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Quand la ville de Puteaux se comporte comme un marchand de biens

Publié sur le blog de Christophe Grébert :

4222335463_56f680fb05Lors du conseil municipal du 10 décembre 2009, le maire de Puteaux Joëlle Ceccaldi-Raynaud a soumis aux élus la vente, à des particuliers, d'une maison appartenant à la ville (Question 15 de l'ordre du jour).

Cette maison, au 5 rue Gerhard, jouxtant l'ancien cinéma-casino de Puteaux, a été achetée par la ville en 1999 pour la somme de 416.000 euros. Puis, 7 ans plus tard, début 2006, Joëlle Ceccaldi-Raynaud annonce ce que la majorité compte en faire : une "halte-culturelle". Un budget de 542.000 euros pour son réaménagement est prévu. 3 ans passent encore, sans que les travaux ne commencent. Finalement, on apprend fin 2009 que la maison est vendue 740.000 euros. Ce bien communal, acheté en 1999, sera resté sans utilisation durant 10 ans ! Avec toutes les dépenses (d'entretien du bâtiment) et les manques à gagner (un bâtiment vide d'occupants ne produit pas d'impôts pour la commune) que cela a entrainé.

Une raison peut avoir motivé cette revente : la recherche d'argent frais pour permettre au maire UMP de continuer ses dépenses clientélistes malgré les difficultés financières.

Le groupe Alternance Puteaux, qui regroupe le Modem et les Verts, s'est abstenu sur cette délibération, estimant que la commune n'avait pas à se comporter comme un marchand de biens.

Voici le texte de mon intervention en séance :

Comment justifiez-vous l’immobilisation d’un capital public de 416.000 euros sur 10 ans ? Qu’en dit la Chambre régionale des comptes ?
En plus, votre présentation est malhonnête : vous ne dites pas, dans votre rappel, à quoi cet achat était destiné, ni pourquoi vous avez changé d’avis.
Rappelez-vous : vous aviez le projet de réaliser une maison de quartier, avec une bibliothèque et un espace jeux pour les enfants. Une bonne idée ! Cette maison jouxtant l'ancien cinéma-casino, il y avait en effet un intérêt à réaliser là un lieu culturel.
Un projet avorté encore une fois. J’observe que ce genre de situation se produit souvent à Puteaux.
Vous vous exonérez de toute responsabilité en affirmant que vous avez gagné de l’argent dans cette opération. Et vous justifiez cette immobilisation en soulignant que le produit de la vente ne sera pas grevé du droit de rétrocession. Mais nous sommes plus ici dans une logique de « marchand de biens » que dans celle de gestionnaire public d’une collectivité territoriale !
D'une part, immobiliser un capital pour rien pendant si longtemps fait prendre des risques à une collectivité. D'autre part, ces 416.000 euros dépensés en 1999, ce sont des impôts prélevés pour rien et bloqués durant 10 ans. Je suis certain que les contribuables putéoliens auraient préféré garder cette somme sur leur compte en banque. Ils en auraient eu une meilleure utilisation.
Pour ces raisons, nous nous abstiendrons sur cette opération, nouvel exemple de la mauvaise gestion de notre commune.

Christophe Grébert
Conseiller municipal MoDem de Puteaux

(Photo sur Flickr)


La ville de Puteaux en difficultés financières ?

Publié sur le blog de Christophe Grébert :

CM101209-2Que se passe-t-il à la mairie de Puteaux ? A l'occasion du dernier conseil municipal de l'année, jeudi 10 décembre, le maire UMP a présenté une modification du budget primitif 2009 (question 40 de l'ordre du jour) qui aboutit à la suppression de plusieurs millions d'euros de dépenses.
Il s'agissait de la 2e modification du budget : en septembre déjà, Joëlle Ceccaldi-Raynaud avait fait voter par sa majorité une réduction importante des investissements : la réalisation d'un nouveau Centre technique municipal remis à plus tard, la construction d’un parking rue Eichenberger retardée, des travaux d’aménagement dans la Résidence HLM Charles Lorilleux reportés...
En décembre, même chose : nous assistons à un véritable sabrage du budget prévu. Des travaux au Centre Médical, à la Halte Culturelle Jean Jaurès, au marché Chantecoq, à la Maison de la Mode sont reportés... Le projet de "Maison de Camille" est remis à plus tard, etc...

