ZAC Charcot Flux

Témoignage de Madame S., expropriée de la ZAC des Bergères à Puteaux

2208441951_8e224bd65a Voici la 2e partie du dossier de Sylvie Cancelloni sur les expropriations et l'attribution des logements à Puteaux :

Madame S., 71 ans, veuve et diabétique, titulaire d’une pension de réversion de 800 euros, vient d’être condamnée par le Tribunal à accepter la proposition d’expropriation de son petit appartement situé sur les terrains de la ZAC des Bergères, sur le haut de Puteaux, où elle a toujours vécu et élevé ses enfants depuis 33 ans, pour la somme de 90.000 euros.

La nouvelle lui tombe dessus comme la foudre. Elle ne peut pas se reloger dans le privé : sa pension ne lui permet pas. Elle ne peut pas non plus racheter un studio : la somme dont elle dispose, obérée par le remboursement des frais d’hospitalisation de son défunt mari et par le versement de l’héritage aux enfants, n’atteint plus que 30.000 euros. Eux-mêmes dans une situation modeste n’ont guère les moyens de la reloger.

Un drame courant. Qui aurait pu être évité. Qui aurait du être évité…

Car, dès les premiers contacts avec la municipalité, il y a des années, Madame S. avait indiqué au service d’urbanisme qu’elle acceptait toute proposition plus faible en capital, pourvu qu’elle soit relogée en HLM (studio ou 2 pièces). Avec la petite portion de capital touché et l’aide de ses enfants, elle pouvait s’en tirer.

Rien ne s’est passé, malgré de nombreuses relances de ses enfants, inquiets de ne trouver aucun interlocuteur en face d’eux.

Poursuivie par la ville, elle est convoquée il y a deux ans par la juge des expropriations. Elle plaide alors, avec la simplicité qui est la sienne, qu’il n’y a pas besoin d’engager des frais de justice pour elle puisqu’elle est d’accord pour partir et qu’elle ne demande qu’un logement de petite taille en contrepartie. Rien n’y fait. Elle est probablement mal défendue par son avocate qui « omet » de consigner sa demande de relogement. En mars, le jugement est rendu : 90.000 euros et au revoir Madame !

Abasourdie par ce long malentendu, elle appelle le cabinet du maire qui, au terme de la procédure, finit par la recevoir deux fois.

La première fois, pour conclure en lui recommandant, non sans un certain cynisme : « je n’ai pas de solution, mais vous pourriez déjà déposséder vos enfants de leur part d’héritage ». Consulté, le notaire répond que ce n’est pas possible.

Nouveau rendez-vous il y a un an. Joëlle Ceccaldi-Raynaud lui répond que les gens comme elles ne peuvent pas être relogés car « sinon, le Conseil Municipal lui  taperait sur les doigts ». Ah bon ? Le Conseil Municipal a quelque chose à dire? Nous n’avons jamais entendu quiconque dire quoi que ce soit depuis les 2 ans que nous y siégeons ! Hormis les élus de l’opposition… Devant l’insistance de la famille à rechercher une solution, elle poursuit : « vous n’entrez pas dans mes cas de figure, mais dans celui de la loi Dalo ». Une loi pourtant totalement inefficace qui engage des procédures sur plusieurs années pour ne jamais aboutir à l’obligation, prise par l’Etat lui-même, de loger quiconque en a besoin. Le députée-maire est tout de même censée le savoir, non ?

La fille de Madame S. s’effondre en racontant la suite de l’entretien : « Madame le maire s’est mise en colère en nous disant qu’elle en avait ras le bol des histoires de la ZAC des Bergères et nous a jetés comme de vieilles chaussettes »…

Loin d’être découragée, sûre de son bon droit, la famille continue à se battre. Rencontre alors Madame Nadine Jeanne, conseillère municipale d'opposition, qui, toute seule et souvent sous les quolibets des élus de la majorité, monte au créneau. Différents élus s’essaient même timidement de faire aussi quelque chose. Mais que pèse un conseiller de la majorité à Puteaux, à part sa capacité à obéir aux directives qui lui sont données ?

