
Une première réunion publique sur le projet de réaménagement de la "Rose de Cherbourg" s'est tenue lundi à Puteaux. De nombreux habitants du quartier y ont participé, ainsi que des représentants de l'opposition : Modem et PS.
Un long processus s'engage : entre la concertation publique, les études de maîtrise d'oeuvre (2013) et le dépôt du permis de construire (2014), l'EPADESA envisage un début de chantier en 2016, pour une livraison pas avant 2020.
La concertation devra être sincère, prévient l'opposition municipale, qui émet des craintes sur le financement d'un projet qui repose... sur la construction de nouvelles tours de bureau.
La concertation s'engage
4 ateliers avec le concours de Defacto (l'établissement public de gestion du quartier de La Défense) et de la mairie de Puteaux auront lieu à 18 heures, les 12 novembre (Auditorium de la Médiathèque), 20 novembre (Tour Défense 2000, salle panoramique), 29 novembre (Auditorium de la Médiathèque), 17 décembre (lieu à fixer ultérieurement). Une exposition publique sera visible du 17 décembre au 28 février 2013 à la mairie de Puteaux et au siège de l'Epadesa.
Le projet reste à priori ouvert (source : www.defense-92.fr) :
Considéré
comme un atout à sa création la "Rose de Cherbourg", échangeur entre
le boulevard circulaire, l'entrée de 1'A14, l'avenue du Général de
Gaulle (la N 1013) et la D 913 est aujourd'hui un point noir de La
Défense. Cette très grande infrastructure construite au début des années
70, pour permettre la réalisation du boulevard circulaire dans sa partie
sud, va être entièrement réaménagée.
Dans les premiers projets
envisagés dès 2008 par l'EPADESA (alors EPAD), comme celui de
l'architecte et urbaniste Roland Castro, il était
envisagé de le supprimer pour remettre à plat le circulaire et créer un
carrefour urbain. Ce scénario est aujourd'hui écarté pour de multiples
raisons : son coût très important et les difficultés techniques,
l'ouvrage fait de béton précontraint est construit au-dessus de routes
empruntées et des voies du Transilien et du Tramway T2.
Parmi les 4 autres
pistes envisagées : Le maintien de l'échangeur avec la création d'une
tour au niveau des immeubles Pascal et Voltaire ; La démolition totale
de tous les viaducs et le passage en souterrain du circulaire. ; la
seule sauvegarde du passage du circulaire et la démolition des
bretelles et de l'échangeur et enfin la solution vers laquelle
l'établissement devrait s'acheminer le maintien du circulaire en aérien
et la transformation du reste de l'échangeur en jardin suspendu. Les
ingénieurs de l'établissement comparent leurs idées à celles qui ont pu
être réalisées dans de grandes villes du monde comme à Paris avec la
rue Daumesnil ou passait la ligne jadis la Petite Ceinture.
En lien avec tous ces
scénarios l'EPADESA projette la construction de un ou deux bâtiments de
grande hauteur pour financer le réaménagement du secteur à savoir la
tour "Rose" située entre les immeubles Pascal et Voltaire et la seconde
"Frange" projetée sur la rue des Michets Petray, le long des Quatre
Temps. Cependant aucun usage, hauteur et aspect de ces projets ne sont
pour le moment déterminés. L'aménageur y verrait bien des projets
mixtes mêlant logements, bureaux et hôtels.
Un grand parc de 2 ha en
continuité des squares existants verrait le jour pour venir border les
immeubles d'habitations du quartier Boieldieu. La tour Défense 2000, les
résidence Défense, Boieldieu et Louis Pouey seraient ainsi au pied
d'espaces verts.
Tandis que de l'autre côté
de l'avenue du Général de Gaulle (la N 1013), serait construite la
partie minérale avec les deux nouvelles tours accompagnées de commerces
et services pour améliorer l'accès vers le centre commercial des
Quatre Temps par la place des Degrés.
