La rue Voltaire avait été karchérisée dans l'après-midi. Une motocrotte est passée et repassée. Il fallait que tout soit propre pour la venue de notre maire Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Même le panneau voisin a été nettoyé de tout message d'opinion !
A 17 heures, sa "tente bleue" -arrivée pliée à bord d'une camionette- a été dressée en quelques instants. Une petite table et 2 chaises ont été installées dessous.
A 18 heures, tout le monde est là : une douzaine de personnes font la queue derrière des barrières. Les gens espèrent une place en crèche ou un logement en HLM...
La troupe ceccaldiste est présente aussi en force sur le trottoir d'en face. Des gros bras se tiennent un peu à l'écart. Que craignent-ils donc ? La venue de Charles Ceccaldi ou ma "surprise" ? :o)
De fait, Joëlle Ceccaldi est en retard.
Tant pis pour elle, je n'attends pas pour dévoiler le véritable événement de cette soirée : après avoir saluer personnellement toutes les personnes qui attendent en ligne, je donne à qui veut un petit papier avec l'adresse de www.ruevoltaire.com, le blog de la rue Voltaire. "Vous allez nous obtenir un jardin pour les enfants ?", me demandent des mamans. Je discute avec tout le monde. On me dit que le nouveau square, avec sa fontaine mauresque, est très beau, mais qu'il n'a aucun coin d'ombre ! Effectivement ! J'ajoute que 80% de l'espace est bétonné. Tu parles d'un jardin ! Je leur parle des trottoirs de la rue Parmentier dont MonPuteaux a obtenu l'élargissement.
30 minutes passent, et finalement Joëlle Ceccaldi-Raynaud arrive. Dans l'heure suivante, elle va discuter sur le trottoir avec un peu plus de 20 personnes, ce qui fait moins de 3 minutes pour chacune.
La conseillère municipale socialiste Nadine Jeanne est venue accompagner Madame Bouraby, qui va se retrouver à la rue avec ses 2 enfans à la fin du mois. Elle a besoin d'urgence d'être relogée. Une petition à l'école Parmentier a recueilli de nombreuses signatures. En conseil municipal, vendredi, Joëlle Ceccaldi a fait celle qui n'était pas au courant de cette situation d'urgence. Face à l'élue socialiste et à la maman en détresse, la maire finit par promettre un F3. Vendredi, il n'y en avait aucun de disponible ! Comme quoi, il faut savoir se mobiliser et insister pour obtenir ce à quoi on a droit dans cette ville.
L'heure passe. Les gens repartent souvent l'air déçu. La "tente bleue" est démontée rapidement. Les gros bras rentrent chez eux, sous le regard désaprobateur des mamans. La rue Voltaire retrouve son calme. Le cirque ambulant est reparti. La démocratie participative, ce n'est certainement pas de recevoir des personnes en difficulté, un soir de semaine, sur un bout trottoir, même karchérisé.
(photo : Christophe Grébert sur Flickr)





