Invité du Grand Rendez-vous Europe1-Le Parisien-Aujourd'hui en France, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a indiqué qu'il était aussi «possible» que les 9 représentants de l'Etat au conseil d'administration de l'EPAD «ne participent pas au vote» du 4 décembre ; conseil lors duquel Jean Sarkozy doit être nommé à la place de Patrick Devedjian à la tête du plus grand pôle d'affaires européen.
«J'observe que dans le passé, il est arrivé que les représentants de l'Etat ne prennent pas part au vote de cette élection. Donc, par souci de clarté et de transparence, on peut très bien imaginer que les représentants de l'Etat ne participent pas au vote», a déclaré le porte parole du gouvernement. Il a aussitôt ajouté «mais c'est aux ministres compétents de décider».
Il démontre ainsi qu'il s'agit bien d'une "nomination" et pas d'une "élection", puisque ce sont "les ministres qui décident".
9 fonctionnaires représentant 4 ministères (Culture, Economie, Intérieur, Equipement) siègent à ce conseil d'administration, aux côtés de 9 représentants des collectivités territoriales : 1 de la région Ile-de-France, 2 pour les Hauts-de-Seine, 1 pour Paris, 1 pour Nanterre, 1 pour Puteaux, 1 pour Courbevoie, 1 pour le STIF et 1 pour la Chambre de commerce et d'insdustrie.
Même si les 9 fonctionnaires ne participent pas au scrutin, l'élection de Jean Sarkozy reste cependant assurée. En effet sur les 9 représentants des collectivités :
- 4 sont de l'UMP (les 2 représentants du 92 : Patrick Devedjian et Jean Sarkozy lui-même + les maires de Puteaux et de Courbevoie),
- 2 sont du PS (le représentant du Stif et celui de la région),
- 2 sont du PC (le maire de Nanterre et l'administrateur représentant Paris),
- Enfin le dernier, Claude Leroi, est le président de la chambre de commerce et d'industrie des Hauts-de-Seine. Ce dernier est un ancien conseiller municipal délégué de Nicolas Sarkozy à Neuilly-sur-Seine !
En demandant aux fonctionnaires de ne pas participer au scrutin, Nicolas Sarkozy pense échapper, à bon compte, à l'accusation de "nomination" de son fils à un poste très important dans le futur dispositif du "Grand Paris". A bon compte, puisque son fils cadet conserve malgré tout une majorité au sein du conseil d'administration. Le "vote" de Claude Leroi, qui est un proche de Nicolas Sarkozy, ne constitue pas un suspens. Jean Sarkozy sera "nommé" par 5 voix contre 4, au lieu de 14 voix contre 4, voilà tout.
Christophe Grébert
Quelques autres articles lus ces derniers jours sur Jean Sarkozy et La Défense :
- La Défense est-elle dans le 92 ? ou du Grand-Paris au Grand-Monopoly, sur le blog ParisBanlieue,
- Jean Sarkozy à l'EPAD : "élection" ou "nomination" ?, dans Le Monde,
- Jean Sarkozy et ses amis "légitimistes", par Backchich TV.
(photo : archive Flickr)


