, à Puteaux, une grande exposition internationale sur "l'Europe à travers la commune". Les commerçants et les industriels de la ville étaient invités à présenter plusieurs pays européens autour de 3 thèmes : la culture, l'industrie et les écoles professionnelles.

Les années suivantes, les jumelages entre Puteaux et d'autres communes européennes vont se succéder : Esch-sur-Alzette (Luxembourg) , Mödling (Autriche) et Zemun (République fédérale de Yougoslavie) en 1956, Velletri (Italie) en 1958...
Par la volonté de son maire, Puteaux va s'investir pleinement dans ce mouvement du Jumelage dont le but premier était de promouvoir la paix entre les peuples européens.

Georges Dardel est resté maire de Puteaux jusqu’en 1969. Un très grave accident de la route, où il a failli perdre la vie, l’éloigne ensuite de cette fonction.

A l'occasion du centenaire de sa naissance, nous proposons qu'une rue, une place, un jardin ou un bâtiment public de Puteaux porte son nom. 

(Ce pourrait être le palais de la médiathèque situé en face de l'Hôtel-de-Ville. Mais un autre lieu pourrait être choisi).

Christophe Grébert


Charles Ceccaldi-Raynaud, un maire grandiose, redouté et redoutable (par Sylvie Cancelloni)

34513564_715c3a0741Charles Ceccaldi Raynaud est mort, lui qu’on eut cru immortel, tant il a incarné l’histoire politique du 92 dont les figures principales, Charles Pasqua au 1 er rang, commencent à disparaître.

J’ai travaillé avec lui le temps d’un mandat. Ou plutôt, j’ai essayé, tant l’homme portait de contradictions pour la jeune femme que j’étais à l’époque : rusé et cruel parfois, généreux à d’autres, hypocondriaque souvent et se servant de sa santé chaque fois qu’on l’importunait, glaçant dans ses menaces et sincèrement désolé qu’on ne l’aime pas davantage, il travaillait la pâte humaine comme personne en pétrissant la fidélité entre terreur et largesses. Ne faisant qu’exceptionnellement confiance, il misait d’abord sur les faiblesses qu’il devinait avec une finesse frisant le grand art.

C’est dans ce chaudron paternel que s’est développée la culture si particulière du clientélisme à la Puteaux : à défaut de pouvoir compter sur l’engagement indéfectible de quiconque, il faut le lier d’abord à soi par une dette de reconnaissance … C’est infaillible : on se bouscule au portillon pour une faveur !

Il a été un Maire grandiose, redouté et redoutable. Il faut dire qu’il a reçu à ses débuts le plus fabuleux cadeau, la Défense. Moyennant la cession du « terrain » à l’Etat (via l’EPAD), elle a rapporté à Puteaux des revenus annuels dont l’importance aura fait transpirer des générations d’inspecteurs des finances cherchant à le confisquer. Un des directeurs de l’EPAD, Gerard de Senneville, a raconté dans un livre à charge l’épopée qualifiée de cynique et affairiste, des deux rois de l’époque, Charles Ceccaldi et Christian Pellerin.

Même avec des méthodes discutables, Charles Ceccaldi a pourtant constitué pendant 35 ans le trésor de guerre sur lequel Puteaux continue de vivre, en un temps où d’autres communes se serrent la ceinture et peinent à investir. Un trésor de guerre envié bien sûr, et utilisé en grande part… pour asseoir les fidélités  ! Le clientélisme est trop efficace pour résister à la tentation!

Quel souvenir laissera-t-il à Puteaux ? La mémoire est capricieuse et l’étoile du ceccaldisme vieillissante : 3 générations, c’est quand même beaucoup… Il n’est plus si sûrement compatible avec l’air du temps, peu amateur de sagas fastueuses, et tourné davantage vers la construction d’un avenir responsable. De ce point de vue, le grand péché du ceccaldisme aura été son indifférence totale au développement de la Défense. Aussi décrépite qu’il le devient peu à peu…

On retiendra : la reconnaissance des rapatriés d’Algérie qu’il a acceuillis après les accords d’Evian ; le taux de HLM assurant à la fois une mixité sociale appréciée dans la ville; la sanctuarisation de l’Ile de Puteaux et la construction de la piscine ; l’entrée de Puteaux dans l’ère post-industrielle... Mais tout cela avec son cortège d’affaires (relations avec les maires Dardel et Peretti ; les liens corses et les réseaux franc-maçons, la mort du colleur d’affiches, le marché de chauffage de la Défense etc). L’Histoire et la justice, qui continue à enquêter, feront le tri le tri et établiront un jour le vrai bilan de ces 50 années putéoliennes.

