Cinema Flux

Le cinéma municipal de Puteaux confié à... UGC. Le loup est dans la bergerie

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Depuis le mois de septembre, le cinéma "Le Central" est géré directement par la ville. La municipalité a rompu la convention avec l'exploitant indépendant qui dirigeait ce cinéma communal depuis son ouverture en 2009. La fréquentation n'était pas au RDV, selon la mairie.
La ville a aussitôt confié la programmation du Central à... UGC. Résultat, la mairie est fière d'annoncer que cette semaine nous pourrons y voir le nouveau James Bond, Paranormal Activity 4 et le dernier Astérix&Obélix ! Mais un cinéma subventionné doit-il se contenter de présenter les films commerciaux du moment ?

Lors du conseil municipal du 6 juillet 2012, la majorité municipale a voté la résiliation de la convention qui liait la ville à l'exploitant du "Central" (question 6 de l'ordre du jour). Voici mes explications sur ce dossier :

Avec beaucoup de retard, en février 2009 le cinéma, installé au palais de la médiathèque ouvrait ses portes. C’était le retour d’un ciné dans une ville qui n’en avait plus depuis les années 70. Son exploitation est alors confiée, avec un contrat d’affermage de 8 ans, à une société spécialisée dans l’exploitation de salles.

Le bilan de la première année d’activité, transmis aux élus en décembre 2010, montrait la difficulté à réimplanter un cinéma dans une commune et la politique volontariste que cela implique : le Central a attiré 35.000 spectateurs en 2009 et 45.000 en 2010. Depuis les chiffres progressaient encore, le cinéma multpliant les évènements : soirées spéciales, festivals, etc... 

Conformément à la convention, afin de compenser une fréquentation régulièrement en hausse mais encore insuffisante pour équilibrer les comptes de l'exploitant, la ville lui a versé chaque année 160.000 euros de subvention.

Alors que durant toute cette période, la municipalité exprimait sa pleine satisfaction, voilà que soudainement, rien ne va plus. Le rapport soumis aux élus en juillet 2012 est très critique : les recettes sont inférieures aux prévisions, la programmation manquerait de dynamisme et les films à succès sont programmés avec retard. La majorité décide donc de résilier "à l’amiable" la convention et de reprendre le cinéma en régie direct.

Quel est le rôle d'un cinéma communal ?

Selon moi, un cinéma municipal, co-financé par l'argent public, doit offrir aux spectateurs des prix plus bas que les grands complexes. Il doit aussi proposer une programmation originale, donc ne pas se contenter de diffuser les films commerciaux qui passent partout. Il doit rechercher la complémentarité. Viser un public différent aussi peut-être. Celui qui ne va plus au cinéma (trop cher, trop loin, trop tarte).

La démesure architecturale du "palais de la médiathèque" empêche toute rentabilisation de ce cinéma... programmation commerciale ou pas. Alors autant faire le choix de la qualité.

Il y a 4 ans, la mairie expliquait d'ailleurs que l'ouverture du Central permettrait de se démarquer des cinémas de Paris et de La Défense. Or, depuis septembre, la ville a fait appel à UGC pour assurer la programmations de son cinéma. UGC qui a tout fait pendant 4 ans pour nous empêcher d’avoir les films en 1ère semaine de sortie nationale. Les tribunaux ont déjà été saisis dans d'autres communes : UGC combats les cinémas indépendants. Peut-on croire qu’UGC fera autrement à Puteaux ? Le loup est dans la bergerie.

UGC proposera "un large choix de films adaptés à la Ville de Puteaux", promet la mairie. Il faudra qu’on nous explique ce qu’est un film "adapté à Puteaux" ? Le programme de cette semaine, annoncé sur le site de la mairie, nous en donne peut-être une idée :

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Le maire UMP de Puteaux veut faire interdire le film "Tout ce qui brille"

AVERTISSEMENT : CETTE NOTE ÉTAIT BIEN ENTENDU UN POISSON D'AVRIL. 2 INDICES POUVAIENT VOUS LE FAIRE DEVINER. LESQUELS ?

