Joyeux Noël à Puteaux - Programme des messes
Quand la ville de Puteaux se comporte comme un marchand de biens

La ville de Puteaux en difficultés financières ?

Publié sur le blog de Christophe Grébert :

CM101209-2Que se passe-t-il à la mairie de Puteaux ? A l'occasion du dernier conseil municipal de l'année, jeudi 10 décembre, le maire UMP a présenté une modification du budget primitif 2009 (question 40 de l'ordre du jour) qui aboutit à la suppression de plusieurs millions d'euros de dépenses.
Il s'agissait de la 2e modification du budget : en septembre déjà, Joëlle Ceccaldi-Raynaud avait fait voter par sa majorité une réduction importante des investissements : la réalisation d'un nouveau Centre technique municipal remis à plus tard, la construction d’un parking rue Eichenberger retardée, des travaux d’aménagement dans la Résidence HLM Charles Lorilleux reportés...
En décembre, même chose : nous assistons à un véritable sabrage du budget prévu. Des travaux au Centre Médical, à la Halte Culturelle Jean Jaurès, au marché Chantecoq, à la Maison de la Mode sont reportés... Le projet de "Maison de Camille" est remis à plus tard, etc...

En séance, j'ai interrogé le maire sur la situation financière de la ville :

Puteaux est riche, mais nos puits ne sont pas sans fonds. La crise financière déclenchée en 2008 aurait du vous alerter. Comme nous vous le demandions l’an dernier, vous auriez pu prendre en compte cette réalité dans le budget 2009.
Aujourd'hui, dans l'urgence, vous réduisez la voilure :

- Réduction de 500.000 euros sur les dépenses de personnel. Comment cette réduction a-t-elle été rendue possible ? Le personnel paye-t-il le prix de votre inconséquence budgétaire?
- 300.000 euros d’"économisé" sur l’achat de végétaux,
- 300.000 euros de moins sur des travaux dans les locaux municipaux. Vous affirmez « les travaux ont pu être exécutés pour des montants moins élevés que prévues ». Vous aviez donc prévu très large !
- 150.000 euros de moins pour la Maison de la mode (tant que ça ?),
- 100.000 euros de moins pour une verrière au marché Chantecoq,
- 300.000 euros de moins pour des travaux sur l’ancien centre médical (sera-t-il détruit un jour pour laisser place au jardin promis ?),
- 200.000 euros de moins pour la conception de la maison de Camille.

D’autres dépenses sont reportées : 
- 400.000 euros pour la Halte Culturelle Jean Jaurès,
- 100.000 euros pour l’achat de rayonnages d’archives.

La subvention à l’EPGD est réduite de 400.000 euros.
Enfin, les indemnités d’éviction, dans le cadre des acquisitions foncières, sont réduites de 500.000 euros.

On remarque aussi une baisse de 500.000 euros sur les intérêts financiers. C’est ce que nous rapporte l’argent placé, la fameuse cagnotte que vous avait laissé votre père. De combien a-t-elle encore diminué cette année ?

Au final, avec cette 2e décision modificative, nous dégageons plus de 4 millions d’euros. Tout de même !
Vous découvrez qu’il n’est pas possible de tout faire. Vous découvrez ce que c’est de se fixer des priorités.

Mais pour Puteaux, le plus dure est à venir : la réforme de la taxe professionnelle, le transfert de charges d’entretien de La Défense, la crise immobilière et financière - qui est loin d’être terminée - mettent à mal votre politique de dépenses « sans compter ».

Les « palais », que vous avez multiplié, représentent des charges de fonctionnement et d’entretien fixes qui iront en augmentant. Ces charges vont peser de plus en plus lourdement dans nos comptes.

Cela ne vous empêche pas d’envisager de construire un nouveau « palais » - un conservatoire -. Nous vous en prions : ayez plus de modestie ; arrêtez de construire des bâtiments surdimensionnés, mal pensés, chers et peu pratiques. Vous critiquez la tour « Phare » de Jean Nouvel, mais les « palais » de la médiathèque et des sports sont-ils eux-mêmes des modèles de beauté architecturaux ? Sont-ils seulement fonctionnels ? Répondent-ils aux besoins et aux envies des putéoliens ?

Nous allons voter CONTRE cette décision modificative, comme nous avons voté contre votre budget. Nous regrettons des décisions prises dans l’urgence et l’improvisation, alors que la crise ne date pas de ces 12 derniers mois.

Nous regrettons aussi l’absence de lisibilité : un budget doit être le reflet d’une politique. Nous ne voyons pas quelle est votre politique, quelles sont vos priorités ? Vous supprimez des investissements et des charges, mais pourquoi ceux-là et pas d’autres. Selon quels critères ?

La problématique environnementale, par exemple, a-t-elle été prise en compte ? Avez-vous cherché prioritairement à maintenir la qualité de services aux habitants ? Nous ne le voyons pas. Vous ne le dites pas. Nous espérons qu’à l’occasion du budget 2010, vous rendrez lisible ces priorités. Cela s’appelle mener des politiques.

Christophe Grébert
Conseiller municipal MoDem de Puteaux

Commentaires