Histoire de Puteaux Flux

Décès de l'un des acteurs de "la fusillade de Puteaux" de 1971 et oncle de Joëlle Ceccaldi-Raynaud

6a00d8341c339153ef0120a506391c970b-800wiJoëlle Ceccaldi-Raynaud et son fils Vincent Franchi n'étaient pas présents hier soir au début du conseil municipal de Puteaux. Ils assistaient aux funérailles d'Antoine Gianni au cimetière de Pinarello, en Corse. Beau-frère de Charles Ceccaldi-Raynaud, Antoine Gianni est l'un des acteurs de la "fusillade de Puteaux" lors de la campagne municipale de 1971 au cours de laquelle un colleur d'affiche est mort. Il était le chauffeur de la voiture de l'équipe de Ceccaldi opposée à l'équipe de Dardel, le maire socialiste sortant. 

Extrait de "Règlement de comptes à Ceccaldi City" in l'Express du 20 octobre 2005 :

"Les relations entre Ceccaldi et Dardel (ancien maire de Puteaux) se dégradent rapidement et, lors des élections municipales de 1971, les deux hommes s'affrontent lors d'une très violente campagne électorale. Dans la nuit du 26 au 27 février, les colleurs d'affiches des deux camps ne se contentent plus d'échanger des coups de poing: Salah Kaced, 31 ans, un serrurier de l'équipe Dardel, est abattu; sept autres partisans de l'ancien maire sont blessés. Au cours de l'enquête, 17 personnes sont inculpées, toutes proches de Charles Ceccaldi-Raynaud, dont son propre beau-frère, Antoine Gianni. Lors du procès, en 1974, quatre des inculpés écopent de prison ferme; un an plus tard, le maire de Puteaux est reconnu civilement responsable de l'affaire".

Extrait de "Puteaux, une banlieue de série noire" in Le Nouvel Observateur du 1er novembre 1971 : 

"Chaque nuit, des « commandos » se poursuivent dans les rues désertes, on recouvre à toute vitesse les affiches de l’adversaire. Les coups de poing succèdent aux coups de gueule. Et, dans la nuit du 26 au 27 février, les coups de fusil aux coups de poing. Il y a un mort, Salah Kaced, 31 ans, serrurier. Et sept blessés. Tous travaillaient pour Georges Dardel. Dix-sept personnes sont inculpées après l’enquête conduite par le commissaire divisionnaire Roger Poiblanc. La plupart des inculpés sont des employés municipaux, des amis ou même des parents de Charles Ceccaldi-Raynaud. Les plus connus : Antoine Gianni, quarante et un ans, beau-frère du maire, directeur de la S.A.R.L. « Sogepark », qui assure le nettoyage et le jardinage des parkings des H.L.M. La gérante de cette société est la femme d’Antoine Gianni, Rose. Pierre Debrossard, quarante et un ans, régisseur du marché Chantecoq (employé municipal). Connu de la police pour avoir participé à des bagarres sérieuses, notamment le 13 septembre 1968 et le 25 octobre 1969. Maurice Ollivier, quarante et un ans, surveillant de voirie (employé municipal). Pierre Lesage, vingt-neuf ans, ancien chauffeur de Georges Dardel. Il travaille pour la municipalité depuis 1968. Depuis le 1er octobre 1968 il est, comme Debrossard, régisseur de marchés. Antoine Pasquini, concierge aux H.L.M. de la ville. Antoine Cannonici, cinquante-deux ans patron du bar « la Méditerranée », qui sert de permanence électorale à Ceccaldi-Raynaud. Pittoresque établissement où l’on rencontre de solides garçons qui portent des chevalières grosses comme des pièces de 5 francs… Sur les lieux de la fusillade, les policiers découvrent : une carabine 22 long rifle, un chargeur de pistolet calibre 6,35 et des douilles de 9 mm. Le résultat des perquisitions, aussi, est éloquent. Parmi les objets saisis et placés sous scellés par le commissaire Poiblanc : dix-sept cartouches « Gevelot » calibre 7,65, trouvées dans la chambre à coucher de Monique Debrossard ; un revolver « Manufacture d’armes de Saint-Etienne » n° 27 060, canon n° 1892 51 893, chez Maurice Ollivier, 140, rue de Verdun, à Puteaux ; deux fusils de chasse, l’un à canons superposés, n° 13 559 SMF, l’autre à canons juxtaposés n° 26 136 calibre 12 ; une carabine et une dizaine de cartouches 22 long rifle ; un pistolet Walther, calibre 7,65 n° 37 205 ; des dizaines de cartouches de calibre 12…".