La direction du service de l’urbanisme finit par avancer l’idée d’un appartement hors HLM (sur le "stock privé" de la ville) au 5e étage sans ascenseur. Mais Madame le maire repasse derrière et dit non. Au passage, il serait intéressant de savoir ce que représente ce « stock » et qui l’occupe aujourd’hui… Nous chercherons à élucider cette question dans les semaines à venir…

Courriers, relances sans fin, découragements…

A l’issue d’un Conseil municipal toujours tumultueux, où nous avons posé la question de l’existence d’une cellule d’aide pour les personnes expropriées, les affaires reprennent tout à coup : la famille est aiguillée vers la résidence des personnes âgées, le Club 102. Mais grande déconvenue pendant la visite : une pièce minuscule, sans cuisine, sans possibilité de laver ses affaires, un peu comme une chambre d’hôpital. Les repas sont pris avec les autres et le rythme est collectif. Madame S., qui est encore autonome, exprime timidement le fait qu’elle préférerait vraiment avoir son petit chez-soi !

Le couperet tombe alors : « puisqu’elle ne veut pas ce qu’on lui propose, qu’elle se débrouille toute seule ! ». 20 ans après le début de la ZAC, degré d’évolution zéro pour un dossier qui ne présentait pourtant aucune complication !

Les commentaires de la fille de Madame S. sont éloquents : « je n’ai plus peur de parler, je n’habite plus Puteaux et nous n’avons plus rien à perdre. Le traitement que nous avons subi relève de l’injustice et de l’abus de droit. Nous avons appris que 3 appartements devaient nous être proposés par la commission d’attribution et qu’à chaque fois, le maire a refusé. C’est elle qui dirige les HLM. Des appartements sont obtenus en 15 jours quand elle le décide ».

Un cas de plus, donc. Il est aujourd’hui difficile de mesurer le désastre humain de la ZAC des Bergères, la plupart des gens ayant fini, de guerre lasse, par migrer. Les négociations à l’amiable ont laissé un souvenir épouvantable. Depuis 5 ans, c’est la lutte du pot de fer contre le pot de terre.

Des dizaines de dossiers restent en attente sans solutions. Parmi ceux-ci, celui d’une personne âgée et sans moyens, Monsieur M., pour lequel le juge avait accepté le principe d’une baisse d’indemnité moyennant relogement. Depuis 2008, il attend, comme Madame S. dans un quartier où il n’y a plus rien, muré dans des barricades, isolé du monde par des terrains vagues. Dans le silence du désespoir.

Aujourd’hui, j’ai honte. Pour eux, pour nous. Je redoute ce qui va se passer pour la rue Pasteur, toute sage dans ses pavillons fleuris. Je crains le pire pour la ZAC Charcot (au nord du rond point des Bergères) où Puteaux a délégué la charge des expropriations à l’EPAD qui lui, va encore moins se gêner puisqu’il ne dépend pas d’une élection…

Qui gardera demain le souvenir de tous ces sacrifices muets quand les fontaines de Madame Ceccaldi-Raynaud couleront dans le nouveau quartier des Bergères ?

Sylvie Cancelloni
Conseillère municipale MoDem de Puteaux

(photo : Flickr)


La Zac des Bergères, les expropriations et l'attribution des logements à Puteaux

Publié sur le site de Sylvie Cancelloni, élue démocrate de Puteaux :

2209230126_46cc3e2e72Depuis que nous siégeons au conseil municipal de Puteaux, nous sommes très attentifs à un dossier qui revient à chaque séance : celui des "communications du maire". C’est un bijou de concision dans lequel s’égrènent, sur un ton parfaitement impersonnel, toutes les affaires pendantes de la ville, parmi lesquelles les actions en justice et les affaires d’expropriation de la ville.

La ZAC des Bergères, dans sa phase actuelle de conquête des parcelles, fournit l’essentiel du triste contingent régulier.

Bien sûr, les expropriations sont au service d’une cause plus grande que les cas particuliers que nous évoquons. Ce sera, dans le futur, un quartier moderne d’habitations, dont quelques HLM. Un tel projet suppose des sacrifices. Il faut accepter d’y consentir.

Cela donne toutefois des responsabilités, surtout dans une ville riche comme Puteaux. Car qui dit expropriation (et parfois même expulsion), dit à chaque fois arrachement, exil et douleur. Car derrière les pavillons, les petites entreprises et les immeubles modestes, il y a des vies, des histoires de famille, des situations uniques, des désespoirs que personne, et surtout pas nous, n’a le droit d’ignorer ou de contourner.

L’opération de ZAC aux Bergères, déclarée en 1971, a démarré méthodiquement à partir de 1998. Entre temps, 17 années se sont écoulées où l’épée de Damoclès tendue sur le quartier a gelé sa valeur et contraint locataires et propriétaires à vivre dans un temps bizarre entre pas-encore et déjà-là. Rien n’a été entretenu, pour cause, et s’est délabré peu à peu.

