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juin 2011

Joëlle Ceccaldi-Raynaud rêve de devenir Sénatrice des Hauts-de-Seine

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Comme nous vous l'annoncions dès vendredi, Joëlle Ceccaldi-Raynaud va présenter sa propre liste à l'élection sénatoriale du 25 septembre 2011 dans les Hauts-de-Seine. La maire UMP de Puteaux cherche en effet à se recaser au Sénat, car elle risque fortement de perdre son siège de député en 2012 au profit du maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromantin.

Problème, l'UMP n'a pas placé Joëlle Ceccaldi en position éligible sur la liste officielle menée par Roger Karoutchi. C'est Isabelle Balkany qui lui a été préférée !

D'où cette liste dissidente annoncée par la maire de Puteaux. « Parce que la vraie autonomie des collectivités territoriales passe par une autonomie personnelle de ses élus, je conduirai une liste complémentaire de celle de l'UMP aux élections sénatoriales, ne me prévalant ni de l'opposition ni de la dissidence, mais de ma liberté », explique-t-elle dans un communiqué. Explication alambiquée.

La divison de l'UMP dans le 92 risque de lui faire perdre un siège de sénateur. Dans ce cas, la situation de Joëlle Ceccaldi-Raynaud, plus députée et pas sénatrice, risque d'être politiquement compliquée ! A moins que d'ici septembre l'Elysée ne lui promette une compensation pour qu'elle renonce à se présenter au Sénat. En 2005, Joëlle Ceccaldi avait notamment siégé quelques mois au Conseil Economique et Social lorsque Nicolas Sarkozy avait voulu récupérer son poste de député. Vive le Sarkoland !

(photo : Flickr)


Conseil municipal de Puteaux : quelles intercommunalités pour les Hauts-de-Seine ?

Carte Fin décembre 2011, les communes des Hauts-de-Seine devront s’être mises d’accord sur l’adoption d’un « Schéma départemental de coopération intercommunale » (SDCI).

L’évolution vers l’intercommunalité est devenue partout une réalité en France : en s’unissant dans une entité plus grande, on met en commun ses moyens, on mutualise ses structures et ses investissements, on réalise ainsi d’importantes économies d’échelle. Aujourd’hui, la réforme de la fiscalité locale accélère encore davantage le processus.

En Ile-de-France, cette évolution est ralentie par le projet du Grand Paris, qui s’articule autour de plusieurs pôles d’excellence, dont La Défense, le Plateau de Saclay et la Plaine Saint Denis. L’ensemble des aménagements à prévoir, notamment en terme de transports, impose un travail de regroupement intercommunal par étapes progressives. La contrainte qui s’exerce sur nos villes du 92 est donc moins importante que sur le reste de la France.

Il n’empêche : le Préfet du 92 souhaite avancer sur ces questions car le Grand Paris est un projet à la fois urbain, social, économique, appelé à unir les territoires stratégiques de l’Ile de France et à créer un ensemble harmonieux d’un seul tenant et sans enclave. Il faut donc que notre département entame une réflexion sur sa place et la cohérence de ses actions dans l’ensemble du dispositif.

C’est le rôle du SDCI dans le 92 : à terme, il identifie 2 pôles, le Nord et le Sud.

Déjà très organisé autour de 4 grandes intercommunalités (GPSO, Cœur de Seine, Sud de Seine et Hauts de Bièvre), il est envisagé que le Centre et le Sud du 92 fusionne en deux grandes entités d’environ 400.000 habitants chacune.

Dans le Nord (où se trouve Puteaux), la situation est plus complexe. Le Préfet propose de fédérer les communes de la « Boucle Nord», à partir d’une ligne Suresnes/Rueil, en un seul territoire. La raison en est simple : il est fortement influencé par le quartier d’affaires de La Défense et se trouvera en 2020 au cœur du projet de transport de rocade du Grand Paris Express qui en fera le tour et implantera plusieurs gares et de grands projets d’aménagement.