ARCHIVES PRESSE SUR L'AFFAIRE DE LA FUSILLADE DE PUTEAUX


Bibliographie des Ceccaldi-Raynaud (chapitre 7) : "De la banlieue rouge au Grand Paris"

413J28eEISLSuite de la bibliographie des Ceccaldi-Raynaud de Puteaux. En 2015, Alain Rustenholz publie "De la Banlieue rouge au Grand Paris" aux éditions La fabrique. L'auteur raconte l'histoire des 25 communes qui entourent Paris, la fameuse banlieue rouge, au cours du siècle écoulé. Un chapitre est consacré à Puteaux.

La saga familiale des Ceccaldi-Raynaud est évoquée sur 2 pages : la mort d'un colleur d'affiches lors de la campagne municipale en 1971, le clientélisme, l'affaire de l'attribution du marché public pour le chauffage de la Défense...

Extrait :  Téléchargement Delabanlieuerouge-2015.pdf

Achetez ce livre : 

A suivre... 


ARCHIVES : mon 1er compte rendu du conseil municipal de Puteaux en juillet 2002

En juin 2002, je lance MonPuteaux.com. Le mois suivant, en juillet, se tient un conseil municipal. J'y vais et je publie le compte-rendu ci-dessous (PAGE ORIGINALE). Je n'imaginais pas que celui-ci allait provoquer les foudres du maire de Puteaux ! Aussitôt, Charles Ceccaldi-Raynaud signe un arrêté interdisant d'assister au conseil avec un appareil photo ! 12 ans après, sa fille, Joëlle Ceccaldi-Raynaud veut empêcher qu'on le filme. De père en fille, c'est donc la même histoire... Les Ceccaldi n'aiment pas qu'on parle d'eux et préfèrent mener leurs petites affaires loin des micros et des caméras.

Les devoirs de vacances de nos conseillers municipaux
mardi 23 juillet 2002

Une demi-heure montre en main, c'est le temps qu'a duré mardi soir le dernier conseil municipal avant la rentrée. 
Le quorum est tout juste atteint. Visiblement, certains conseillers ont devancé l'appel des vacances. A leur décharge, il faut dire que la municipalité, comme à son habitude, ne les a prévenus de la tenue de cette réunion qu'en fin de semaine dernière. C'est donc raté pour les juilletistes !



Rompu à un exercice qu'il accomplit depuis plus de 30 ans (!), Charles Ceccaldi-Raynaud, costume vert clair et guilleret à souhait, ne perd pas un instant, si ce n'est pour saluer "la voix d'hôtesse de l'air" d'une conseillère... ou pour souligner "la belle coiffure" d'une autre. C'est la première fois que j'assiste au Conseil Municipal. Je suis un peu étonné. Mais on me dit que c'est tout à fait son habitude !
La secrétaire de séance tente à grand peine de suivre le rythme imposé par le Monsieur le Maire. En effet, en 30 minutes, c'est une soixantaine de décisions qui sont approuvées : de l'achat de jeux de société pour les écoliers au choix d'une entreprise pour la réalisation d'un jardin potager au 84 de la rue de la République (toujours pour les enfants), en passant par le très important lancement du Plan Local d'Urbanisme (NB : nous en reparlerons). 
Les votes s'enchaînent, sans véritable discussion. L'opposition est représentée ce soir par un seul élu. Une situation qui ne favorise pas le débat contradictoire. C'est ainsi qu'un budget de 600.000 euros (!) pour la réalisation d'un petit jardin derrière l'hôpital est voté, sans sourciller, par l'ensemble des conseillers.


