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Avant de partir, François Hollande lègue le quartier de la Défense (et sa rénovation) aux collectivités locales

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C'est l'une des dernières décisions du gouvernement et de la présidence Hollande. Lors du conseil des ministres, mercredi 10 mai, la ministre du logement, Emmanuelle Cosse, a présenté la création par ordonnance de l'établissement public "Paris la Défense". A partir du 1er janvier 2018, le quartier d'affaires sera géré non plus par l'Etat mais par les collectivités locales. Le département des Hauts-de-Seine, Puteaux et Courbevoie devront alors assumer une première facture de 360 millions d'euros pour un vaste chantier de rénovation... 

Le gouvernement a décidé de regrouper l'Epadesa et Defacto, les deux établissements en charge de l'aménagement et de la gestion de La Défense. Ce nouvel établissement, baptisé "Paris la Défense", sera administré par un conseil d'administration composé majoritairement de représentants du conseil départemental des Hauts-de-Seine auxquels s'ajouteront des représentants d'autres collectivités locales (Courbevoie, Nanterre, Paris et Puteaux, la Région Ile-de-France et la Métropole du Grand Paris) et des personnalités qualifiées.

Le préfet de la région Ile-de-France assistera aux séances du conseil d'administration et disposera de pouvoirs spécifiques afin de préserver les intérêts patrimoniaux de l'Etat.

Puteaux devra payer pour la rénovation de la Défense

Une convention entre les collectivités locales déterminera les contributions financières de chacune d'elles aux charges de gestion de l'établissement. A défaut d'accord, ces charges seront réparties dans des conditions fixées par décret entre le département des Hauts-de-Seine et les communes de Courbevoie et Puteaux.

Dans les 6 mois suivant sa création, prévue au 1er janvier 2018, l'établissement adoptera un premier programme d'investissement d'au moins 360 millions d'euros. Ce programme portera en particulier sur la réalisation des travaux de modernisation et de mise aux normes des ouvrages souterrains de la dalle du quartier d'affaires.

Les biens et droits de l'Epadesa seront transférés au nouvel établissement, à l'exception de l'ensemble des parcs de stationnement qui restera propriété de l'Etat. Ils seront mis à disposition du nouvel établissement gratuitement pour une durée de 60 ans.

Cela fait des années que ce projet est dans les cartons de Bercy. Le ministère de l'économie ne voulait plus assumer la charge financière du quartier d'affaires. A partir de 2018, ce sont donc les villes de Puteaux et de Courbevoie et le département des Hauts-de-Seine qui deviendront les co-propriétaires de la Défense et auront à assumer le fonctionnement et l'entretien de ses infrastructures. Un audit a fixé à 360 millions d'euros la somme nécessaire pour une simple mise aux normes !
Cela fait également des années que nous prévenons de cette révolution : après nous avoir enrichi durant 50 ans, le quartier de la Défense va maintenant nous coûter de l'argent. Or, la ville de Puteaux, qui continue de dépenser sans compter, n'est pas du tout préparée à cela : une grande partie de ce que nous touchons de la Défense sert au fonctionnement de nos "palais". Ce sont des charges fixes. Elles risquent de nous ruiner demain.
Le jour où les caisses seront vides, croyez-le bien, les Ceccaldi partiront très vite, sans s'inquiéter de ce que nous deviendrons.

Christophe Grébert

(photo : Flickr)


Le chantier de la Rose de Cherbourg à Puteaux : un labyrinthe pour les piétons

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Lors du conseil municipal de Puteaux, mercredi 14 décembre 2016, nous avons interpellé la maire sur les difficultés que rencontrent les habitants pour se déplacer avenue Charles de Gaulle en raison notamment des travaux de réaménagement de la rose de Cherbourg.

J'ai relayé une question de Marie : "Il y a tellement de chantiers avenue du général de Gaulle qu'il conviendrait de donner clairement un échéancier, accompagné d'un parcours accessible aux personnes à mobilité réduite : une voisine doit effectuer un parcours incroyable pour faire ses courses à la Défense". 

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La maire a admis les difficultés et promet, sans donner d'échéance, un "calendrier précis du suivi des travaux"... Rien de concret donc pour l'instant.

 

Lors de ce conseil, une maquette a été présentée. Elle montre le futur quartier de la Rose de Cherbourg dominé par le projet de tour Hekla de Jean Nouvel :

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La Défense : 2 petites tours au lieu d'une grande

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Décidément, le quartier d'affaires de la Défense n'aura jamais sa tour de 300m ! Le projet Phare, qui devait être réalisé derrière le CNIT à la limite entre Puteaux et Courbevoie, est définitivement abandonné : trop cher et trop énergivore, selon le promoteur Unibail. Ce dernier a sorti de ses cartons un nouveau projet plus classique : 2 tours de 200m et 100m, les Sisters.

Choisi il y a 10 ans, avant la crise financière de 2008, le projet Phare avait aussitôt mobilisé contre lui de nombreux opposants. Sa dimension faisait non seulement peur aux riverains, mais également à l'aviation civile ! La crise et les recours des associations ont donc eu raison du projet de l'architecte américain Thom Mayne (qu'Unibail devra tout de même chèrement indemniser !).

