Lu sur www.grebert.net :
Depuis un peu plus d'un an, je suis "conseiller du salarié" dans le département des Hauts-de-Seine. J'assiste (bénévolement) des salariés lors de leur entretien préalable au licenciement. Mon rôle consiste, pour l'essentiel, à réaliser un compte rendu fidèle et complet de l'entretien. Celui-ci pourra servir ensuite au salarié pour les négociations et éventuelles procédures qui suivront le licenciement.
Au cours de cet entretien préalable, l'employeur doit exposer les motifs qui pourraient l'amener à décider la rupture du contrat. Il doit n'en omettre aucun. De son côté, l'employé doit pouvoir exposer ses propres arguments. L'objectif théorique de cet entretien est de chercher à résoudre le conflit et à trouver une solution alternative au licenciement. Ce n'est malheureusement jamais l'intention de l'employeur, qui le plus souvent a monté un dossier à charge contre son employé.
Ce dossier, j'ai souvent eu l'impression qu'il était destiné à "assommer" le salarié et à empêcher de sa part toute objection.
Mon opinion est que patrons et salariés ne sont pas liés ad vitam eternam : la rupture de contrat doit être évidement possible... Mais il faut que cette rupture se fasse correctement, sans humiliation et en en compensant les conséquences morales, professionnelles et bien entendu financières.
Mon expérience, après un certain nombre d'entretiens, me fait grandement douter de la réforme récemment adoptée par le Parlement qui instaure une possibilité de rupture de contrat d'un commun accord entre un employeur et son salarié. Comment parvenir à un accord équilibré entre 2 parties qui ne sont franchement pas sur un pied d'égalité !