Il restera surtout la figure d’un homme qui n’avait peur que de la mort, et dont le style et la carrière politique, de l’Algérie à Puteaux, de la SFIO au RPR, très 3 ème République, resteront à jamais inimitables.

Si sa vie fût Puteaux pendant 35 ans, il lui tourne cependant résolument le dos dans la mort, préférant être enterré près de Toulouse, dans sa nouvelle famille dont le faire-part n’évoque ni sa fille et son petit-fils. La guerre aura continué jusqu’au bout.

Et le connaissant, là où il est, nul doute qu’il appréciera peu les hommages post mortem que la ville de Puteaux, qu’il considérait comme passée à l’ennemi, ne manquera pas de lui rendre.

Sylvie Cancelloni
ancienne conseillère municipale de Puteaux


La mort de l'ancien maire de Puteaux Charles Ceccaldi-Raynaud

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Charles Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux pendant 34 ans (1969-2004), est mort. Il avait 94 ans.

C'était un sacré personnage, intelligent et rusé, un politique d’un autre siècle, qui a commencé sa carrière à la SFIO (ancêtre du parti socialiste) avant de rejoindre le RPR (ancêtre du parti Les Républicains).

Elu en 1969 à la tête de la municipalité de Puteaux, il quitte son poste de maire à mi-mandat en 2004, suite à des problèmes de santé. Sa fille Joëlle Ceccaldi lui a succédé. Quand le père est allé mieux et qu'il a demandé à reprendre sa place, celle-ci a refusé. Ce qui a entrainé une longue guerre entre le père et la fille.

Proche de Charles Pasqua et parrain politique de Nicolas Sarkozy, Charles Ceccaldi-Raynaud a été sénateur des Hauts-de-Seine et député de Puteaux-Neuilly.

Il emporte avec lui de nombreux secrets. L'ex-maire de Puteaux était sous le coup d'une mise en examen pour favoritisme et corruption dans l'affaire de l'attribution du marché du chauffage du quartier d'affaires de la Défense.

Avec sa disparition, c'est aussi une longue page de l'histoire de Puteaux qui se tourne.

Sa fiche sur Wikipédia.


Vieille église de Puteaux en danger : Bolloré et Havas aidez-nous !

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Fermée depuis maintenant 4 ans, la vieille église de Puteaux a besoin de 700.000 euros de travaux. La municipalité - pourtant propriétaire et responsable - ne veut pas payer. Je vais écrire à Bolloré et Havas pour leur demander de participer au financement de ce chantier de restauration.

Les sièges de ces 2 sociétés se trouvent en effet à quelques dizaines de mètres seulement de la vieille église. 

Je rappelle que la vieille église a été dégradée par la municipalité : en janvier 2015, la maire a décidé de repeindre en rouge et violet les murs intérieurs de cet édifice classé du 16e siècle ! Elle n'avait pas prévenu le curé et n'avait demandé aucune autorisation aux services du ministère de la culture. Ce dernier a exigé que la peinture soit retirée. Les murs ont été grossièrement grattés, ce qui a encore plus abimé le monument

La ville de Puteaux, qui refuse donc d'assumer les dégâts et le coût de la restauration, a lancé une souscription (sur le modèle de celle lancée pour Notre Dame). Mais après 1 an et demi de souscription, seuls 2.740 euros (sur les 700.000 nécessaires) ont été recueillis. A ce rythme, il faudra plus d'un siècle pour financer ce chantier !!!

Ce n'est pas la peine d'attendre quoi que ce soit de Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Comme d'habitude, la maire refuse de reconnaître son erreur et ne fera rien.

Lors du conseil municipal du 4 avril 2019, elle a démontré son désintérêt pour la sauvegarde du patrimoine architectural de notre ville

Nous allons donc écrire à Bolloré et à Havas. Les 2 groupes ont leur siège sur les quais, à proximité de la vieille église. Ils seront certainement intéressés de financer la restauration de ce monument historique.
Christophe Grébert