Chauffage urbain Flux

Les Ceccaldi de Puteaux échappent à un procès pour corruption dans l'affaire de la chaufferie de la Défense

Nicolas_Sarkozy _Joelle_et_Charles_Ceccaldi_Raynaud _2005

Après 18 ans d'enquête, je croyais l'affaire enterrée pour toujours, mais non... L'AFP a révélé ce week-end que le parquet de Nanterre avait, en toute discrétion durant le mois d'août, demandé un procès pour les soupçons de corruption dans l'attribution du marché du chauffage et de la climatisation des 3 millions de m2 de bureau du quartier d'affaires de la Défense.

Plus de 5 millions d'euros de pot-de-vin auraient été versés.

Charles Ceccaldi, l'ex-maire de Puteaux, était au coeur de l'enquête. Il présidait le syndicat intercommunal - le SICUDEF - qui a attribué cette délégation de service public. Il était placé en examen depuis 12 ans pour favoritisme et corruption.

Mais... Charles Ceccaldi est décédé le 18 juillet dernier, à l'âge de 94 ans.

2 semaines après (!), le 2 août, le Parquet de Nanterre a donc demandé que 5 personnes soient -enfin- jugées : les seuls responsables des entreprises concernées... mais aucun politique ! 

Dans cette affaire, Joëlle Ceccaldi a été entendue comme témoin assisté : une partie des commissions aurait pu transiter par un compte à son nom au Luxembourg. Compte dans lequel les enquêteurs ont trouvé la trace des fameux 102 kilos d'or.

Mais aucune charge n'a été retenue contre l'actuelle maire de Puteaux : les enquêteurs n'ont pas su prouver que cet argent caché dans un paradis fiscal était celui de la corruption présumée du marché de la Défense.

Quel commentaire peut-on faire ? Disons que le Parquet de Nanterre a pris son temps dans cette affaire : 18 ans d'instruction, un record ! Remarquons également que nos institutions n'ont pas été très efficaces pour lutter contre la corruption, particulièrement dans les Hauts-de-Seine sous l'ére Sarkozy.

Espérons au moins que ce procès -lorsqu'il aura lieu- mettra en lumière les mauvaises pratiques de certains de nos élus. Car rappelons-le : les millions détournés dans ces affaires de marchés publics le sont à notre détriment.

Christophe Grébert

L'ARTICLE DU MONDE RESUME BIEN L'AFFAIRE : https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/09/14/affaire-de-la-chaufferie-de-la-defense-le-parquet-veut-un-proces-apres-18-ans-d-enquete_5510510_1653578.html

MON DOSSIER SUR LE CHAUFFAGE URBAIN DE LA DÉFENSE : https://www.monputeaux.com/chauffage_urbain/


10.000 logements de la Défense privés d'eau chaude pour maintenance : est-ce obligé ?

Douche

Depuis lundi et jusqu'à la fin de la semaine, 10.000 logements et 150 immeubles de bureaux raccordés au réseau de chauffage de la Défense - à Puteaux, Nanterre et Courbevoie - sont privés d'eau chaude. Cette coupure d'une semaine intervient chaque été. Elle permet d'effectuer des travaux de maintenance. Mais est-elle vraiment obligatoire ?

Ces interruptions, qui permettent de réaliser divers travaux d’entretien dans les centrales de production à Courbevoie et Nanterre, sont "indispensables" affirme Enertherm, la société qui exploite le réseau de chauffage.

Si des travaux de maintenance sont nécessaires, faut-il pour autant stopper la production et priver d'eau chaude des milliers d'habitants durant toute une semaine ?

A Vénissieux, la chaufferie était coupée 3 jours chaque été jusqu'en 2015. Mais suite au renouvellement du contrat de délégation de service public survenu en 2016, cette coupure a été réduite par contrat... à 12 heures

Mieux encore : à Cenon, suite à des travaux de modernisation sur le réseau de chauffage, il n'y a plus de coupure du tout. Ce sont 12.000 foyers concernés ! (voir l'illustration ci-dessous)

La coupure annuelle d'eau chaude à la Défense n'est donc pas une fatalité : il n'y a ni obligation légale, ni impossibilité technique.

Je ferai une intervention lors du prochain conseil municipal de Puteaux, pour réclamer des explications à l'opérateur et au SICUDEF (Syndicat Mixte de Chauffage Urbain de la Région de la Défense), voir s'il est possible de changer cela et dans quel délai.

