Chauffage urbain Flux

La mairie de Puteaux décide de chauffer un "éco-quartier"... au fioul !

ZAC_des_bergeres_hd_referenceLors du conseil municipal de Puteaux du jeudi 3 juillet 2013, la majorité UMP a décidé de confier le marché du chauffage urbain du nouveau quartier des Bergères au  Sicudef (Syndicat mixte de chauffage urbain de la Défense), autrement dit à la société de chauffage Enertherm, dont les chaufferies fonctionnent au fioul et au gaz. La ZAC des Bergères est pourtant présentée depuis le début comme un "éco-quartier". Présentation trompeuse !
Le chauffage et l'eau chaude des 182.000 m2 de logements, de commerces et d'équipements publics prévus aux Bergères ne seront donc en rien "écologiques", ni même économiques.

Au conseil municipal, le groupe "Puteaux Pour Vous", associé à Europe Ecologie les Verts, a défendu un autre projet. Voici le texte lu en séance :

La transition écologique est un passage obligé pour construire la ville de demain.

Grâce à des bâtiments sobres, des productions locales d’énergies renouvelables, les Éco-quartiers limitent leur empreinte carbone et font fructifier une écologie urbaine bénéfique à la biodiversité. La création d’un réseau de chaleur est la solution la plus adaptée pour atteindre ces objectifs en répondant à la fois aux besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire.

Pour l’écoquartier des Bergères, le choix se porte sur le SICUDEF. D’où vient l’énergie alimentant son réseau de chaleur ? Le mix énergétique issu des 2 centrales SICUDEF provenait en 2012 à 34% du fioul lourd et à 66% du gaz naturel, la part du fioul étant en hausse par rapport à 2011. Ce mix induit un contenu de 280 gCO2eq par kWh vendu (moyenne entre fioul et gaz). A titre de comparaison la géothermie induit un contenu de 55 gCO2eq/kWh et la combustion des ordures ménagères 0 gCO2eq/kWh.

Les combustibles fossiles sont à l’avenir amenés à poser plusieurs types de problèmes. Outre la question des émissions, celle de la dépendance énergétique se pose aussi car la totalité de ces combustibles sont importés. Il est très probable que le fioul lourd soit de plus en plus consacré à la demande de diesel, ce qui en augmentera le prix (pour une simple question d’offre et de demande). La facture des ménages putéoliens reliés à ce réseau de chaleur augmentera donc également.

A contrario la biomasse utilisée dans une chaufferie à bois est l’énergie phare de la lutte contre l’effet de serre.
Le sous-sol de l’Ile-de-France se prête aussi particulièrement à l’exploitation de la géothermie. Il s’agit d’un moyen peu coûteux de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre qui devrait être, tout comme la biomasse, la priorité de toute politique publique de développement des réseaux.

La demande énergétique a-t-elle été chiffrée ? Une étude a-t-elle été faite pour étudier les solutions alternatives ? Création d’une chaufferie bois, exploitation de la géothermie, incinération des ordures ménagères... D’autres idées que la simple solution de facilité ont-elles été envisagées ?

Nous aurions pu répondre à l’appel à projet lancé conjointement par l’ADEME et le Conseil régional d’Ile-de-France pour des plateformes régionales biomasse énergie et participer ainsi aux objectifs de réduction régional et national.

Nous nous abstenons donc sur cette délibération, qui ne donne aucune possibilité de mise en concurrence, et qui ne répond absolument pas aux nécessités de l’avenir.

LIRE LA DÉLIBÉRATION SOUMISE AU VOTE : Téléchargement Ecoquartier.pdf

Etrange décision de la part du maire UMP de Puteaux ? Rappelons que la société Enerthem, qui a le monopole du chauffage de la Défense, est au centre depuis 12 ans d'une affaire d'attribution de marché arrangée, dans laquelle le père du maire de Puteaux, ancien président du Sicudef, est mis en examen. La maire de Puteaux est elle même entendue comme témoin. C'est ainsi que le juge d'instruction chargé de l'enquête a découvert un compte au Luxembourg au nom de Joëlle Ceccaldi et contenant plusieurs millions d'euros.


Le syndicat du chauffage de La Défense dirigé par un ancien directeur général de la ville de Puteaux

Sicudef_largeChristian Ollivier n'a pas tout à fait quitté Puteaux. Directeur général des services de la ville de Puteaux de 2005 à 2010, il assure désormais la direction du Sicudef (syndicat Mixte de Chauffage Urbain de La Défense).

Ce syndicat gère tout le marché du chauffage et de la climatisation du quartier d'affaires de La Défense. Il est le concédant de la centrale thermique Enertherm (ex-Climadef). C'est ce marché qui est à l'origine de l'enquête toujours en cours au tribunal de Nanterre portant sur de possibles commissions occultes. Une affaire relancée l'an dernier par des révélations du Canard enchaîné sur les comptes de Joëlle Ceccaldi dans des paradis fiscaux. Dans cette affaire, son père, Charles Ceccaldi-Raynaud, ex-président du Sicudef, est mis en examen pour favoritisme, recel d'abus de biens sociaux et corruption passive.

Présidé par le maire de Courbevoie, le conseil d'administration du Sicudef a notamment pour membre Vincent Franchi, le fils du maire de Puteaux.

