Chauffage urbain Flux

Les pots-de-vin introuvables du marché du chauffage de la Défense (3e partie de l'enquête de Médiapart sur Puteaux)

MediapartLe site Médiapart a publié la 3e partie de son enquête sur l'affaire du chauffage de la Défense dans laquelle Charles Ceccaldi-Raynaud est mis en examen pour corruption et sa fille Joëlle entendue comme témoin assistée.

Cette nouvelle partie porte sur le fond de l'affaire : l'attribution du marché du chauffage et de la climatisation des 3 millions de m2 de bureaux du quartier d'affaires de la Défense. La justice soupçonne un système de corruption et le versement de pots-de-vin à des élus.

Extrait : 

" (..) la justice a mis au jour un incroyable feuilleton, où se mêlent soupçons de favoritisme, escroquerie familiale et valises de billets rapatriées du Luxembourg. Mis en examen en 2007 pour corruption, l’ancien maire de Puteaux Charles Ceccaldi-Raynaud conteste avoir touché des pots-de-vin. Et malgré plusieurs indices troublants, il est difficile de discerner le vrai du faux dans une affaire où tous les acteurs semblent avoir quelque chose à cacher.

Tout a commencé par la bataille pour un énorme fromage : le chauffage et la climatisation du quartier de La Défense (3 millions de m2 de bureaux et plusieurs milliers de logements). Pour les entreprises concernées, c’est le marché de l’année, avec 875 millions d’euros de chiffre d’affaires sur vingt-cinq ans. À la surprise générale, c’est Enerpart, une petite société créée pour l’occasion, qui remporte le gros lot en novembre 2001 face à plusieurs poids lourds du secteur. L’appel d’offres était piloté par le Sicudef, un syndicat intercommunal ad hoc où siègent les élus de Puteaux, Nanterre et Courbevoie, et présidé d’une main de fer par Charles Ceccaldi-Raynaud, alors sénateur-maire de Puteaux, aujourd'hui âgé de 92 ans.

(..)

La juge Isabelle Prévost-Desprez, qui a hérité du dossier en 2003, lance une spectaculaire série de perquisitions visant Charles Ceccaldi-Raynaud et sa fille Joëlle, alors maire adjointe de Puteaux, secrétaire du Sicudef et députée (suppléante de Nicolas Sarkozy, elle a récupéré le siège de celui qui est alors ministre de l’intérieur). Mais la magistrate commet une erreur : elle n’a pas effectué toutes les opérations en même temps.

Le 9 décembre 2003, le domicile de Charles Ceccaldi à Puteaux est perquisitionné par les policiers de l’office anticorruption (3). Le lendemain, ils visitent sa résidence corse de Zonza, dont il est l’usufruitier depuis le décès de son épouse. Les enquêteurs sont frappés par le luxe de cette villa de 500 m2 avec piscine entourée d’un terrain de 2,8 hectares. D’autant plus que le relevé de propriété obtenu en mairie décrit « un bien immobilier non bâti dans une zone non constructible ». Dans la chambre à coucher, les policiers trouvent un coffre-fort… ouvert et vide (..)".

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A LIRE SUR MONPUTEAUX, LE DOSSIER AFFAIRE DU CHAUFFAGE DE LA DÉFENSE 


MÉDIAPART enquête sur les affaires de Puteaux

MEDIAPARTLe site Mediapart publie une enquête sur l'affaire de la chaufferie de la Défense dans laquelle l'ancien et l'actuel maire de Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud et Joëlle Ceccaldi-Raynaud, ont été entendus par la justice.

Extrait :

"C’est l’un des plus vieux dossiers du tribunal de Nanterre. Une affaire de corruption de 27 tomes et de milliers de pages, qui traîne depuis quatorze ans et a épuisé cinq juges d’instruction. Une enquête judiciaire sans doute trop sensible, qui met en cause les Ceccaldi-Raynaud père et fille, inamovibles édiles Les Républicains (LR) de la ville de Puteaux depuis quarante-six ans, proches de Nicolas Sarkozy et barons de son ancien fief des Hauts-de-Seine.

Ce dossier, c’est celui du marché du chauffage du quartier d’affaires de La Défense, attribué en 2001. L’ancien maire de Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud, a été mis en examen en 2007 pour corruption et favoritisme. Tandis que sa fille Joëlle, qui lui a succédé, n’est pour l’instant que témoin assisté, malgré la découverte de 4 millions d'euros planqués sur son compte non déclaré au Luxembourg.

Si certains épisodes ont déjà été relatés, l'affaire restait, aujourd’hui encore, largement mystérieuse. Mediapart est en mesure de révéler les secrets de cette histoire aux allures de polar, où il est question de soupçons de trucage d’appel d’offres, de valises de billets rapatriées en hélicoptère, d'argent planqué au Luxembourg, d’amitiés corses, mais aussi du pillage de la fortune d’une dynastie industrielle et du rôle trouble joué par le célèbre homme d'affaires Alain Afflelou. Il y a enfin la haine familiale entre les Ceccaldi-Raynaud, Charles n’ayant pas pardonné à sa fille d’avoir conservé le fauteuil de maire, qu’il lui avait « prêté » en 2004 pour raisons de santé.

Nous avons choisi d’y consacrer une enquête en quatre volets. Cette plongée inédite dans l’univers impitoyable de Puteaux offre un nouvel exemple des mœurs très particulières du 92, ce département qui fut pendant trente ans, du temps où le « parrain » Charles Pasqua présidait le conseil général, au cœur du financement occulte du RPR, devenu l'UMP puis LR. (..)"

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La mairie de Puteaux décide de chauffer un "éco-quartier"... au fioul !