En séance, j'ai interrogé le maire sur la situation financière de la ville :

Puteaux est riche, mais nos puits ne sont pas sans fonds. La crise financière déclenchée en 2008 aurait du vous alerter. Comme nous vous le demandions l’an dernier, vous auriez pu prendre en compte cette réalité dans le budget 2009.
Aujourd'hui, dans l'urgence, vous réduisez la voilure :

- Réduction de 500.000 euros sur les dépenses de personnel. Comment cette réduction a-t-elle été rendue possible ? Le personnel paye-t-il le prix de votre inconséquence budgétaire?
- 300.000 euros d’"économisé" sur l’achat de végétaux,
- 300.000 euros de moins sur des travaux dans les locaux municipaux. Vous affirmez « les travaux ont pu être exécutés pour des montants moins élevés que prévues ». Vous aviez donc prévu très large !
- 150.000 euros de moins pour la Maison de la mode (tant que ça ?),
- 100.000 euros de moins pour une verrière au marché Chantecoq,
- 300.000 euros de moins pour des travaux sur l’ancien centre médical (sera-t-il détruit un jour pour laisser place au jardin promis ?),
- 200.000 euros de moins pour la conception de la maison de Camille.

D’autres dépenses sont reportées : 
- 400.000 euros pour la Halte Culturelle Jean Jaurès,
- 100.000 euros pour l’achat de rayonnages d’archives.

La subvention à l’EPGD est réduite de 400.000 euros.
Enfin, les indemnités d’éviction, dans le cadre des acquisitions foncières, sont réduites de 500.000 euros.

On remarque aussi une baisse de 500.000 euros sur les intérêts financiers. C’est ce que nous rapporte l’argent placé, la fameuse cagnotte que vous avait laissé votre père. De combien a-t-elle encore diminué cette année ?

Au final, avec cette 2e décision modificative, nous dégageons plus de 4 millions d’euros. Tout de même !
Vous découvrez qu’il n’est pas possible de tout faire. Vous découvrez ce que c’est de se fixer des priorités.

Mais pour Puteaux, le plus dure est à venir : la réforme de la taxe professionnelle, le transfert de charges d’entretien de La Défense, la crise immobilière et financière - qui est loin d’être terminée - mettent à mal votre politique de dépenses « sans compter ».

Les « palais », que vous avez multiplié, représentent des charges de fonctionnement et d’entretien fixes qui iront en augmentant. Ces charges vont peser de plus en plus lourdement dans nos comptes.

Cela ne vous empêche pas d’envisager de construire un nouveau « palais » - un conservatoire -. Nous vous en prions : ayez plus de modestie ; arrêtez de construire des bâtiments surdimensionnés, mal pensés, chers et peu pratiques. Vous critiquez la tour « Phare » de Jean Nouvel, mais les « palais » de la médiathèque et des sports sont-ils eux-mêmes des modèles de beauté architecturaux ? Sont-ils seulement fonctionnels ? Répondent-ils aux besoins et aux envies des putéoliens ?

Nous allons voter CONTRE cette décision modificative, comme nous avons voté contre votre budget. Nous regrettons des décisions prises dans l’urgence et l’improvisation, alors que la crise ne date pas de ces 12 derniers mois.

Nous regrettons aussi l’absence de lisibilité : un budget doit être le reflet d’une politique. Nous ne voyons pas quelle est votre politique, quelles sont vos priorités ? Vous supprimez des investissements et des charges, mais pourquoi ceux-là et pas d’autres. Selon quels critères ?

La problématique environnementale, par exemple, a-t-elle été prise en compte ? Avez-vous cherché prioritairement à maintenir la qualité de services aux habitants ? Nous ne le voyons pas. Vous ne le dites pas. Nous espérons qu’à l’occasion du budget 2010, vous rendrez lisible ces priorités. Cela s’appelle mener des politiques.

Christophe Grébert
Conseiller municipal MoDem de Puteaux


ZAC Coeur de ville à Puteaux : le logement social traîté à minima

Coeurdeville Lors du conseil municipal du jeudi 10 décembre 2009, le maire de Puteaux a présenté (Question 17 de l'ordre du jour) le bilan de la concertation et le dossier de création de la ZAC Cœur de ville. L'insuffisance de garantie en matière de logements sociaux a conduit le groupe Alternance Puteaux, qui réunit les élus MoDem et Vert, à voter CONTRE ce dossier.

Voici notre position sur ce dossier :

Il s’agit de l’achèvement du périmètre Haussmanien et la fin de l’opération d’embellissement de la Place Stalingrad et du centre-ville. Vous avez choisi, pour mener à bien ce programme, la forme de la ZAC privée. La ville n’est-elle donc pas capable elle-même de procéder à ses réaménagements ? Vous la justifiez par votre volonté de lutter contre l’habitat insalubre. Cela n’est –il pas du ressort de l’OPAH ? Ne confond-on pas trop rapidement à Puteaux habitat dégradé et habitat insalubre ?

Car mettre en route une ZAC privée n’est pas simple. Il y a des contraintes importantes. Face à ces contraintes, il y a des techniques pour les contourner : la vôtre, c’est de procéder à la création d’un établissement public. En fait, de concentrer sur la zone Bourse Emploi, Puteaux Emploi et une future « Maison du droit ». Hop, la ZAC privée est rendue possible. Si cela améliore l’employabilité des Putéoliens, tant mieux. Mais je reste intriguée par le fait que ce regroupement n’est pas mentionné dans le dossier que vous nous présentez en Conseil municipal. Pourquoi ?

