Publié sur le blog des élus MoDem de La Défense :
Avec Christophe GREBERT (Puteaux), Pierre CREUZET (Nanterre) et Martine VOLARD (Courbevoie), défendons les villes de La Défense !
La
Défense, cette presque-vieille dame perchée sur une dalle d’un autre
âge, enclave territoriale entre des villes qui lui tournent le dos,
avait bien besoin d’un nouveau projet ! Le Président, Nicolas Sarkozy,
l’a pensé pour elle…
Il lui fallait un projet-phare. Trop
petite, la France ? Il a donné à la Défense le monde pour horizon, la
City pour ambition, et Dubaï pour déraison. Le projet de renouveau de
la Défense, dessiné sur un bout de comptoir, sous les yeux de
journalistes médusés, était né.
Cette vision flamboyante de
l’avenir, puisée directement dans les manuels d’économie des « 30
Glorieuses » avait un avantage, celui d’être un produit estampillé «
92 ». Vous savez, ce petit Liechtenstein au cœur de l’Ile de France
appelé à se transmettre de Père en Fils (c’est juste une question de
temps)…
La Défense avant, c’était déjà 160 ha (1/3 des villes
de Puteaux, Courbevoie et Nanterre), 4 millions de m2 de bureaux, 500
mille m2 de logements, 150 mille salariés/jour et 15 mille habitants.
Un petit Lilliput pourtant, même si les difficultés d’accès à la
Défense avaient pu vous faire oublier son nanisme.
Car notre Président voit grand, beaucoup plus grand :
Parce
qu’Il le vaut bien, 600.000 m2 supplémentaires de bureaux sont
commandés pour 2015, prélevés partie sur les logements existants,
partie sur des démolitions-reconstructions, et partie sur l’édification
d’hyper-tours. Ces grands geysers de béton appelés à colorer le ciel de
leurs reflets et à effacer toute lumière dans notre existence sur le
sol...
Malin, il a compris qu’il ne suffisait pas de conquérir
le ciel pour agrandir le droit du sol. En ressuscitant l’OIN, et en
étendant son territoire, il met alors la main sur 320 Ha de « friches »
(pourtant en très bon état de construction), ce qui permet désormais à
la Défense de s’enorgueillir de la propriété des ¾ de Nanterre et
d’1/4 d’un nouveau-venu qui, jusque là, dormait paisiblement : La
Garenne Colombes, et qui a vu le feu du ciel lui tomber brusquement sur
la tête.
Quelques faux-pas ont forcément jonché cette
extraordinaire Blitzkrieg qui s’est faite avec la complicité souriante
de tout le Landernau des Hauts de Seine et, disons le, dans le silence
des médias.
D’ abord l’affaire du « Prince Jean », qui a montré au
fond qu’il y avait une sagesse des territoires et des populations,
résumable sous l’expression : « point trop n’en faut » !
Ensuite
le refus des communes (Puteaux, Courbevoie, Nanterre) de ratifier, lors
des Conseils Municipaux de la fin 2009, le Plan de renouveau en cours
et l’extension de l’OIN. Cette affaire mérite d’être détaillée.
En
effet, rien ne les prédestinait à dire « non » : elles étaient, jusque
là, restées remarqualblement discrètes, disant toutes d’une même voix
: « heu, eh bien, quand même » en empochant les royalties. L’argent
rend silencieux, c’est connu. Et fait naître, à Puteaux et Courbevoie,
une espèce politique très rare sur le territoire national : le
Maire-Père de tous, parfois héréditaire, et toujours heureux
redistributeur de la manne professionnelle, fut-ce au prix du silence
des consciences. Pendant qu’à Nanterre, une coalition archaïque
destinée à disparaître rebondit en faisant de la résistance à la
Défense…
Que ces communes aient eu le courage de dire « non » au
Plan de renouveau de la Défense doit être salué. C’est dire s’il y
avait à redire. Mais ce vote n’a aucune valeur : il est consultatif. On
nous a juste demandé notre avis pour nous dire qu’on s’en tamponnait le
coquillard. Entre temps, le Maire de Puteaux est devenu Président de
l’EPAD : on peut légitimement douter qu’il s’oppose encore longtemps.
Alors
je vous pose la question : à quoi servent donc les élus locaux de ces
villes ? A part augmenter les statistiques de leur formations
politiques respectives ? Que la Défense est donc féconde : ne fait-elle
pas naître aussi une nouvelle espèce d’élus locaux,
ceux-dont-l’avis-ne-compte-pas ? Comme si les villes de la Défense
n’avaient pas une population à représenter et des intérêts à défendre.
L’abus
de pouvoir de la Défense sur nos communes n’est plus acceptable.
Surtout à une période où les avantages fiscaux de la Défense
s’atténuent sensiblement. Surtout au moment où tous les établissements
publics de la Défense vont fusionner pour constituer une force de
frappe destinée à mettre eu pas tous les petits « Mairillons » qui
voudraient se donner l’illusion d’exister.
Nous condamnons cette
forme de gouvernance très centralisée, tissée dans les coulisses des
cabinets ministériels, qui ne respecte ni les élus, ni les populations.
Nous en faisons le cœur de notre combat régional.
Nous refusons
que notre territoire, notre patrimoine, notre mode de vie et le choix
de notre avenir soit gouverné par d’autres que nous.
Et à quel prix !
Rendez-vous bientôt pour la suite...
Sylvie Cancelloni
Conseillère municipale MoDem de Puteaux
(photo : Jean Nouvel,
Flickr)
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