Les piétons pourraient
traverser l'avenue du Général de Gaulle directement grâce à de nouveaux
passages piétons ou en utilisant les viaducs réaménagés en jardins
suspendus.
L'opposition municipale émet des craintes
Pour financer ses aménagements publics, l'EPADESA vend des droits à construire, essentiellement des m2 de bureau. Le projet de réaménagement prévoit donc l'intégration de nouvelles constructions dans cet espace. C'est essentiellement ce point qui inquiète les membres de
l'opposition, ainsi que les habitants de cet espace et ses riverains.
Ils redoutent une densification de cette zone avec une augmentation des
nuisances pendant la période des constructions et au-delà du fait de la
présence des constructions réalisées.
Claudine Viard, membre du Modem de Puteaux, le souligne sur le site des démocrates de La Défense :
"Quelle doit être la destination des futurs immeubles pour garantir
l'animation et la sécurité dans le quartier concerné et abonder le
budget de l'établissement public ? Encore plus de bureaux ou des
habitations, ou des immeubles à usage mixte ? Une hyper spécialisation
de l'espace ou au contraire une mixité d'usages facilitant son
utilisation régulière et favorisant son animation constante et la
sécurité des usagers ?
Alors que le conseil municipal
de Puteaux s'est déjà prononcé favorablement, la concertation permet aux
citoyens de s'exprimer sur le projet. Cette concertation intervient en amont du processus, alors que le plan
local d'urbanisme permet la réalisation de constructions élevées sans
toutefois les autoriser individuellement, les permis de construire
éventuels seront accordés plus tard. Lors de la concertation, des
options restent ouvertes.
Une concertation se distingue d'une enquête d'utilité publique
préalable à la délivrance d'un permis de construire d'un immeuble dont
les caractéristiques sont déjà fixées. Aujourd'hui, en principe, rien
n'est encore irréversible. Le projet présenté est encore vague. Ceci
tient à la nature même de la concertation. Espérons que l'Epadesa est
sincère quand il lance la concertation prévue par le code de l'urbanisme
et que rien n'est effectivement définitif. C'est pourquoi, il serait
bon que les citoyens se saisissent de l'occasion qui leur est donnée de
s'exprimer et éventuellement de critiquer le projet tel qu'il apparaît
aujourd'hui, notamment avec ses tours de plus de 110 mètres et les
risques de circulation accrue".
Sylvie Cancelloni, élue du groupe Alternance Puteaux, appelle les résidents du quartier à s'investir dans la consultation lancée par l'EPADESA :
"-
Veiller à ce que le maire de Puteaux tienne les engagements pris auprès
des résidents en 2009, et les accompagne, avec les services de
l’urbanisme, pour défendre leurs intérêts, tant sur les tours de bureaux
(la tentation pourrait être forte d’en faire plus que dans le projet
initial, et plus haut) que sur les nuisances d’un chantier qui durera
des années (les résidents HLM des Platanes supportent tous les samedis
les mêmes bruits qu’en semaine, et il s’agit d’un chantier plus
modeste).
- Obtenir des garanties écrites à chaque avancée,
sachant que les promesses n’engagent que ceux qui les donnent et qu’il
est indispensable de les formaliser au plus précis.
En Conseil
municipal, le maire a promis de donner la plus grande publicité à cette
consultation. L’opposition y veillera aussi et sera présente à chacune
de ses étapes".
Cette concertation est également suivie par Nadine Jeanne, élue PS de Puteaux.
(PHOTO : www.defense-92.fr)
Madame, Monsieur,
Depuis plus de 1978 je viens régulièrement sur Puteaux et depuis 10 ans j’y réside. J’ai vu évoluer cette ville tant sur la partie La Défense que centre ville. Depuis quelques années, le cœur de ville est enfin redevenu une priorité à l’égal du poumon économique de la ville qu’est La Défense.