Le "jardin sud" : 600.000 euros...


Aussitôt l'ordre du jour achevé, Monsieur le Maire souhaite "bonnes vacances" à tous et donne rendez-vous en septembre pour le prochain Conseil (on y sera). Les quelques citoyens présents quittent la tribune. Ils n'ont pas eu le temps de s'ennuyer !


Quelques autres décisions votées : 

- avant projet détaillé de la vidéosurveillance urbaine (qui va nécessiter la réalisation d'un réseau de fibres optiques), Seraient surveillés carrefours et routes principales, zones piétonnes, escalators, parkings, passages publics, espaces publics particulièremet exposés à des risques d'agression ou de vols. A priori tout serait quadrillé ! Coût environ : 1.550.000 euros hors taxes (voir le texte sur la vidéosurveillance dans la rubrique peut mieux faire)
- autorisation donnée au Maire pour l'aménagement de 5 entrées de la ville,
- programme pour la réalisation d'un palais de la danse au 10 rue Cartault,
- programme de travaux de construction d'un atelier de dessin et de peinture à l'angle des rues Berthelot et Jules Verne,
- programme pour la création d'un mur monumental le long de l'école Marius Jacotot jusqu'à l'entrée de la piscine,
- programme des travaux d'extension de la demi-pension à l'école de la Rotonde, rue Paul Lafargue,
- création d'une demi-pension à l'école Marius Jacotot,
- décision de créer un cybercafé au 20 rue Benoit Malon,
- construction d'une académie de billard au Musée Gaudin, 31 rue Cartault,
- principe de construction de 2 pigeonniers pour diminuer les nuisances des pigeons,
- désignation du bureau d'étude paysagiste pour le réaménagement du square de la Pergola,
- nouveaux principes d'aménagement de la ZAC du Théâtre.

  

LE MAIRE PREND UN ARRETE QUI VISE MONPUTEAUX.COM
vendredi 9 août 2002


Après seulement 3 mois d'existence, MonPuteaux.Com subit pour la première fois les foudres de la Mairie.

Le Maire, dans un arrêté daté du 8 août, interdit désormais à tout Putéolien de pénétrer dans la salle du Conseil municipal avec un appareil photographique. Raison invoquée pour justifier cette interdiction : si une photo était prise, le flash de l'appareil pourrait gêner le travail des élus. 

Je dois malheureusement avouer que cette limitation de la liberté du citoyen putéolien à se balader avec un appareil photo (y compris dans sa mairie) est de ma faute.
En effet, lors du Conseil municipal du 23 juillet, du haut de la tribune du public, j'ai photographié de loin mes élus (voir la photo du délit ci-dessous). Je précise que cette photo a été faite sans flash. Sur le moment, personne n'a remarqué que j'avais prise une photo... preuve que cela n'a gêné en rien les débats. C'est seulement lorsque je l'ai publiée sur mon site qu'une personne m'a envoyée un e-mail pour m'expliquer que j'avais "dérogé au droit" en prenant ce cliché.



Je ne savais pas que photographier ses élus en train de travailler était mal ! d'autant qu'une réunion du Conseil municipal est non seulement accessible au public, mais qu'aussi par tradition républicaine elle se tient "toutes portes ouvertes, afin que rien ne soit décidé en cachette". 

En assistant aux Conseils et en vous en parlant ensuite sur ma page perso, suis-je en tort ? Ma démarche n'est-elle pas parfaitement civique et ne devrais-je pas plutôt recevoir des louanges de la part de nos représentants élus ? Tout ce qui peut contribuer à faire connaître les délibérations municipales est bon pour la démocratie locale. Et je suis fier d'y participer désormais.

Tout cela valait-il un arrêté municipal ? Que craint-on ? Quelle menace je représente ?

Ce qui gêne peut-être, c'est qu'un simple citoyen se permette d'exercer son droit le plus normal et le plus défendable : la liberté d'expression. 

Mais comme justement je ne suis qu'un simple citoyen (sans organisation derrière lui, ni avocat, ni conseiller juridique... et pour tout argent que celui qu'il gagne chaque mois...), en cas de procédure judiciaire engagée contre moi (on ne sait jamais), je ne jouerai pas au martyr : je fermerai aussitôt et définitivement mon site. 