Vous avez donc confié à un promoteur privé la construction de logements privés, vous réservant de votre côté l’aménagement de la place de Stalingrad et la « valorisation » des commerces du secteur.

Vous vous vantez de mener à cette occasion une politique sociale exemplaire par la construction de 15% de HLM sur ce quartier nouveau. Puis-je me permettre de vous rappeler qu’il ne s’agit pas de votre volonté, mais d’une obligation légale, à laquelle vous souscrivez a minima : vous auriez pu choisir d’en faire 18 ou 20%  en finançant la différence à partir de simples économies de gestion de la ville (ou en affectant le produit de la vente d’une maison dont vous avez immobilisé le capital et payé l’entretien pendant plus de 10 ans – cf question N° 15). Vous nous dites que l'opérateur privé n'aurait pu rentabiliser son affaire au delà de ce seuil : quels intérêts défendons-nous ?

Cela fera au total 39 logements sociaux, dispersés dans l’îlot résidentiel, ce qui est bien sur le principe, mais très insuffisant en nombre au regard des familles et des personnes âgées qui seront expropriées. Car, dans une ZAC privée, le maire ne fait pas le « sale travail » : il le fait faire par le promoteur privé ! A cette observation, vous répondez que ce n’est pas « votre problème, mais celui du promoteur ». C’est une réponse un peu légère pour un maire ayant un mandat national de député et se proclamant résolument sociale. Je ne peux m’empêcher de penser aux propriétaires de la ZAC Charcot (au nord des Bergères) qui sont dans la même situation : vous avez délégué à l’EPAD le droit d’exproprier vos habitants. L’EPAD le fait avec l’humanité qu’on sait. Nous avons tous les jours des courriers de propriétaires consternés que nous vous prions publiquement, Madame le maire, de protéger désormais.

Vous ne pouvez vous désintéresser du relogement des personnes de la ZAC Cœur de Ville. Ce serait d’autant plus malhonnête que vous passez votre temps à présenter cette opération comme un modèle de politique sociale !

L’embellissement d’une ville est louable. Renforcer l’attractivité commerciale d’un quartier aussi. Mais ce que vous proposez est loin d’être une révolution copernicienne. La surface attribuée au commerce de proximité reste sensiblement la même, vous ripolinez les devantures, vous faites appliquer une charte des commerces sans stratégie ni politique d’identité commerciale…  Tout près de La Défense, en l’absence d’une politique d’urbanisation commerciale explicite, vous vous contentez de retoucher le décor… C’est un peu court.

Par ailleurs, les « Haussmaniens » attendent de vous des réponses claires sur les hauteurs d’alignement de la zone et la réalité d’une percée verte évoquée dans l’opération. Dans votre présentation, vous n’en dites pas grand-chose, si ce n’est que  « les remarques enregistrées concernent principalement les hauteurs des futurs bâtiments… ». On fera quoi, Madame ? En tant que Présidente de l’EPAD, vous savez qu’on ne peut (c’est au moins la pensée officielle) échapper à la « densification ». En tant que maire de Puteaux, vous esquivez la question. Quelle casquette va l’emporter ? Moi, je le dis aux Haussmaniens : la trouée verte promise, ce sera une ouverture par des grilles sur un jardin intérieur. La hauteur des immeubles ? Plus probablement 5 à 6 étages que les 3 initialement promis…

Madame, vous vous présentez souvent comme une gestionnaire et une femme de cœur. Vous donnez volontiers des leçons de compassion. Pas plus tard que ce jour, vous nous annoncez consacrer votre réveillon aux plus démunis. Allez donc jusqu’au bout, Madame, de la transparence, de la vérité et de la justice. Il y a des pauvretés qui ne rapportent rien, si ce n’est la satisfaction personnelle d’avoir fait son devoir.

Sylvie Cancelloni
Conseillère municipale MoDem de Puteaux


Revue de Presse : 250 euros de cadeaux pour les élus de Puteaux

Publié sur le blog de Christophe Grébert :
Leparisien141209

Le Parisien des Hauts-de-Seine, dans son édition de lundi 14 décembre 2009, évoque les cadeaux de fin d'année offerts aux élus de Puteaux pour un montant de 250 euros ! Une information publiée en premier sur MonPuteaux.com.

J'ai protesté en conseil municipal contre cette dépense inutile et provocatrice en temps de crise.
J'ai décidé de redistribuer ces cadeaux à des Putéoliens. Pour le chocolat et l'agenda, c'est fait. Je réfléchis à la manière dont je pourrais le faire pour la "carafe en cristal". Peut-être une vente aux enchères, avec reversement de l'argent récolté à une association... Qu'en pensez-vous ?
Christophe