Christian Ollivier, outre la gestion des rapports entre les collectivités et la société qui gère les chaufferies du secteur, a lancé au début de l'année un appel d'offres pour la rénovation des 250 m2 de locaux du syndicat dans la tour Eve.


Vincent Franchi, le fils de Joëlle Ceccaldi, entre au syndicat du chauffage de La Défense

41761_1017791343_4253_nEn plein scandale sur les millions d'euros de Joëlle Ceccaldi-Raynaud dans des paradis fiscaux déclenché par un article du Canard Enchaîné, L'Express révèle à son tour que Vincent Franchi, le propre fils de la député-maire UMP de Puteaux, a été récemment désigné par la majorité UMP du conseil général des Hauts-de-Seine administrateur du Sicudef, le syndicat qui gère tout le marché du chauffage du quartier d'affaires de La Défense. C'est ce marché qui est à l'origine de l'enquête en cours au tribunal de Nanterre portant sur de possibles commissions occultes.
Dans cette affaire, Charles Ceccaldi-Raynaud, le père de Joëlle Ceccaldi, est mis en examen pour favoritisme, recel d'abus de biens sociaux et corruption passive. En août, Joëlle Ceccaldi a été entendue comme témoin assisté par le juge d'instruction, juste avant que ce dernier ne fasse l'objet d'une "promotion"... à Tahiti !
Vincent Franchi, administrateur du Sicudef à la suite de son grand-père et de sa mère, peut maintenant directement veiller au grain de ce juteux marché.

A LIRE SUR LE SITE DE L'EXPRESS

Il me semble tout à fait scandaleux que la majorité UMP du conseil général des Hauts-de-Seine désigne au poste d'administrateur du Sicudef le petit-fils de l'ancien président mis en examen dans une enquête en cours portant sur des malversations au sein de ce syndicat et le fils d'une autre administratrice entendue par les juges dans cette même affaire. La présomption d'innocence n'empêche pas la morale et la prudence politiques. L'UMP du 92 manque visiblement de tout cela. Même si la plupart des gens sont blasés par ces comportements, pour ma part cela continue de me choquer profondément.
Christophe Grébert

(photo : facebook)


Le député-maire UMP de Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, a déposé des millions d'euros dans des paradis fiscaux

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Dans son édition de mercredi 19 octobre 2011, le Canard Enchaîné consacre un long article à Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Selon l'hebdomadaire, la député-maire UMP de Puteaux, présidente de l'EPADESA (l'établissement public qui gère le quartier d'affaires de La Défense) a possédé jusqu'en avril 2009 des comptes au Luxembourg et dans des paradis fiscaux sur lesquels ont été déposés au moins 4 millions d'euros. En 2009, ces comptes ont été brusquement fermés et l'argent a disparu.

En août dernier, révèle le Canard, Joëlle Ceccaldi-Raynaud a été entendue comme témoin assisté par Richard Pallain, juge d'instruction de Nanterre chargé de l'enquête sur les malversations financières liées à l'attribution du marché du chauffage de La Défense.
Charles Ceccaldi-Raynayd, lui même mis en examen dans ce dossier, accuse sa fille d'avoir touché des commissions occultes lors de l'attribution de ce marché. En septembre 2010, le juge a lancé une commission rogatoire au Grand Duché. Il en ressort que Joëlle Ceccaldi-Raynaud a effectivement ouvert un compte au Luxembourg en 1996 sur lequel ont transité d'importantes sommes via des paradis fiscaux. En 2005, le compte contenait plus de 4 millions d'euros. Ces comptes portaient également les noms de ses enfants, Emilie et Vincent Franchi.
Mais en avril 2009, les comptes sont brusquement fermés et l'argent est "transféré vers une destination inconnue", écrit le Canard.
Devant le juge, Joëlle Ceccaldi-Raynaud a nié que cet argent provenait de commissions occultes. Selon elle, il s'agit de "fonds qui se trouvaient en Suisse et qui appartenaient à sa grand-mère". Ce que Charles Ceccaldi-Raynaud, bien décidé à torpiller la défense de sa fille, a démenti au juge, déclaration de succession à l'appui. Selon Charles Ceccaldi, sa fille n'a pas touché un tel héritage. L'origine de cet argent resterait donc mystérieuse.
L'enquête judiciaire en reste là pour l'instant... car le juge Pallain a été muté le mois dernier du tribunal de Nanterre à... Tahiti !
Contacté par un journaliste du Canard, la député-maire UMP de Puteaux a refusé de répondre à ses questions.

A suivre...

Lire mon dossier sur cette Affaire du chauffage urbain de La Défense.

La dépêche AFP sur les révélations du canard.
L'article du Parisien des Hauts-de-Seine.
Un article sur Mediapart.

Ces accusations sont gravissimes. En tant que citoyen et conseiller municipal de Puteaux, je suis particulièrement choqué par ces révélations. Surtout que celles-ci ne sont peut-être qu'une petite partie de la réalité.
La justice doit aller au bout de son enquête. Toute la lumière doit être faite. Et si des élus ont commis des malversations, ils doivent en répondre. Je suis pour ma part favorable à l'inéligibilité définitive des élus condamnés pour ce type de faits.

"Il faut nettoyer les écuries d'Augias" du 92, avait dit Patrick Devedjian lors de sa 1ère élection à la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine. Ce travail reste visiblement à faire. A Puteaux nous sommes malheureusement bien placés pour le savoir.
Christophe Grébert