Si cela devait arriver, je vous préviendrais et je le ferai savoir.

Si MonPuteaux.Com devait être fermé dans les prochaines semaines, certains parleront de victoire. Moi, je dirai que c'est la liberté qui a perdu.

Je me permets à ce propos de vous conseiller la lecture d'un livre de poche : "LE DROIT ET LA LOI ET AUTRES TEXTES CITOYENS" de Victor Hugo (éditions 10/18).

Christophe Grébert (août 2002)


L'Hôtel de Ville de Puteaux a 80 ans

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L'Hôtel de Ville de Puteaux a été inauguré en 1934, il y a 80 ans. Pour fêter cet anniversaire, une grande fête est organisée le samedi 13 septembre à 20h30 sur l’esplanade : un concert des Stentors suivi d’un spectacle son et lumière retraçant les 80 ans d’histoire de la mairie.

Par ailleurs, jusqu'au 30 septembre, une exposition de photographies L’Hôtel de Ville en 80 clichés est à découvrir sur l’esplanade. Des kakemonos illustrent des vues d’autrefois dans chaque quartier de Puteaux. 

Vous pouvez aussi aller faire un tour sur le site BONJOUR DE PUTEAUX réalisé par un Putéolien qui possède une superbe collection de cartes postales sur Puteaux.

AVANT LES ANNÉES 30 ET LA CONSTRUCTION DE L'HÔTEL-DE-VILLE, CETTE PLACE ÉTAIT OCCUPÉE PAR LE MARCHÉ :

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L'ANCIEN HÔTEL-DE-VILLE SE TROUVAIT AU PONT DE PUTEAUX, A LA PLACE DE L'ACTUEL HÔPITAL :

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 ET LA NOUVELLE MAIRIE DANS LES ANNÉES 30, bâtie par les frères Niermans :

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(source photos : bonjour de Puteaux)


1969-2014 : la famille Ceccaldi règne sur Puteaux depuis... 45 ans !

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C'est une véritable dynastie ! Cela fait 45 ans que la famille Ceccaldi-Raynaud-Franchi monopolise tous les mandats électifs à Puteaux : Charles Ceccaldi-Raynaud, élu maire en 1969, a aussi été conseiller général, député et sénateur. Sa fille Joëlle Ceccaldi-Raynaud-Franchi, élue maire en 2004, a aussi été à sa suite conseillère générale et députée. Son fils Vincent Franchi, petit-fils de Charles, élu maire-adjoint en 2008, a succèdé à son grand-père au poste de conseiller général. Ces gens sont-ils élus et réélus pour leurs compétences ou bien le système clientéliste mis en place par le patriarche permet-il à cette famille de conserver pour elle-même le pouvoir ? Le pouvoir pour le pouvoir ? Retour sur 45 ans d'histoire politico-familiale à Puteaux.

267975159_ae8c756a86Charles Ceccaldi-Raynaud (wikipédia) est né en 1925 à Bastia. Il a été maire de Puteaux de 1969 à 2004, conseiller général de Puteaux de 1973 à 1989 et de 2004 à 2011, député de Puteaux-Neuilly de 1993 à 1995, et sénateur des Hauts-de-Seine de 1995 à 2004. Il a commencé sa carrière politique à la SFIO (socialiste), avant de rejoindre le RPR.

69-3-2-bEn mars 1969, une "élection municipale complémentaire" est organisée à Puteaux : 2 nouveaux élus doivent compléter le conseil municipal pour pouvoir procéder à l'élection du maire, le socialiste Georges Dardel ayant démissionné. Les communistes semblent en situation de gagner. C'est en tout cas ce que Charles Ceccaldi-Raynaud, 4e adjoint SFIO de Dardel et candidat à la succession, veut faire croire à la population et aux membres du conseil communal. Il lance dans la ville une campagne de peur et d'intoxication. "Intox, intox, intox" est son expression préférée. Objectif : prendre le pouvoir en jouant sur le sentiment anti-communiste dans une commune socialiste depuis l'élection de Lucien Voilin en 1912 !
Charles Ceccaldi-Raynaud, qui a obtenu le ralliement des élus socialistes locaux et un soutien implicite de la droite, gagne ce premier scrutin et devient maire de Puteaux.
Entretemps exclu du Parti socialiste, il se fait réélire aux élections municipales de 1971 en jouant sur ce même sentiment anti-communiste, malgré l'affaire de la fusillade. Son élection est grandement facilitée par la droite qui ne présente pas de candidat contre lui.