A partir de 1998, avant que les procédures ne commencent, nombreux sont les témoignages qui remontent faisant part de « pressions honteuses », de « destructions organisées » de grilles, boîtes aux lettres, de « harcèlement » … Les 10 dernières années sont riches, semble-t-il, de mouvements de protestation éteints dans l’œuf, de démêlés, de surenchères, de pétitions … et d’indifférence ! Une seule élue locale s’est engagée tout au long  de ces années aux côtés de tous ceux qui menaient la lutte du pot de terre contre le pot de fer et les a soutenu dans des conditions parfois très difficiles. Je tiens à lui rendre hommage : il s’agit de Madame Nadine Jeanne.

Depuis le début de notre mandat il y a deux ans, nous sommes effarés par le nombre de "communications" d’expropriations et le caractère très angoissé des demandes de soutien qui nous parviennent discrètement, faisant état d’une grande solitude face à l’administration. Nous avons demandé en conseil municipal au maire de Puteaux quelle était sa politique d’accompagnement et si une cellule existait pour tous les cas difficiles.

Sur le ton acide de maîtresse d’école qu’elle nous réserve toujours, elle nous a répondu qu’elle ne « laissait personne sur le carreau » et qu’il y avait une cellule de longue date pour cela.

C’est faux. Totalement. Vous pouvez toujours partir à sa recherche dans les services communaux… Non seulement elle n’existe pas, mais les effectifs du service d’urbanisme ont été réduits à leur plus simple expression. Depuis que le maire est en place, l’accompagnement se situe au niveau zéro, et même pire, malgré, il faut le souligner, l’évidente humanité des employés municipaux qui n’ont aucune marge de manœuvre et ne sont soutenus par personne.

Nous sommes quand même dans une terre de droits. Une procédure d’expulsion a ses règles. Chaque départ est bien sûr indemnisé : sous forme de relogements pour les locataires, et d’indemnités pour les propriétaires. Cela rassure tout le monde. Mais ce langage de droit ne dit rien de tout ce qui se passe à la marge. Les compensations versée au propriétaire, sur la base des Domaines qui sont toujours sous-évaluées, surtout dans un quartier qui a perdu toute valeur depuis 1971, ne lui permettent pas souvent de se reloger, tant s’en faut ! Quant aux locataires, en général âgés et de revenus très modestes, ils attendent sans fin l’attribution d’un logement. Sans horizon, sans perspectives, dans un quartier en ruine et aujourd’hui très isolé, où traverser le dernier hiver a souvent été un martyr…

Alors que fait-on quand tout est bloqué ? Les prix proposés, les logements à espérer ? Je vous le donne en mille ? On appelle notre déesse Shiva-aux-1000-bras, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, pour lui demander le secours de son âme affligée par le spectacle de tous ces désespoirs… Mais il parait qu’elle ne veut plus entendre parler des Bergères, elle serait saturée. C’est même si difficile d’expulser des gens qui ne veulent pas qu’elle a délégué ce droit à l’EPAD pour l’autre ZAC, celle de Charcot. Au moins, l’EPAD n’aura pas à redouter d’être pris à parti par des électeurs. Ce sont tous des fonctionnaires !

Notre maire est présidente des HLM de Puteaux. Mais il n’y a pas d’HLM disponibles, tout le monde le sait, ou presque. Du moins pas pour eux. Mais il reste le contingent des HLM de la Préfecture ou la loi Dalo, dit le maire, ce sera bien suffisant… A l’attente sans fin s’ajoute donc le désespoir !

Pourquoi est-il si difficile à Puteaux d’obtenir un HLM quand on a des revenus modestes, qu’on est exproprié ou retraité sans moyens ? Difficile de répondre : nul ne sait ce qui se passe dans le Saint des Saints de la commission d’attribution. Présidée par le maire, sans présence d’aucun représentant de l’opposition, son secret rend le soupçon facile.

D’autant que les rumeurs vont bon train sur les rotations d’HLM et que tout le monde ne semble pas obligé d’attendre 20 ans. N’évoque-t-on pas 60% de personnes à Puteaux dont les revenus ne justifieraient vraiment pas un logement en HLM ? N’évoque-t-on pas aussi de grands appartements pour 1 seule personne, obligée de faire des certificats d’hébergement de lointaines cousines bretonnes pour justifier le maintien de leur avantage ?