Christophe Grébert

A Cenon, en Gironde, les 12.000 logements raccordés au réseau collectif ne doivent plus subir de coupure estivale d'eau chaude grâce à des travaux de modernisation : 

Cenon


Corruption à la Défense : 10e anniversaire de la mise en examen de l'ex-maire de Puteaux

Sans titre

Il y a tout juste 10 ans, en août 2007, Charles Ceccaldi-Raynaud était mis en examen pour "favoritisme, recel d'abus de biens sociaux et corruption passive" dans l'affaire de l'attribution du marché du chauffage du quartier d'affaires de la Défense. Depuis, la justice ne semble pas pressée de programmer un procès.

Entre-temps, la fille de Charles, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, est devenue maire de Puteaux à la place de son père. Elle a plusieurs fois été entendue par le juge d'instruction pour s'expliquer sur l'origine des 102 kilos d'or découverts sur un compte caché au Luxembourg et qui pourraient correspondre à une partie des dessous de table versés dans cette affaire de corruption.

Entre-temps également, le fils de Joëlle Ceccaldi, Vincent Franchi, est entré au syndicat intercommunal du chauffage de la Défense que présidait son grand-père ! Ainsi, les affaires peuvent malgré tout se poursuivre dans la discrétion familiale.

Verra-t-on un jour cette famille jugée ? Ne perdons pas espoir. Il a bien fallu 30 ans pour que les Balkany soient inquiétés.

Une nouvelle enquête pour fraude fiscale a d'ailleurs été ouverte... Elle vise la fille de Joëlle Ceccaldi.

LIRE MON DOSSIER SUR LE CHAUFFAGE DE LA DÉFENSE

(photo : Nouvel Obs 2003)


Les pots-de-vin introuvables du marché du chauffage de la Défense (3e partie de l'enquête de Médiapart sur Puteaux)

MediapartLe site Médiapart a publié la 3e partie de son enquête sur l'affaire du chauffage de la Défense dans laquelle Charles Ceccaldi-Raynaud est mis en examen pour corruption et sa fille Joëlle entendue comme témoin assistée.

Cette nouvelle partie porte sur le fond de l'affaire : l'attribution du marché du chauffage et de la climatisation des 3 millions de m2 de bureaux du quartier d'affaires de la Défense. La justice soupçonne un système de corruption et le versement de pots-de-vin à des élus.

Extrait : 

" (..) la justice a mis au jour un incroyable feuilleton, où se mêlent soupçons de favoritisme, escroquerie familiale et valises de billets rapatriées du Luxembourg. Mis en examen en 2007 pour corruption, l’ancien maire de Puteaux Charles Ceccaldi-Raynaud conteste avoir touché des pots-de-vin. Et malgré plusieurs indices troublants, il est difficile de discerner le vrai du faux dans une affaire où tous les acteurs semblent avoir quelque chose à cacher.

Tout a commencé par la bataille pour un énorme fromage : le chauffage et la climatisation du quartier de La Défense (3 millions de m2 de bureaux et plusieurs milliers de logements). Pour les entreprises concernées, c’est le marché de l’année, avec 875 millions d’euros de chiffre d’affaires sur vingt-cinq ans. À la surprise générale, c’est Enerpart, une petite société créée pour l’occasion, qui remporte le gros lot en novembre 2001 face à plusieurs poids lourds du secteur. L’appel d’offres était piloté par le Sicudef, un syndicat intercommunal ad hoc où siègent les élus de Puteaux, Nanterre et Courbevoie, et présidé d’une main de fer par Charles Ceccaldi-Raynaud, alors sénateur-maire de Puteaux, aujourd'hui âgé de 92 ans.

(..)

La juge Isabelle Prévost-Desprez, qui a hérité du dossier en 2003, lance une spectaculaire série de perquisitions visant Charles Ceccaldi-Raynaud et sa fille Joëlle, alors maire adjointe de Puteaux, secrétaire du Sicudef et députée (suppléante de Nicolas Sarkozy, elle a récupéré le siège de celui qui est alors ministre de l’intérieur). Mais la magistrate commet une erreur : elle n’a pas effectué toutes les opérations en même temps.

Le 9 décembre 2003, le domicile de Charles Ceccaldi à Puteaux est perquisitionné par les policiers de l’office anticorruption (3). Le lendemain, ils visitent sa résidence corse de Zonza, dont il est l’usufruitier depuis le décès de son épouse. Les enquêteurs sont frappés par le luxe de cette villa de 500 m2 avec piscine entourée d’un terrain de 2,8 hectares. D’autant plus que le relevé de propriété obtenu en mairie décrit « un bien immobilier non bâti dans une zone non constructible ». Dans la chambre à coucher, les policiers trouvent un coffre-fort… ouvert et vide (..)".

LA SUITE SUR LE SITE DE MEDIAPART

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