Or le SDCI est confronté à un ensemble d’obstacles :

-    La réserve adoptée par les communes de la rive droite de Seine sur une coopération intercommunale : elles revendiquent plutôt soit leur rattachement à Paris (Neuilly, Levallois), soit une coopération avec les villes d’un autre département (Clichy),

-    Les aléas qui pèsent encore sur la réalité du projet d’intercommunalité d’Asnières, Bois Colombes, Gennevilliers et Villeneuve-La-Garenne,

-    Et surtout la création récente de 2 intercommunalités « défensives »
•    Le Mont Valérien, qui regroupe Nanterre, Rueil, Suresnes et bientôt La Garennes Colombes,
•    Seine Défense qui regroupe Puteaux et Courbevoie.

Ces 2 intercommunalités de circonstance, cherchant à préserver des intérêts locaux, ont un effet immédiat très dommageable : elles divisent le territoire de La Défense en 2 zones concurrentes, et remettent l’arbitrage du développement d’un territoire de vie à un établissement public, l’EPADESA, mû essentiellement par une logique financière sans concertation réelle avec les populations.

On le voit bien dans l’actualité récente : le choix de l’emplacement du stade Arena, au défi de tout bon sens ; l’autorisation de la Tour Phare qui plonge dans l’ombre un immense quartier de vie ; le projet des Tours Hermitage, dont le financement n’est pas assuré, et qui ont déjà exproprié des centaines d’habitants dans des conditions discutables… La division des villes de La Défense, la défense d’intérêts contradictoires au détriment de la collectivité est devenue une véritable nuisance dans l’aménagement à long terme de nos territoires.

Au Conseil municipal de Puteaux, le vendredi 17 juin 2011, nous devions donner un avis sur le SDCI.

Le maire de Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, l’a présenté comme la reconnaissance de l’intercommunalité "Seine Défense" (Puteaux/Courbevoie) et appelé à voter favorablement.

Paradoxalement, Christophe GREBERT et moi-même, favorables au projet à terme de regroupement des 14 communes de la Boucle Nord, avons aussi appelé à un vote positif : ce projet, qui doit être mené graduellement, pas à pas, dans une négociation sans a priori politicien, ne doit en aucun cas s’arrêter à une intercommunalité minimum entre Courbevoie et Puteaux, qui opposerait artificiellement 2 intercommunalités-sœurs et qui aboutirait à figer un mouvement plutôt que de l’accompagner.

Sur un même vote, donc, 2 interprétations différentes :
-    L’une, conservatrice, cherchant à maximiser les avantages de Puteaux dans le court terme, au détriment d’une vision urbaine, sociale, économique incontournable à long terme,
-    L’autre, dynamique, partant du principe qu’il vaut mieux prendre les devants pour modeler l’avenir plutôt que d’avoir à le subir prochainement.

Sur un même vote, 2 attitudes différentes :
-    Une élue nationale défendant un égoïsme local, déjà condamné par l’évolution défavorable de la fiscalité des communes qu’elle a pourtant votée,
-    Des élus locaux conscients des responsabilités nouvelles de leur mandat, soucieux d’encadrer les évolutions en prenant pleine part à leurs négociations,

Sur un même vote, 2 conceptions opposées de l’engagement politique :
-    L’une, autocentrée, joue la course contre la montre pour sa prochaine réélection aux municipales, faisant « comme si » aucun changement à l’horizon ne pouvait se produire,
-    L’autre, citoyenne, qui intègre le développement durable aux nouveaux enjeux de territoire et qui sait que ce que l’on n’a pas préparé aujourd’hui finit toujours par nous rattraper demain.