Le silence et l’opacité qui couvre les dossiers de logements est aujourd’hui insupportable, surtout au regard de la ZAC. La loi n’oblige pas le maire à ouvrir la commission à des élus de l’opposition. Mais sincèrement, lorsqu’on a rien à cacher, pourquoi ne pas choisir la transparence ? Si vous trouvez une seule bonne raison, donnez-la nous ! L’ancien Préfet  du 92, Pierre Bousquet de Florian, ne condamnait-il pas lui-même, lors d’une visite à Puteaux pour expliquer la Loi Dalo, la gestion HLM de la ville ? Et n’expliquait-il pas qu’il avait retiré de la responsabilité de Puteaux le contingent HLM de la Préfecture pour une meilleure « fluidité » de leur attribution.

A Puteaux, malgré les apparences, rien n’a changé : père et fille, qui connaissent leur ville sur le bout des doigts puisqu’ils ne font que cela et que c’est l’outil de leur survie, appliquent les mêmes méthodes depuis 40 ans. Puteaux continue à tricoter sa propre conception du droit. Cela fait 40 ans aussi que les consciences putéoliennes le savent. Et pourtant, les files d’attente devant le bureau du maire ne désemplissent pas. Quelle tristesse de nous voir tous devenir complices d’un tel système !

Notre ville aurait dû être exemplaire sur la ZAC des Bergères qui aurait du donner lieu à une gestion humaine et respectueuse, comme cela se fait dans d’autres communes. Anticiper avec sagesse et avec respect la transformation de ce quartier depuis  30 ans était notre devoir. Au lieu de cela, nous avons semé la désolation, l’incertitude, l’angoisse et l’injustice. Au lieu de cela, nous avons un maire qui, devant le défilé des protestations de la ZAC, déclare devant témoins en avoir « ras-le-bonbon » des Bergères ! Quant on n’a rien prévu, c’est sûr qu’on peut avoir cette réaction.

Tard, bien trop tard, nous demandons à la ville de faire face aujourd’hui a ses responsabilités et de traiter dès aujourd’hui tous les  dossiers en instance, avec le respect dû à des personnes qui ont souffert,  sans les bousculer ni leur imposer des décisions qui ne leur conviennent pas.

C’est pour nous une question d’honneur et de décence. C’est pour nous la moindre des choses.

Sylvie Cancelloni
Conseillère municipale MoDem de Puteaux

(photo : Flickr)

Le réaménagement de l'avenue du Général de Gaulle (D913) à Puteaux

Publié sur le site de Christophe Grébert :

D913

Avec ses 2 fois 3 voies, l'avenue du Général de Gaulle à Puteaux coupe le haut de notre commune en 2 entre La Défense et le rond-point des Bergères, avec d'un côté Lorilleux, Cartault, les Fusillés et le marché couvert, et de l'autre les 4 Temps, Carré Vert, Berthelot et les Fontaines... Ancienne N13, devenue D913 en 2006, cette route permet aux automobilistes de relier La Défense à Nanterre par Puteaux, en direction de Rueil-Malmaison. 

Pendant la campagne municipale de 2008, "Puteaux Ensemble" avait proposé de réaménager cet axe entre La Défense et les Bergères, en engageant une "réflexion sur l'enfouissement de la RN13 et sur le développement d’un vaste espace paysager conjuguant habitats, commerces, artisanat et services à la frontière de Nanterre, raccordé à la Défense et au centre ville par de meilleures dessertes".

Alors que le projet de tunnel avance à Neuilly, où le maire Jean-Christophe Fromantin a organisé la discussion publique de manière exemplaire, la majorité UMP de Puteaux semble pour sa part incapable d'amorcer un débat sur cet important dossier. Après avoir raillée l'enfouissement qui était selon elle financièrement impossible, elle revient sur sa position en annonçant en juin 2008 une traversée souterraine du rond-point des Bergères. C'est un progrès, mais c'est insuffisant !

C'est insuffisant, car ce qu'on pouvait supporter dans les années 60 en terme de nuisances autoroutières - bruit, pollution, insécurité - ne l'est plus aujourd'hui : cette voie est dangereuse pour les Putéoliens. Des accidents s'y déroulent régulièrement. La traversée à pied est longue et désagréable. C'est la bousculade au passage piéton pour rejoindre les 4 Temps depuis Lorilleux et la rue Louis Pouey. Le niveau de bruit est permanent. Les HLM ont été heureusement équipées de doubles vitrages. La pollution automobile continue elle de noircir les façades.

