Les brèves du conseil municipal de Puteaux (vendredi 26 février 2010)
Le vélo est officiellement interdit à La Défense, mais cela va peut-être changer

La Défense (92) dans la campagne régionale en Ile-de-France

Publié sur le blog des élus MoDem de La Défense :

3229116223_3daa647d0e Avec Christophe GREBERT (Puteaux), Pierre CREUZET (Nanterre) et Martine VOLARD (Courbevoie), défendons les villes de La Défense !

La Défense, cette presque-vieille dame perchée sur une dalle d’un autre âge, enclave territoriale entre des villes qui lui tournent le dos, avait  bien besoin d’un nouveau projet ! Le Président, Nicolas Sarkozy, l’a pensé pour elle…

Il lui fallait un projet-phare. Trop petite, la France ? Il a donné à la Défense le monde pour horizon, la City pour ambition, et Dubaï pour déraison. Le projet de renouveau de la Défense, dessiné sur un bout de comptoir, sous les yeux de journalistes médusés, était né.

Cette vision flamboyante de l’avenir, puisée directement dans les manuels d’économie des « 30 Glorieuses » avait  un avantage, celui d’être un produit estampillé « 92 ». Vous savez, ce petit Liechtenstein au cœur de l’Ile de France appelé à se transmettre de Père en Fils (c’est juste une question de temps)…

La Défense avant, c’était déjà 160 ha (1/3 des villes de Puteaux, Courbevoie et Nanterre), 4 millions de m2  de bureaux, 500 mille m2 de logements, 150 mille salariés/jour et 15 mille habitants. Un petit  Lilliput pourtant, même si les difficultés d’accès à la Défense avaient pu vous faire oublier son nanisme.
Car notre Président voit grand, beaucoup plus grand :

Parce qu’Il le vaut bien, 600.000 m2 supplémentaires de bureaux sont commandés pour 2015, prélevés partie sur les logements existants, partie sur des démolitions-reconstructions, et partie sur l’édification d’hyper-tours. Ces grands geysers de béton appelés à colorer le ciel de leurs reflets et à effacer toute lumière dans notre existence sur le sol...

Malin, il a compris qu’il ne suffisait pas de conquérir le ciel pour agrandir le droit du sol. En ressuscitant l’OIN, et en étendant son territoire, il met alors la main sur 320 Ha de « friches » (pourtant en très bon état de construction), ce qui permet désormais à la Défense de s’enorgueillir de la propriété  des ¾ de Nanterre et d’1/4 d’un nouveau-venu qui, jusque là, dormait paisiblement : La Garenne Colombes, et qui a vu le feu du ciel lui tomber brusquement sur la tête.

Quelques faux-pas ont forcément jonché cette extraordinaire  Blitzkrieg qui s’est faite avec la complicité souriante de tout le Landernau des Hauts de Seine et, disons le, dans le silence des médias.
D’ abord l’affaire du « Prince Jean », qui a montré au fond qu’il y avait une sagesse des territoires et des populations, résumable sous l’expression : « point trop n’en faut » !

Ensuite le refus des communes (Puteaux, Courbevoie, Nanterre) de ratifier, lors des Conseils Municipaux de la fin 2009, le Plan de renouveau en cours et l’extension de l’OIN. Cette affaire mérite d’être détaillée.

En effet, rien ne les prédestinait à dire « non » : elles étaient, jusque là, restées remarqualblement discrètes, disant toutes d’une même voix  : « heu, eh bien, quand même » en empochant les royalties. L’argent rend silencieux, c’est connu. Et fait naître, à Puteaux et Courbevoie,  une espèce politique très rare sur le territoire national : le Maire-Père de tous, parfois héréditaire, et toujours heureux redistributeur de la manne professionnelle, fut-ce au prix du silence des consciences. Pendant qu’à Nanterre, une coalition archaïque destinée à disparaître rebondit en faisant de la résistance à la Défense…

Que ces communes aient eu le courage de dire « non » au Plan de renouveau de la Défense doit être salué. C’est dire s’il y avait à redire. Mais ce vote n’a aucune valeur : il est consultatif. On nous a juste demandé notre avis pour nous dire qu’on s’en tamponnait le coquillard. Entre temps, le Maire de Puteaux est devenu Président de l’EPAD : on peut légitimement douter qu’il s’oppose encore longtemps.

Alors je vous pose la question : à quoi servent donc les élus locaux de ces villes ? A part augmenter les statistiques de leur formations  politiques respectives ? Que la Défense est donc féconde : ne fait-elle pas naître aussi une nouvelle espèce d’élus locaux, ceux-dont-l’avis-ne-compte-pas ? Comme si les villes de la Défense n’avaient pas une population à représenter et des intérêts à défendre.

L’abus de pouvoir de la Défense sur nos communes n’est plus acceptable. Surtout à une période où les avantages fiscaux de la Défense s’atténuent sensiblement. Surtout au moment où tous les établissements publics de la Défense vont fusionner pour constituer une force de frappe destinée à mettre eu pas tous les petits « Mairillons » qui voudraient se donner l’illusion d’exister.

Nous condamnons cette forme de gouvernance très centralisée, tissée dans les coulisses des cabinets ministériels, qui ne respecte ni les élus, ni les populations. Nous en faisons le cœur de notre combat régional.

Nous refusons que notre territoire, notre patrimoine, notre mode de vie et le choix de notre avenir soit  gouverné par d’autres que nous.
Et à quel prix !

Rendez-vous bientôt pour la suite...

Sylvie Cancelloni
Conseillère municipale MoDem de Puteaux

(photo : Jean Nouvel, Flickr)

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