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Le projet de tour Phare à La Défense : tout ce qu'on ne nous dit pas

La Défense : Majunga, une tour... à 14 mètres de la résidence HLM des Platanes

Publié sur le site des élus démocrates de La Défense :

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Nous avions fini par croire et espérer que la tour Majunga, à La Défense, sur le territoire de Puteaux, ne pousserait jamais. La voilà pourtant de retour (avec une enquête publique jusqu'au 4 juin), sous une forme nouvelle puisque  son « mur végétalisé », annoncé par la ville comme une révolution écologique, a sombré au cours des différents projets architecturaux qui se sont succédés.

Majunga va donc surgir dans un mouchoir de poche, à peu près à égale distance entre les habitations HLM des Platanes et la résidence Galliéni (à seulement 14 m de la première et 15 mètres de l’autre), en une verticale frondaison de jeux de verre et de loggias sur 170 mètres de hauteur, ramenant les 60 mètres des Platanes à l’ordre de l’anecdote.

Commençons par relever les bons points de cette tour :

-    Une bonne nouvelle pour les résidences d’en-bas : les effets d’ombre portée sur les habitations limitrophes et de baisse de l’ensoleillement seront quasiment inexistants : à partir de 21H l’été pour les Platanes (côté sud) et de 17H pour l’hiver. Galliéni tire complètement son épingle du jeu.

-    Le « végétalisé vertical » se transforme en « végétalisé horizontal : au pied des Platanes, un jardin de 2.000m2 verra le jour, assorti d’une modification très heureuse de l’axe de circulation qui enserrera l’espace vert dans une boucle sans séparation avec la résidence.

-    Vous serez sans doute soulagé de savoir que la construction aura 0 incidence sur la faune et la flore de la Défense et qu’une fois achevée, elle n’aura pas d’impact acoustique (c’est moins sûr avant !).

-    Les normes HQE sont bien sûr toutes présentes… à ce stade. Elles ne garantissent en rien le label à la livraison. Les autorités environnementales ont toutefois donné leur accord (traduction : ça va, mais pas au point de clamer l’exemplarité du projet). Les fenêtres de la tour s’ouvrent toutes sur l’extérieur et différentes loggias s’étageront sur la hauteur pour laisser aux fumeurs la joie de venir y creuser davantage les trous de la Sécurité Sociale.

D’autres points sont nettement moins réjouissants :

-    Les turbulences venteuses, déjà très présentes auparavant, seront accentuées. C’est même pour cette raison que les Platanes seront dotés d’un jardin aussi exceptionnellement étendu : tout un dispositif de plantations aura pour fonction de casser les courants d’air. Problème : le jardin est à la charge de l’EPAD et non du promoteur. Tout le monde sait que l’EPAD a quand même des soucis de financement. Le mènera-t-il jusqu’au bout et se donnera-t-il les moyens d’une lutte efficace contre le vent ? On attend davantage de précisions… Même observation pour l’esplanade du bâtiment Ile-de-France qui sera complètement à refaire et les 2 ascenseurs prévus en extérieur.

-    La construction prendra 3 ans : même si l’EPAD a mis au point une charte de bon comportement des entrepreneurs, qui sont invités à ne pas déborder au-delà de certaines tranches horaires, il est évident que ce sera, pour les riverains, 3 années de bruit, de poussière, de trafic, d’embarras…

-    La tour accueillera à son terme 4.500 personnes. Les études qui analysent les flux de ces nouveaux arrivants sont assez pittoresques :

            o    13% environ (soit 585 personnes) sont censés arriver en voiture ou motos. Mais tout le monde sait que  les études de l’EPAD minimisent délibérément les prévisions de circulation par route. Seules 238 places de parking sont prévues, alors que sur le papier il en faudrait 200 et en réalité plus du double. C’est donc dans le quartier que les gens chercheront à se garer.

            o    85%  sont considérés venir par les transports en commun, qui sont saturés (bus, tram, train, métro, RER). L’EPAD promet le doublement des rames du RER A prochainement : mais, tout le monde sait que si on les double, on double aussi les temps d’entrée et de sortie. Le gain de temps sera nul : on transportera, certes, plus de bestiaux, mais en un plus de temps qu’auparavant… Quand à l’annonce du RER E, bienheureux celui qui s’en servira un jour : il n’a pas l’ombre d’un financement encore mis à sa disposition.

A travers  l’exemple de cette tour, on voit bien que le problème de La Défense réside pour une grande partir dans le morcellement des projets. Comment, à partir de quelles données, peut-on apprécier un projet sans le placer dans le contexte plus large du transport, du logement, des quartiers ou des villes alentours ?

Nous pouvons même jusqu’à dire que ce morcellement, sans doute délibéré, est créateur de fausses vérités, d’approximations et de faux-semblant et qu’à tronçonner ainsi des structures, on détourne l’attention de l’essentiel : quel projet de vie commun pour demain est-on en train de faire naître ?

Sylvie CANCELLONI, élue MoDem de Puteaux, et Pierre LAROCHE, MoDem de Courbevoie

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