ZAC_des_bergeres_hd_referenceLors du conseil municipal de Puteaux du jeudi 3 juillet 2013, la majorité UMP a décidé de confier le marché du chauffage urbain du nouveau quartier des Bergères au  Sicudef (Syndicat mixte de chauffage urbain de la Défense), autrement dit à la société de chauffage Enertherm, dont les chaufferies fonctionnent au fioul et au gaz. La ZAC des Bergères est pourtant présentée depuis le début comme un "éco-quartier". Présentation trompeuse !
Le chauffage et l'eau chaude des 182.000 m2 de logements, de commerces et d'équipements publics prévus aux Bergères ne seront donc en rien "écologiques", ni même économiques.

Au conseil municipal, le groupe "Puteaux Pour Vous", associé à Europe Ecologie les Verts, a défendu un autre projet. Voici le texte lu en séance :

La transition écologique est un passage obligé pour construire la ville de demain.

Grâce à des bâtiments sobres, des productions locales d’énergies renouvelables, les Éco-quartiers limitent leur empreinte carbone et font fructifier une écologie urbaine bénéfique à la biodiversité. La création d’un réseau de chaleur est la solution la plus adaptée pour atteindre ces objectifs en répondant à la fois aux besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire.

Pour l’écoquartier des Bergères, le choix se porte sur le SICUDEF. D’où vient l’énergie alimentant son réseau de chaleur ? Le mix énergétique issu des 2 centrales SICUDEF provenait en 2012 à 34% du fioul lourd et à 66% du gaz naturel, la part du fioul étant en hausse par rapport à 2011. Ce mix induit un contenu de 280 gCO2eq par kWh vendu (moyenne entre fioul et gaz). A titre de comparaison la géothermie induit un contenu de 55 gCO2eq/kWh et la combustion des ordures ménagères 0 gCO2eq/kWh.

Les combustibles fossiles sont à l’avenir amenés à poser plusieurs types de problèmes. Outre la question des émissions, celle de la dépendance énergétique se pose aussi car la totalité de ces combustibles sont importés. Il est très probable que le fioul lourd soit de plus en plus consacré à la demande de diesel, ce qui en augmentera le prix (pour une simple question d’offre et de demande). La facture des ménages putéoliens reliés à ce réseau de chaleur augmentera donc également.

A contrario la biomasse utilisée dans une chaufferie à bois est l’énergie phare de la lutte contre l’effet de serre.
Le sous-sol de l’Ile-de-France se prête aussi particulièrement à l’exploitation de la géothermie. Il s’agit d’un moyen peu coûteux de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre qui devrait être, tout comme la biomasse, la priorité de toute politique publique de développement des réseaux.

La demande énergétique a-t-elle été chiffrée ? Une étude a-t-elle été faite pour étudier les solutions alternatives ? Création d’une chaufferie bois, exploitation de la géothermie, incinération des ordures ménagères... D’autres idées que la simple solution de facilité ont-elles été envisagées ?

Nous aurions pu répondre à l’appel à projet lancé conjointement par l’ADEME et le Conseil régional d’Ile-de-France pour des plateformes régionales biomasse énergie et participer ainsi aux objectifs de réduction régional et national.

Nous nous abstenons donc sur cette délibération, qui ne donne aucune possibilité de mise en concurrence, et qui ne répond absolument pas aux nécessités de l’avenir.

LIRE LA DÉLIBÉRATION SOUMISE AU VOTE : Téléchargement Ecoquartier.pdf

Etrange décision de la part du maire UMP de Puteaux ? Rappelons que la société Enerthem, qui a le monopole du chauffage de la Défense, est au centre depuis 12 ans d'une affaire d'attribution de marché arrangée, dans laquelle le père du maire de Puteaux, ancien président du Sicudef, est mis en examen. La maire de Puteaux est elle même entendue comme témoin. C'est ainsi que le juge d'instruction chargé de l'enquête a découvert un compte au Luxembourg au nom de Joëlle Ceccaldi et contenant plusieurs millions d'euros.


La maire UMP de Puteaux Joëlle Ceccaldi-Raynaud entendue par le juge dans l'affaire du chauffage de La Défense

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(photo : Charles Ceccaldi-Raynaud et sa fille Joëlle Ceccaldi-Raynaud)

La maire UMP de Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, est entendue depuis plusieurs jours par le juge de Nanterre chargé d'instruire l'affaire du marché du chauffage du quartier d'affaires de La Défense

C'est l'un des plus vieux dossiers en cours d'instruction au tribunal de Nanterre. Il porte sur d'éventuelles malversations financières commises lors de l'attribution de cet important marché public. Plusieurs millions d'euros de commissions auraient été versées, selon un intermédiaire luxembourgeois qui, n'ayant pas eu son dû, a dénoncé l'opération à la justice.

En guerre contre sa fille, Charles Ceccaldi-Raynaud, ancien président du Sicudef, le syndicat mixte qui a attribué le marché à la société Enertherm, et lui même mis en examen dans cette affaire, accuse sa propre fille, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, d'avoir touché une partie de ces commissions.

En octobre 2011, le Canard Enchaîné a révélé que le maire UMP de Puteaux disposait jusqu'en 2009 d'un compte au Luxembourg sur lequel était placé plus de 4 millions d'euros. Cet argent a ensuite disparu.

Lors de ses auditions par le juge de Nanterre, Joëlle Ceccaldi-Raynaud a du certainement s'expliquer sur l'origine de ces fonds. Comme son père, la maire de Puteaux risque d'être mise en examen.

A LIRE : UN RÉSUMÉ DE L'AFFAIRE devant le conseil municipal de Puteaux