C'est insuffisant, car les 2 ZAC prévues autour du rond-point des Bergères - ZAC Charcot au nord et ZAC des Bergères au sud - vont voir arriver 1.400 nouvelles familles dans la décennie qui vient !

C'est donc l'ensemble de ce secteur de Puteaux - ces 800 mètres d'autoroute urbaine entre La Défense et les Bergères - qu'il faut complètement repenser. La question de l'enfouissement ne doit pas être écartée (Neuilly ne l'a pas fait !) : la construction de nouvelles tours à La Défense et la réalisation d'immeubles de bureaux à la périphérie des 2 ZAC vont produire d'importantes ressources financières pour l'EPAD et les collectivités. Ces ressources devraient servir à réaménager en profondeur ce secteur de Puteaux, avec une priorité : relier les 2 côtés de la ville et préparer le Puteaux de demain. L'EPAD (et, dans le futur, l'EPADSA) devra y contribuer financièrement, avec la commune et le conseil général des Hauts-de-Seine.
Christophe Grébert
Conseiller municipal MoDem de Puteaux

(photo : avenue du général de gaulle sur google maps)


La litanie des expropriations à Puteaux (Sylvie Cancelloni)

Publié sur le blog de Sylvie Cancelloni :

2208441951_8e224bd65a Elle est longue à Puteaux la liste de ceux à qui la dure loi de l’expropriation impose de quitter les lieux où ils habitent… de gré ou de force

Puteaux change vite, la pression urbaine est forte et la voracité de l’EPAD sur les territoires disponibles implacable. Face à des impératifs d’ »utilité publique », comme dans le cas de l’aménagement d’une ZAC, l’expropriation est présentée comme légitime. Elle est encadrée et donne lieu à une procédure légale,  objectivée par une proposition des Domaines, faisant  parfois place à des renégociations plus favorables.

Il ne s’agit donc pas de s’opposer aux expropriations. C’est, osons le dire, un « mal nécessaire » difficile à endiguer à Puteaux puisque le Grand Paris (qui, rappelons-le, n’a pas encore d’institutions) nous impose, comme aux autres villes de la première couronne, une densification à pas forcés. Qu’on soit de droite ou de gauche, pour ou contre Jean Sarkozy, on ne peut échapper à cette évolution

Mais on peut les humaniser. Et à Puteaux, d’évidence, il y a des efforts à faire.

Le passé est lourd : combien de conflits, joués dans l’ombre, n’ont-ils pas opposé les habitants à la toute-puissance de leur ville ? A entendre les témoignages  des 20 dernières années, beaucoup évoquent la froide détermination de leur ville et les pressions subies, jusqu’à l’intrusion dans leur vie privée. ..

Depuis 10 ans, les ZAC Bergères et Charcot s’édifient lentement à coups d’expropriations. On en arrive au bout. Pendant toutes ces années, les conseils municipaux ont délibéré de cas de refus ou de résistances sans imaginer derrière la réalité des conditions humaines en jeu. C’est le pot de terre contre le pot de fer : que peut un simple habitant, propriétaire d’une parcelle souvent en mauvais état, dévalorisée de longue date par l’annonce de la ZAC,  doté la plupart du temps de faibles moyens, de faibles soutiens et rarement tout jeunes ! Bien sûr, ils reçoivent une compensation. Mais compte-tenu de la dévalorisation de leur foncier, ils ne touchent souvent pas de quoi se reloger. Au Conseil du 26 Septembre, l’évocation dramatique de l’un de ces cas, en l’occurrence une vieille dame, n’a pas ému les foules…

Demain, ce sera le tour de la ZAC Cœur de ville. Le mot « cœur » est associé à celui de la ville. N’en manquons pas. Nous ne relogerons pas dans les 36 logements sociaux à venir tous ceux qui seront expulsés sans toucher de quoi se reloger. Mais, à partir e notre Centre d’Action sociale dont je rappelle qu’il a l’un des plus gros budgets d’Ile de France, nous pouvons pourtant mettre en place un service d’accompagnement. Qui ne tourne pas le dos aux vieilles dames paniquées, aux couples sans soutien, aux indigents… qui quittent la place pour la seule raison... qu'il faut que notre ville soit plus belle.

Bientôt, le tour des immeubles de la Défense ? Car ne soyons pas dupes : les immeubles d’habitation ne rapportent rien à l’EPAD ! Les convertir en bureaux est bien plus lucratif...

L'EPAD réussira-t-il à faire des "droits à construire des bureaux" un impératif d'"utilité publique"? Je n'ai presque plus de doutes la dessus...

