Publié sur le site de Sylvie Cancelloni, élue démocrate de Puteaux :
« Comment expliquer
Puteaux ? Derrière une maire méchante, en réalité totalement
indifférente au sort de chacun, froidement appliquée à se faire réélire,
il y a une meute féroce de conseillers en tous genres, qui aboient plus
fort qu’elle et qui ont tellement l’habitude d’obéir en laquais, qu’ils
ne savent pas qu’ils sont devenus des tortionnaires… ».
Madame E. a été expropriée par la ville dans le cadre de son opération de ZAC des Bergères : pendant 6 ans durant, sa vie a basculé. Propriétaire d’un pavillon entouré de 500 m2 de jardin, sa famille y est installée depuis 1920. Elle y est née : une vraie putéolienne comme on n’en connait plus ! Depuis 20 ans, elle sait que l’avenir du quartier est condamné. Pendant des années, elle a milité dans différentes associations de défense des habitants. Mais tout cela paraissait très loin, la ville ne bougeait pas. Les petits pavillons riaient sous le soleil, les petites entreprises du quartier turbinaient, les relations de voisinage vivaient bon train. L’école, comme La Défense, étaient proches. Pourquoi s’inquiéter ?
Fin 2004, lui parvient la lettre tant redoutée : la ville lui propose une négociation à l’amiable. Avec l’employé de mairie et l’adjoint au maire déboule aussi l’agent des Domaines. En janvier 2005, une proposition leur parvient : 284.000 euros pour une grande maison, des dépendances et un jardin ! A peine de quoi racheter un 2 pièces à Puteaux…
Elle proteste. Silence en face. Elle panique un peu et prend contact avec Nadine Jeanne, conseillère municipale d'opposition, dont il faut noter le rôle exemplaire durant cette période : elle a été souvent le seul réconfort de personnes qui se battaient toutes seules le désespoir au ventre. A la suite de la publication de son courrier de protestation sur les blogs de Nadine Jeanne et de Christophe Grébert, MonPuteaux.com, le feu du ciel s’abat sur elle. Le combat commence…
Madame E. conteste le prix proposé et cherche à recourir à d’autres expertises : « j’ai constaté, à cette occasion, le réseau de complicités qui entouraient la ville. J’ai fait appel à un expert qui travaillait avec Puteaux. Le résultat de son évaluation n'était pas plus sérieux : 317.000 euros ».
Devant les brimades multiples, l’implication malsaine de plein de personnes, le silence officiel de la ville, elle prend une avocate de combat et consacrera plus de 20.000 euros sur la future cession pour se défendre… et défendre par conséquence d’autres résistants qui vivent la même mauvaise expérience.
La procédure se poursuit durant des années : débarquement d’équipes municipales, employés, avocats, experts et même le juge ; entraves, rebondissements ; fatigue des avocats de la ville sentant la mauvaise qualité de leurs plaidoiries… « honteux de leur boulot » précise-t-elle.
Automne 2009, après 6 années de lutte pied à pied, le jugement finalement tombe : 720.000 euros. Un demi-million d'euros de plus que l’estimation de la ville ! Après encore 6 mois d’attente, la promesse de vente se signe à la mairie dans un climat tendu où le clerc du notaire de Puteaux lui demande de partir au plus vite !
Madame E. est partie de Puteaux au mois d'avril et, dans sa nouvelle installation, sourit : « ici, Joëlle Ceccaldi n’existe pas. Quelle qualité de vie ! ». Ce qui la chagrine, c’est tous ceux qu’elle laisse se battre sans moyens et sans espoir. Le restaurant des Bergères, les petits locataires au dessus, tout cet univers de fantômes qui ont vu pendant 20 ans mourir peu à peu leur quartier dans la froide indifférence de leur ville qui ne leur a fait aucun cadeau, qui a mené un implacable combat contre les « petites gens ». Combien n’y ont-ils pas tout laissé… », regrette-t-elle. « Combien seront-ils réellement relogés ? Un maire qui se comporte aussi mal, qui pourrait croire encore à ses promesses ? ».
Elle a tous les noms, tous les visages, tous les dossiers en tête. Le sien mesure 15 cm d’épaisseur. En quelques mots vifs et sans ressentiment, elle sait dire tout ce dont Puteaux souffre sans le savoir : père et fille de même nature ; cliques et arrangements médiocres ; complicités viles ; mensonges et fausses vérités ; arrogance et désinvolture…
Nous avons perdu une citoyenne pleine de dignité et de discernement. Pour ma part, je la regrette déjà…
Sylvie
Cancelloni
Conseillère municipale MoDem de Puteaux







Les commentaires récents