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Phare, Hermitage, Arena 92... Les errements du centralisme bureaucratique à La Défense

2485097691_3cf0a28f8e 4 ans après le lancement par Nicolas Sarkozy du Plan de renouveau de La Défense, qu'en est-il ? Les élus MoDem de La Défense tirent un premier bilan :

Nous l’avons dit et redit : le Plan de renouveau de La Défense, l’extension récente de son périmètre le réduisant à une zone de non-droit démocratique où les décisions se prennent sans aucune relation avec les réalités humaines du quartier sont aujourd’hui devenus criants d’absurdité.

Les tours de bureaux qui se construisent à La Défense amènent chaque année plus de 10.000 personnes supplémentaires, en totale ignorance des capacités de transport et de logements, hormis des effets d’annonce qui mettront plus de 20 ans à voir le jour.

Plus aucun quartier ne se construit dans le monde sur ce modèle. Mais on continue pourtant à La Défense, au mépris des réflexions lancées, souvent avec talent, dans les « laboratoires » du Grand Paris.

Qu’est-ce qui peut pousser ainsi La Défense à concevoir ce  modèle « monstrueusement » froid et désincarné, où les hommes et les femmes n’ont plus leur place ? Où les élus n’ont surtout pas leur mot à dire ? Où les projets se réalisent dans les coulisses des cabinets ministériels, qui déplacent familles, projets d’avenir et modes de vie comme des pions sur un échiquier ?

Qu’est devenue la grande aventure de La Défense, sinon une vulgaire affaire de promotion immobilière avec complicité de l’Etat :
· La Tour Phare, un monument de « faux-semblant » environnementaux qui, sous couvert d’innovation architecturale, dresse une muraille de béton plongeant dans l’obscurité tout un quartier, sans l’ombre d’un état d’âme. Au point que même les sociétés de La Défense se retournent contre la mère nourricière de l’EPAD et quittent les lieux comme des fourmis et que les opérateurs immobiliers commencent à anticiper une baisse des prix du stock immobilier !

· Les tours jumelles du groupe Hermitage, présentées angéliquement comme l’avènement d'un nouvel ordre du logement à La Défense. En réalité, un projet financé par une société russe dont l’origine des fonds reste parfaitement opaque. Un projet qui exproprie les logements sociaux gérés par la société Logis Transport, laquelle ne s’est mobilisée à aucun moment pour arbitrer et humaniser le déplacement de plusieurs centaines de familles. Une ville, Courbevoie, et le maître d’œuvre de La Défense, l’EPAD, qui n’ont qu’un seul souci : déloger au plus vite, un par un, par des méthodes indignes (non entretien, délabrement, harcèlement, pressions,) tous ces « va-nu-pieds «  qu’on était pourtant si heureux de voir arriver à La Défense il y a 20 ans. Aucun plan global de relogement : on chasse, on parque, on nettoie… Un projet extravagant laissant croire à des logements d’étudiants à 15.000 euros du m2, prévoyant la création d’une salle de spectacle de 3.500 places sans même s’intéresser à ce qui existe autour, ni même au futur stade privé accueillant pourtant des spectacles culturels. Un projet qui fait naître une figure moderne de ghetto pour riche autour d’un port plaisancier allant jusqu’à couvrir les quais pour permettre un accès privatif !
Voir un Président de la République signer aux côtés d’une Présidente de l’EPAD hilare et d’un Premier ministre russe ravi d’inaugurer sa nouvelle politique de recyclage d’argent, tout cela au nom de l’"intérêt général" d’un projet pharaonique, laisse pantois…

· Un projet privé de stade, Arena 92, dédié aux grandes messes du spectacle et du sport, tuant définitivement le sport populaire et entrainant la désaffection d’un des stades historiques du Nord du département (Yves du Manoir à Colombes). Aucune analyse des nuisances, alors que les habitats se concentrent tout autour, aucune inscription dans une logique de développement territorial.
En toile de fond, une gabegie, une froideur, une arrogance, une absence totale de contrôle pour des projets dont les fins ne justifient même pas les moyens…

Et que dire du rôle joué par les maires de nos villes ? s’ils s’indignent, ce n’est que pour la forme et l’image. Au mieux, ils sont des godillots, dont le pouvoir étatique se contrefiche, et à qui on distribue de temps à autre une distinction quelconque pour prix de leur lâcheté. Au pire, ils sont non seulement complices, mais aujourd’hui carrément acteurs dans l’édification d’un quartier qui, sous cette forme, n’a pas plus d’avenir qu’eux. Et quelle image du politique ne nous offrent-ils pas, eux qui ont bradé toute conscience et toute vision au bénéfice d’un centralisme bureaucratique d’un autre âge.

Pincez-nous, on doit rêver…

Sylvie Cancelloni et Martine Volard

(photo : Flickr)

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