Sylvie Cancelloni
Conseillère MoDem de Puteaux

(photo : Flickr)

La ZAC Charcot à Puteaux : lancement des travaux en 2011

ZaccharcotSitué à l’extrémité Ouest de Puteaux et au Nord du rond-point des Bergères, entre la rue des Rosiers, la rue des Fontaines et l’avenue Georges Clémenceau, le quartier Charcot (en orange sur la carte ci-contre) se trouve dans le périmètre d'aménagement de La Défense (limité en bleu).

2,5 hectares de terrain sur lesquels l'EPAD va réaliser 70.000 m2 de logements, afin de répondre au cahier des charges du plan de renouveau de La Défense, qui prévoit la construction de 100.000 m2 de logements (les 30.000 autres devant être réalisés sur Courbevoie).

Pour cette ZAC Charcot, l'objectif affiché par l'aménageur public est de réaliser un quartier résidentiel de 700 logements, dont 20% de logements sociaux, sur des hauteurs R+7/R+8, des commerces sur 2.200 m2 et des équipements publics : un groupe scolaire (maternelle/primaire) est annoncé ; des crèches, une résidence universitaire et un gymnase sont aussi évoqués. Des surfaces de bureau sont aussi projetées.

Il s'agira d'un "éco-quartier" : les immeubles d'habitation seront BBC (bâtiment basse consommation) et les équipements publics seront classés "bâtiments passifs" à très basse consommation.

Charcot Les travaux devraient se dérouler en 2 phases : la partie nord du quartier, près des rosiers, déjà largement préemptée, sera aménagée en premier, à partir de 2011. L'autre partie, au sud, où de nombreux immeubles sont encore habités, le sera à l'issue des opérations de rachat et d'expulsion.

Au sud du rond-point, la ville de Puteaux développe de son côté son projet de ZAC des Bergères. L'EPAD et la ville promettent de se concerter.

Une consultation des habitants sur ce projet de ZAC Charcot est organisée jusqu'au 13 novembre, avec une exposition à la mairie de Puteaux et au Point info de La Défense.

Le dossier de création de la ZAC sera finalisé en décembre.
Le dossier sera soumis au CA de l'EPAD au 1er semestre 2010.
Le dossier de réalisation sera élaboré au 2nd semestre 2010.
Engagement des travaux : courant 2011.

Présentation du projet sur le site de l'EPAD/EPASA.

(image : EPAD)


1.400 logements seront construits aux Bergères à Puteaux d'ici 2013

Publié sur le blog de Christophe Grébert :

2209230126_46cc3e2e72 Lors du conseil municipal du 27 mars 2009, les élus étaient appelés à donner leur avis sur les objectifs de la « Zac Charcot » située sur la partie nord du rond point des Bergères à Puteaux (question 30 de l'ordre du jour).

Ce projet signifie la densification de notre commune.  La construction de centaines de milliers de M2 de bureaux supplémentaires à La Défense aura pour conséquence mécanique la réalisation d'ici 2013 de 1.400 logements dans ce quartier des Bergères, 700 au nord et 700 au sud du rond point. La ZAC Charcot, situé au nord, sera gérée par l'EPAD.

En séance, le groupe Alternance Puteaux, qui rassemble les élus MoDem et Verts, a présenté l'amendement suivant :

Dans ce projet présenté par l’EPAD, il est prévu une vague concertation de la population. Nous souhaitons, pour nos part, et c'est l'objet de notre amendement, que cette concertation avec la population deviennent la priorité, le fait majeur. Qu’un large débat citoyen soit engagé, à l’image de la consultation menée sur l’Agenda 21. Qu'une consultation par référendum soit organisée :  quelle ville voulons-nous ? quels services publics ? quels modes de déplacements ? quel habitat ?

La majorité municipale ceccaldiste a refusé de voter cet amendement. Par conséquent, le groupe ALTERNANCE PUTEAUX a décidé de s'ABSTENIR sur cet avis. Nous ne pouvons soutenir un aussi vaste projet d'aménagement qui ne prévoit pas une consultation importante des populations concernées. Par ailleurs, nous regrettons que la majorité municipale rejette systématiquement tous les amendements d'Alternance Puteaux, alors qu'à travers ceux-ci nous montrons notre volonté de dialogue et de propositions constructives. Ce faisant, la majorité prouve son absence d'écoute et d'esprit de concertation.
Christophe Grébert
Conseiller municipal MoDem de Puteaux

(photo : Flickr)