A vous de choisir en 2014…

Sylvie Cancelloni
Conseillère municipale de l'opposition


Revue de Presse : "Nouveau dérapage au conseil municipal de Puteaux" (Le Parisien)

Parisien200611 "Nouveaux dérapages au conseil municipal de Puteaux", rapporte Le Parisien des Hauts-de-Seine dans son édition du jour. "Depuis les deux dernières séances, le conseil municipal de Puteaux n’est plus filmé. Est-ce pour cette raison que les élus se sont un peu laissés aller lors de la dernière séance, vendredi soir ? C’est la conclusion qu’en ont tirée les conseillers municipaux de l’opposition", écrit le journal.

Des faits exposés sur son blog par Sylvie Cancelloni.

L'ambiance a en effet été, une fois encore, lamentable vendredi. Joëlle Ceccaldi-Raynaud m'a interrompu à chacune de mes interventions : micro coupé et cris des élus de la majorité couvrant ma voix.
J'ai été sorti de la salle du conseil, encadré par 5 policiers municipaux, sous les menaces d'élus et de militants UMP.
Christophe Grébert


Le conseil municipal de Puteaux se conclut par une descente de police

1495163529_ca7dc23000 Tout avait presque bien commencé, vendredi soir (17 juin), lors du conseil municipal, à la mairie de Puteaux. Sur les 30 premières questions présentées, nous avons voté favorablement plus de la moitié. Les débats sont restés maitrisés dans l’ensemble, hormis les habituelles interruptions du maire - relayées par les élus de la majorité - lorsque Christophe Grébert tente de s'exprimer : brouhaha et coupures du micro sont systématiques. Ajoutons à cela l’effroyable diction de notre nouveau conseiller général et fils de la maire, Vincent Franchi, si difficile à comprendre qu’il nous obligeait, à l’irritation croissante de la majorité, à redemander ce qu'il avait pu vouloir dire.

Mais il y a eu la dernière question, portant sur l’adoption du Schéma de coopération intercommunale pour le 92. En un mot, sur l’adoption du projet d’intercommunalité du département. Celui-ci prévoit de nous faire marcher par étapes progressives vers une intercommunalité future des 14 communes du nord du 92, formant un territoire fortement influencé par La Défense, qui sera enserré dans 20 ans dans un système de transport homogène assurant la cohérence de ce périmètre.

Le maire s’arc-boutant sur une lecture très partiale du document (« notre intercommunalité avec Courbevoie est adoptée définitivement »), nous avons signalé qu’on votait pour autre chose. Les conseillers de la majorité qui, pour la plupart, n’avaient aucune idée du sujet débattu, flottaient. Le ton est devenu aigre et le fil du débat s’est mis à se découdre, chacun avançant des points de vue contradictoires et irréconciliables. Le maire se montrant incapable de maîtriser le débat, le vote a été expédié à la hâte.

L’atmosphère était mûre pour un éclat, qui est intervenu durant les questions orales des cinq dernières minutes. Le maire, en contradiction avec le règlement intérieur du conseil qu’elle a elle-même imposé, a pris à partie Bruno Lelièvre, élu d'Europe Ecologie/Les Verts, tout en l’empêchant de répondre. La séance est alors interrompue dans une surenchère de cris. Bruno Lelièvre, se rendant au bureau du maire pour lui faire part de sa désapprobation sur ses propos, s’est trouvé confronté à un Vincent Franchi prêt à en découdre. L’instant d’après, une voiture de police, toutes sirènes hurlantes, arrivait pour remettre de l’ordre dans une enceinte qui avait perdu toute raison. L’opposition, médusée, s’est repliée en bon ordre, non sans avoir essuyé quelques insultes et crachats de conseillers municipaux UMP complètement déchaînés.

Il faudra bien nous croire sur parole : car depuis 2 séances, pour des raisons inexpliquées, le conseil municipal n’est plus filmé. Nous nous préparons à demander au Préfet des Hauts-de-Seine le rétablissement de l’enregistrement au moins pour nous protéger. Pas facile d’être conseiller municipal à Puteaux, je vous jure…

Sylvie Cancelloni
Conseillère municipale d'opposition

(photo : Flickr)

via www.sylviecancelloni.net