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Ci-dessus, une scène du film, tournée en réalité à Gennevilliers

Joëlle Ceccaldi-Raynaud ne décolère pas ! La député-maire UMP de Puteaux remue ciel et terre depuis 2 semaines pour faire interdire le film "Tout ce qui brille", une comédie à succès réalisée par Géraldine Nakache. Née à Puteaux, cette dernière s'est inspirée de sa vie à Lorilleux, une cité HLM de la commune, pour écrire cette comédie.

Qu'est-ce qui choque tant Joëlle Ceccaldi ? Pas le scénario, mais les images... Les scènes censées se dérouler à Puteaux ont en fait été tournées pour l'essentiel à Gennevilliers ! "Qu'on puisse faire croire aux spectateurs que notre belle ville de Puteaux ressemble à cette commune communiste, aux trottoirs dégoutants et aux murs décrépis est inconcevable pour le Maire ! C'est l'image de Puteaux qui est salie", déclare, sans emphase, son attaché de Presse.

Au début, la production de "Tout ce qui brille" a pris les choses à la légère : "Madame le Maire découvre qu'au cinéma tout n'est pas exactement comme dans la réalité !". Mais l'inquiétude gagne aujourd'hui l'équipe du film. Joëlle Ceccaldi-Raynaud, forte de son mandat parlementaire, a en effet obtenu un rendez-vous chez le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand. Elle devrait être reçue rue de Valois à la fin de la semaine.

Consciente que la censure totale d'un film serait difficile à obtenir, elle réclame à présent qu'un message soit ajouté au début du générique pour préciser que les scènes n'ont pas été tournées à Puteaux. Les avocats de la mairie étudieraient une action en référé. Pour le diffuseur de "Tout ce qui brille", cela signifierait le retrait de tous les bobines dans les salles pour y ajouter l'avertissement. Un manque à gagner énorme ! "C'est la première fois qu'une chose pareil nous arrive", se lamente Loïc Carpe, le responsable de la production.

Ci-dessous, la véritable cité Lorilleux à Puteaux

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AVERTISSEMENT : CETTE NOTE ÉTAIT BIEN ENTENDU UN POISSON D'AVRIL. 2 INDICES POUVAIENT VOUS LE FAIRE DEVINER. LESQUELS ?


Sortie au cinéma de "Tout ce qui brille" tourné à Puteaux

19252522 Lila et Ely habitent à Lorilleux, un quartier HLM sur les hauteurs de Puteaux. Le jour, elles font des petites boulots au centre commercial des 4 temps. La nuit, elles sortent à Paris et rêvent de faire partie de ce monde de paillettes, avec toutes ces femmes si jolies et si grandes et ces hommes si princes charmants ! Quand on les ramène chez elles en voiture, pour ne pas avoir la honte de dire qu'elles habitent en banlieue, elles se font déposer à Neuilly et rentrent à pied, en traversant au petit matin le parvis de La Défense désert. Mais rapidement, les 2 amies découvrent que ce monde show-bizz n'est pas vraiment fait pour elles et que derrière le décor tout est loin d'être rose. Face à cette découverte, leur amitié tiendra-t-elle le choc ?

Dans son film "Tout ce qui brille", sorti en salle aujourd'hui, Géraldine Nakache s'inspire de sa propre histoire à Puteaux.

Quelques aspects de notre commune y sont évoqués, comme le père, chauffeur taxi, qui semble pouvoir obtenir très facilement un HLM pour sa fille "avec la vue que tout Puteaux nous envie" ou bien lorsqu'une copine aide l'héroïne à déménager avec une camionnette de la mairie. 

Pour l'anecdote, si plusieurs scènes ont été filmées à Puteaux (notamment à la sortie des 4 Temps et au bar du Capri, avenue Charles de Gaulle), les prises de vues de l'immeuble où les 2 copines habitent ont été tournées non pas à Lorilleux mais à Gennevilliers ! Par ailleurs, on notera une grosse incohérence : la traversée à pied par les filles du pont de Neuilly a été filmée au pont de Suresnes. Ce qui permet d'avoir toute la skyline de La Défense au second plan. Autre clin d'oeil : dans l'histoire, le cinéma des 4 Temps est un Pathé (qui distribue le film), alors qu'en réalité il s'agit d'un UGC.

"Tout ce qui brille" est une sympathique comédie que je vous recommande. Certains Putéoliens s'y reconnaîtront.


Tout Ce Qui Brille - Bande Annonce
envoyé par lilaetely