Depuis peu je m’étonne d’une nouvelle politique de stationnement envers les deux roues motorisés. De nombreuses contraventions sont apposées sur des 2 roues qui, s’ils étaient sur Paris, n’auraient donné lieu à aucune contravention du fait du respect de la place laissée aux piétions (largeur de trottoirs), critère de tolérance communiqué et admis par la Mairie et la Préfecture de Police de Paris.
Comme vous le savez, le nombre de stationnements 2 roues est anecdotiques. Il y a un décalage énorme entre les places proposées et la réalité (avez vous procédé à un sondage urbain ?). Le meilleur exemple est celui face à l’église, proche de la Mairie. Moins de 10 places pour une trentaine de 2 roues sur cette zone chaque jour (garés sur le trottoir au passage) ! La politique de répression est, pour avoir discuté avec les agents municipaux, totalement incohérente et sujette à caution. La ville tolérant tels ou tels trottoirs mais pas un autre sans critères précis, sans indication pour les conducteurs. Visiblement le critère choisi est trottoirs neufs versus abîmés, les neufs étant interdits ! C’est absurde, dangereux pour les piétons et incompréhensible pour les conducteurs de 2 roues. Des critères rationnels sont pourtant évidents : la largeur du trottoir (pour laisser passer une poussette ou un fauteuil roulant), le respect des bâtiments (côté rue plutôt que côté habitation pour limiter la nuisance sonore), le respect des ouvrants (portes d'immeuble, de garage...), le respect des accès pompiers (pour information l'un d'entre eux était toléré pas votre police municipale).
Je rappelle que les conducteurs de 2 roues ne sont pas que des ados indisciplinés. Ce sont aussi des électeurs-consommateurs, qui de part leur autonomie sont vitaux pour les commerces de centre ville. Ces électeurs sont des consommateurs immédiats et récurrents qui participent à l’économie de la ville. S’ils ne peuvent plus se rendre dans cette ville, ils iront ailleurs ayant une liberté de mouvement avérée.
Aussi s'il est essentiel d’avoir une politique du « 2 roues » pour une ville, celle-ci doit se faire dans le respect de chacun : piétons, conducteurs de deux roues, commerçants.... A aucun moment il ne faut oublier que ces conducteurs sont aussi des électeurs, des résidents (propriétaires ou/et locataires) et qu’il est dangereux de faire une politique répressive arbitraire auprès d’une partie de ses concitoyens. Il serait dommage de voir sanctionner les décisions d'un conseil municipal pour cela. Je vous demande donc s’il est possible que vous suspendiez cette politique répressive, que vous lanciez un vrai débat constructif afin qu’une solution intelligente soit mise en place : une charte définissant les critères de tolérances, une politique de déploiement de zones de stationnement deux roues en surface car si les parkings sous-terrains peuvent être d’excellentes solutions pour les stationnements longues durées résidentiels (espaces privés réservés aux deux roues), le risque est trop grand pour les courtes durées car les revêtements sont glissants pour les deux roues ce qui n’incite pas les conducteurs à les utiliser. J'ai moi-même fait une chute dans un parking de ce type un jour de pluie quand je retirais le ticket alors que j'étais à l'arrêt. Faire de Puteaux une ville "remarquable" sur cet aspect ne pourrait qu'être profitable à son image de marque dans une région où les conducteurs de 2 roues sont nombreux. Il serait d'ailleurs souhaitable, si une telle charte était créée, qu'elle soit cosignés par une association de motard ou une mutuelle afin d'en faire une référence voir une "signature" à l'image des villes fleuries...
Vous remerciant par avance de prendre en considération mon courrier qui doit aujourd'hui être le reflet de nombreux concitoyens,
Bien sincèrement,
Christophe Lecomte
D'AUTRES CONTRIBUTIONS SUR LE SUJET DANS LA RUBRIQUE STATIONNEMENT A PUTEAUX
(photo : Flickr)