Charles Ceccaldi reste maire jusqu'en 2004. Cette année là, il passe la main à sa fille Joëlle, en informant la population dans un tract intitulé "Pour un nouvel élan", une décision qu'il regrettera ensuite :

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4451060--620x345-1Joëlle Ceccaldi-Raynaud (wikipedia) est née en février 1951 à Alger (Algérie). Elle a été conseillère générale de Puteaux de 1994 à 2002, maire-adjointe de Puteaux de 1995 à 2004, députée de Puteaux-Neuilly de 2002 à 2007. Elle est maire de Puteaux depuis 2004.

220px-Nicolas_Sarkozy,_Joelle_et_Charles_Ceccaldi_Raynaud,_2005"Elle succède à son père Charles Ceccaldi-Raynaud, malade, à la mairie de Puteaux, en avril 2004. Elle démissionne de son mandat de députée le 1er janvier 2005, à la suite du départ du gouvernement de Nicolas Sarkozy, qui vient d'accéder à la présidence de l'UMP. Celui-ci la choisit à nouveau comme suppléante lors de l'élection partielle qui s'ensuit. Ayant obtenu un siège au Conseil économique et social en 2005, elle retrouve son mandat de députée quelques mois plus tard, à la suite du référendum du 29 mai 2005, lorsque Nicolas Sarkozy est rappelé au gouvernement. En septembre 2005, remis sur pied, Charles Ceccaldi-Raynaud demande à sa fille de démissionner pour se faire réélire maire. Cette dernière refuse considérant que son père n'a plus l'état mental et physique nécessaire pour assurer la fonction. Depuis, Charles Ceccaldi-Raynaud s'oppose à sa fille. Cette bataille entre le père et la fille est baptisée « Guerre des Ceccaldi » par la presse" (extrait wikipedia).


La guerre des Ceccaldi de Puteaux continue en 2010 par grebert

En 2008, Charles Ceccaldi présente ses voeux :

 

Pi_mai_238 Vincent Franchi est le fils de Joëlle Ceccaldi et le petit fils de Charles Ceccaldi. Il est élu en 2008 sur la liste municipale de sa mère. Il devient maire-adjoint chargé de la culture et de l'éducation. En 2011, il est élu conseiller général de Puteaux à la place de son grand père Charles Ceccaldi. Il est vice-président de la commission culture au conseil général des Hauts-de-Seine, comme sa mère dans les années 90.

Il s'exprime peu souvent publiquement. La vidéo ci-dessous est donc une rareté :


Message de soutien de Vincent Franchi à Cyrille... par cyrilledechenoix


Histoire de Puteaux : en 1789, les Putéoliens réclament moins d'impôts et des élections

IMG_5965Nous poursuivons notre Histoire de Puteaux. Nous avions quitté les 600 habitants de Puteaux en 1744 : la paroisse était désormais autonome de Suresnes ; le village agricole se développait doucement. Avançons d'une quarantaine d'années, jusqu'à 1789 et la Révolution Française. Comment les Putéoliens traversent ces bouleversements ?

Fin 1788, placé devant une grave crise politique et économique, le roi Louis XVI convoquent les Etats Généraux pour l'année suivante. Chaque village de France est alors invité à remplir un cahier de doléances. Les Putéoliens participent à cette consultation nationale. Dans leur texte, ils dénoncent la proportion exorbitante des impôts : "Le village de Puteaux, dont le territoire ne contient que 600 arpents, paye 10.200 livres de taille et plus de 3.000 livres de vingtièmes" (Taille et vingtième étaient les 2 impôts directs calculés sur les revenus et les biens fonciers). "Ce poids énorme d'impositions accable les habitants, absorbe tout le fruit de leur sueur et de leurs travaux". Les Putéoliens réclament donc un "impôt unique payé par tous sans distinction et porté au trésor en droiture".