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Alors que la tour Phare aurait coûté au moins 1 milliard d'euros, les Sisters, conçues par l'architecte français Christian de Portzamparc, sont estimées à un peu plus de 600 millions. La première tour d'une cinquantaine d’étages accueillera 75.000 m² de bureaux. La seconde d’une trentaine d’étages hébergera un hôtel 4 étoiles de 300 chambres sur 20.000 m².  Un projet plus facilement vendable. Petit amusement architectural pour attirer le chaland : les deux buildings seront reliés à 80 mètres de haut par une passerelle de 3 niveaux comprenant un spa, un restaurant, une salle de projection et un jardin ouvert.

Comme Unibail a reconnu que Phare était très énergivore comme toutes les tours, peut-on en déduire que les petites Sisters feront mieux ? Je plaisante.

L'enquête publique sur Sisters a lieu jusqu'au 16 décembre à Puteaux et Courbevoie. Unibail espère inaugurer ses 2 nouvelles tours en 2022... 

Photos : Defense-92.fr


Une grenouille pour promouvoir le quartier d'affaires de la Défense

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Le département des Hauts-de-Seine et Defacto, l'établissement public gérant le quartier de la Défense, lancent une campagne de communication en France et au Royaume-Uni pour promouvoir le quartier d'affaires et attirer les entreprises étrangères déçues par le Brexit. 

On y voit une grenouille vêtue d’une simple cravate bleu-blanc-rouge plantée au beau milieu de la dalle de la Défense !

A lire sur defense-92.fr


Le préfet à la tête du quartier d'affaires de la Défense est débarqué

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Le département des Hauts-de-Seine est une drôle de chose : un préfet peut refuser de collaborer avec son ministère de tutelle. C'est la raison pour laquelle Hugues Parant, directeur général de l'Epadesa depuis octobre 2013, n'a pas été renouvelé dans ses fonctions par la ministre Emmanuelle Cosse. 

 « Le détachement de M. Parant arrivait à terme le 7 octobre et il n'a pas été reconduit, indique le ministère du Logement et de l'Habitat durable. La ministre a souhaité nommer un nouveau directeur général pour assurer une mission transitoire et provisoire ». Il s'agit de Jean-Claude Gallot, qui vient du ministère de l'Environnement.

Selon Le Parisien, Hugues Parant aurait refusé de communiquer des documents et des informations réclamés par le ministère dans le cadre du rapprochement décidé par Manuel Valls entre les 2 établissements publics du quartier d'affaires. L'Epadesa et Defacto doivent fusionner officiellement au 1er janvier 2017. Le temps donc pressait, sauf pour le préfet qui ne voyait pas d'un bon oeil cette réforme.

Il est insensé de penser qu'un préfet, représentant de l'Etat, rechigne à obéir aux ordres du gouvernement. Mais dans les Hauts-de-Seine, les intérêts financiers sont si énormes, qu'on peut s'attendre à tout. La seule remise aux normes des espaces publics de la Défense représente un chantier d'un demi-milliard d'euros. Qui passera commande de ces marchés aux groupes de BTP ? La question intéresse au plus haut point la droite du 92. Celle-ci n'est donc pas pressée de voir se réorganiser la gouvernance du quartier d'affaires sous une majorité de gauche.
Notons que l'autre établissement public de la Défense, Defacto, est dirigé par Marie-Célie Guillaume, qui est aussi vice-présidente des Yvelines et ex-plus proche collaboratrice de Patrick Devedjan, président des Hauts-de-Seine. Les Hauts-de-Seine et les Yvelines envisageant de fusionner pour faire face au Grand Paris, on voit bien combien le contrôle de la Défense intéresse tous ces gens. Et l'intérêt général dans tout cela, me direz-vous ? Donnons une mission sur cela à Hugues Parant. Il a le temps désormais. Et cela justifiera son salaire de préfet hors cadre.
Christophe Grébert

A LIRE AUSSI :

Hugues Parant publie le bilan de son action à la tête de l'Epadesa durant 3 ans

Un nouveau patron pour le quartier d’affaires de la Défense (Les Echos)

(photo : defense-92.fr)


Réunion sur le réaménagement du quartier de la Rose de Cherbourg à Puteaux le mercredi 5 octobre

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L’EPADESA et Defacto organisent une réunion publique consacrée aux projets d'aménagement du quartier Rose de Cherbourg/Boieldieu, le mercredi 5 octobre à 19h30. 

Au programme :
- présentation par Defacto des travaux réalisés sur le quartier Boieldieu,
- présentation par l’EPADESA de l’avant-projet des espaces publics de la Rose de Cherbourg,
- et échanges avec la salle.

RDV à l'école maternelle Défense 2000
23 rue Louis Pouey

Ces réunions publiques apportent peu d'informations et l'échange avec la salle est très limité. Il manque chez les aménageurs de la Défense et les élus du secteur une culture démocratique et le respect de la participation citoyenne que quelques réunions publiques ne peuvent corriger. Mais disons que ces rendez-vous réguliers sont un peu mieux que rien du tout. Ils peuvent être un moyen de pression si assez de citoyens se mobilisent pour y participer.
Sur le réaménagement de la rose de Cherbourg, je me suis plusieurs fois exprimé ici. Je ne suis pas d'accord avec un projet qui n'a plus rien à voir avec les engagements pris au départ.
Christophe Grébert