Le bras de fer Sarkozy/Ceccaldi ce matin sur RTL
Le budget de la mairie de Puteaux dépasse les 200 millions d'euros en 2005

Que se passait-il à Puteaux en décembre 2003 ?

« Je pense depuis longtemps que les héritiers sont faits pour être guillotinés ». Cette phrase prononcée en décembre 2003 par Nicolas Sarkozy prend aujourd'hui un relief très particulier. Le président de l'UMP ne pensait certainement pas qu'un an plus tard sa suppléante Joëlle Ceccaldi-Raynaud, héritière de Charles Ceccaldi-Raynaud, bloquerait son retour à l'Assemblée.

En décembre 2003, la mairie reconnaissait sa main mise sur la nouvelle association des commerçants dans "Puteaux infos" (n°156). Page 11, dernier paragraphe du texte... alors que tout le long du discours, il est fait l'éloge de la nouvelle association et de son programme de divertissements accompagnant les fêtes de fin d'année, il est écrit : "la ville finance directement ces prestations". Au moins, les choses sont claires sur l'autonomie que peut avoir cette nouvelle association.

Dans ce même numéro de "Puteaux infos", le service communication de la ville faisait une facétie à notre députée-maire... Page 16, on pouvait voir le personnel du service entretien fêtant Halloween. La photo a pour légende "Le service entretien dans les bras de la sorcière". Or, au premier plan, c'était Joelle Ceccaldi !

En décembre 2003, la mairie de Puteaux démontre une nouvelle fois sa très grande générosité en accordant une subvention de 222 euros 50 à la Ligue Contre le Cancer.

Le dimanche 7 décembre 2003, je suis une nouvelle fois victime, sur le marché de Puteaux, d'insultes et de menaces homophobes : un élu passe devant moi et crache à mes pieds en lançant devant plusieurs témoins : "les gens comme ça, je les hospitalise".

Oasis01Ce même mois de décembre 2003, un partie historique de Puteaux disparaît sous les buldozers : la ville a accepté le permis de construire d'un immeuble "grand standing" de 9 étages rue de l'Oasis... en lieu et place d'un ensemble de bâtiments anciens inscrits dans la base Mérimée de la DRAC. Cet ensemble faisait partie de la dizaine de sites industriels de Puteaux repérés pour leur intérêt historique. Il comprenait notamment plusieurs maisons anciennes. Tout ceci sera désormais un lointain souvenir.

Début décembre 2003, le préfet des Hauts-de-Seine vient en personne à la mairie de Puteaux. Le représentant de l'Etat a visité la tribune du public. Quel effet a produit sur lui les travaux menés à cette époque ??? Le maire avait en effet entrepris de transformer cette tribune en "cage", en isolant le public de la salle du conseil par une vitre de plexiglass hermétique ! C'est par une enceinte que le public pouvait entendre les interventions des élus. Seul le maire disposant d'un micro fixe, une hôtesse apportait un micro baladeur à l'élu auquel Charles Ceccaldi voulait bien céder la parole. Ce mur en plexiglass a aujourd'hui été enlevé, preuve que tout cela n'avait qu'un but : empêcher les citoyens d'entendre les débats.

Toujours début décembre, des perquisitions sont menées chez Charles Ceccaldi-Raynaud, révèle le Parisien. Le sénateur-maire de Puteaux est "visé par une enquête judiciaire concernant l'attribution frauduleuse de marchés publics", explique ensuite l'AFP (dépêche du 17 décembre 2003) :

"Ces perquisitions, révélées par Le Parisien, se sont déroulées la semaine dernière et pendant plusieurs jours, sous le contrôle d'Isabelle Prévost-Desprez, juge d'instruction, a confirmé le parquet. Aucune autre information n'a pu être obtenue de source judiciaire. Interrogé en fin de matinée par l'AFP, le maire de Puteaux a affirmé que ces perquisitions n'avaient pas eu lieu "à ma connaissance". Selon le Parisien, l'enquête porterait sur l'attribution de marchés publics et la découverte d'un compte bancaire au Luxembourg. Une lettre anonyme détaillée serait parvenue au parquet. Des perquisitions auraient été opérées au domicile du maire ainsi que dans sa résidence secondaire en Corse et dans son bureau. De source proche de l'opposition à Puteaux, une autre information judiciaire est en cours portant sur le marché de la chaufferie de la Défense attribué par un syndicat présidé par le maire de Puteaux. L'entreprise bénéficiaire, dirigée par un proche de M. Ceccaldi-Raynaud, n'aurait pas fourni les documents obligatoires habituellement, ne s'étant constituée juridiquement qu'après le lancement de ce marché".

A la suite de ces perquisitions, la conseillère municipale socialiste, Nadine Jeanne, réagit : "Rien ne nous étonne plus quand il s'agit de Puteaux. Les langues se délient et la chape de plomb qui recouvrait la ville se fissure peu à peu".

Le 19 décembre 2003, un conseil municipal a lieu. Le maire a-t-il voulu passer ses nerfs sur l'opposition... quelques jours après les perquisitions menées chez lui ? Ce conseil a en tout cas été particulièrement houleux, dans la salle comme dans la tribune du public où la claque ceccaldiste s'en est donné à coeur joie. Cela a été 2 heures d'insultes ! "Vous êtes un zéro intellectuel" a commencé Charles Ceccaldi en s'adressant à un élu de l'opposition. Puis il a poursuivi : "socialistes imbéciles", "tricheur", "menteur"...

Dans son numéro de janvier 2004, paru mi-décembre, le mensuel "CAPITAL", consacre plusieurs pages à "Ces drôles de communes qui ne savent pas quoi faire de leur argent" et donc notamment à Puteaux, où "la taxe professionnelle atteint 42 millions d'euros". Le mensuel économique se penche sur les dépenses somptuaires décidées par notre maire : "Certains maires ont des casseroles aux fesses. Celui de Puteaux préfère distribuer les siennes..." écrit Capital qui rappelle une affaire révélée par Monputeaux.com : quand le maire a acheté pour 150.000 euros de casseroles pour les anciens de la ville. "Cette opération cuisinière ayant été bien accueillie, le généreux édile a remis le couvert les années suivantes, en dégainant tour à tour une centrale à vapeur, un téléphone sans fil et un four à micro-ondes." Mais ce qui amuse le plus Capital, ce sont les palmiers de la rue Jean Jaurès : "Inadaptés au climat local, (ils) sont soigneusement emballés chaque hiver", signale le magazine.

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