Toujours très soucieux de leur indépendance, ils proposent aussi la création d'une administration municipale : "Qu'il soit établi dans les paroisses un corps municipal élu tous les deux ans par les habitants, à qui on confiera le soin et l'exercice de la police, qui veillera sur les moeurs et prendra connaissance de tous les différends pour les terminer à l'amiable et sans frais".

On connait la suite des évènements. En juin 1789, les Etats généraux se transforment en Assemblée Nationale. En août, l'Assemblée supprime les droits féodaux et en décembre, elle décide la création des communes dotées d'une municipalité élue par ses habitants.

Le 7 février 1790, à 10h du matin, quelques dizaines de Putéoliens se réunissent dans leur église. Par 44 voix sur 77 votants, Guillaume Nézot devient le 1er maire de Puteaux. Par 32 voix sur 52 votants, sont désignés les Notables formant le Conseil Général de la Commune : Pierre-Denis Hutray, Jacques Nezot, Philippe-Joseph Gault, Louis Nézot Père, Michel Gilbert, François Jean, Marius Hennier, Claude Pate, Jacques Nezot fils, François Jean. Pour assister le Maire, 5 membres composant le corps Municipal sont désignés par 50 voix : Guillaume Julien, Antoine Jean, Pierre Nézot, J. Jacques Joachim Martin et Charles-François David. Chacun jure d'être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi.

La Municipalité se réunit chaque semaine, le mercredi à 6h du soir en été et à 3h en hiver, sous peine de 10 sous d'amende pour chaque absent.

Puteaux se dote aussi d'une Garde Nationale sous le commandement de Julien Gohin. Le 4 juillet 1790, le drapeau de la Garde est béni par le curé de la paroisse, Louis-Eustache Noël.

En ces temps agités, aucune situation n'était stable : en novembre 1790, Guillaume Nezot est remplacé par Philippe Gaut, puis en mars 1791 par une autre Nézot (Pierre).

En 1792, la monarchie est abolie et la République proclamée. Le 10 novembre 1793, un arbre de la liberté est planté devant l'église de Puteaux. On brûle le premier drapeau de la Garde Nationale qui arborait des fleurs de lys, signe royal. Un autre drapeau est offert à la commune par le citoyen Gohin.

C'est la période de la Terreur. En 1793, l'église du village est transformée en "Temple de la Raison". On y célébre "l'être suprême", selon la volonté de Robespierre et de la Convention de remplacer la religion catholique par un culte civique et Républicain. Le curé Noël, qui a pourtant juré fidélité à la constitution civile du clergé, est emprisonné, mais "40 concitoyens sont venus réclamer ma liberté, se porter caution de moi et j'ai eu ma délivrance. Mais alors on m'impose la condition de me marier", témoigne le religieux. Le mariage civil a lieu dans l'église de Puteaux. Louis-Eustache Noël épouse Marie-Madeleine Drujon, une veuve de 36 ans qui est venue s'installer dans la commune. Ils adoptent une fillette...

Le 28 juillet 1794, Robespierre est à son tour guillotiné. C'est la fin de la Terreur. Cet évènement a un écho jusqu'à Puteaux : Robespierriste déclarée, Jacqueline Barzan, la meunière de Chantecoq, est retrouvée un matin d'août 1794 pendue à une aile du moulin. Un papier est attaché à sa robe : "Ainsi périssent les ennemis du trône et de la religion". Les contre-révolutionnaires étaient-ils de Puteaux ou d'ailleurs ? Personne n'a jamais retrouvé les meurtriers de la meunière de Puteaux... En juin 1795, à la demande de citoyens putéoliens, l'église est rouverte au culte.

Une nouvelle page s'est tournée dans l'histoire du petit village de Puteaux.

A suivre...

(photo : le moulin de Chantecoq)