L'internet à Puteaux : un nouveau média de masse qui exige de la transparence
L'Internet est devenu dans notre commune un véritable média de masse : déjà en mai 2003, France Telecom annonçait que 4.000 foyers putéoliens étaient abonnés au Haut débit via l'adsl, soit 1 foyer sur 5. Un an et demi après, on peut facilement imaginer que ce chiffre a plus que doublé.
Et il n'y a pas que l'adsl : il y aussi le câble et les nombreuses personnes encore connectées par RTC (ligne téléphonique bas débit) et tous ceux qui se connectent depuis leur bureau, à l'école ou dans les nombreux cybercafés. Si la fracture numérique existe bien et malgré tous les obstacles (formation technique, prix encore trop élevè de l'équipement informatique ou de l'abonnement internet), ces différents modes possibles d'accès permettent au plus grand monde de consulter les sites et de recevoir ou d'envoyer des mails. Sociologiquement, tout le monde se met à internet : jeunes, vieux, actifs, cadres, ouvriers, femmes, hommes... Le net est même devenu, pour certaines personnes, le principal média, la principale source d'information. Il a remplacé en partie la télévision ou les journaux.
L'Internet a aussi modifié la manière de "consommer" de l'information : le lecteur n'est plus limité financièrement à la consultation d'un seul quotidien ou d'un seul magazine. Sur le Web, il peut multiplier ses sources. Surtout, ce même lecteur, via les forums et les "commentaires" des blogs, n'est plus passif. Désormais, il participe au contenu, il a son mot à dire et il n'accepte plus que quelques uns - "prescripteurs", "responsables", "experts", "spécialistes", "élus"- s'accaparent tout l'espace de la parole et des idées. Par ses commentaires, ses corrections, ses demandes de précisions, ses alertes, il prend part activement à la rédaction des nouvelles.
A Puteaux, depuis l'ouverture de MonPuteaux.com, il y a bientôt 3 ans, plusieurs autres sites se sont créés. On a vu comment les nombreux non-dits, les opinions dispersées, mais sous-jacentes, ont pu enfin s'exprimer ouvertement, publiquement et avoir un fort écho.
MonPuteaux.com reçoit actuellement 20.000 visiteurs par mois. Quel média local peut se prévaloir d'avoir 20.000 lecteurs ? Quel parti politique peut distribuer chaque mois 20.000 tracts ou avoir un contact direct avec 20.000 citoyens ? Avec Internet, un simple citoyen peut développer un média indépendant, et acquérir une influence indéniable grâce à une audience forte. C'est à la porté de tous.
Quand la concurence créée l'émulation !
Les opposants à la majorité municipale UMP ont été les premiers à sauter sur cette occasion : communiquer facilement avec le plus grand nombre. Tout cela leur était auparavant inaccessible.
Lancé en 2002, le site de la section socialiste de Puteaux est un pionnier (www.ps-puteaux.com). Plus tard, sont arrivés le site de la conseillère socialiste Nadine Jeanne (www.nadinejeanne.com) et dernièrement le blog du militant UDF Franck Lévêque (www.franckleveque.com). Les Verts sont aussi présents sur le web putéolien (http://vertsneuilly.puteaux.free.fr).
Des associations ont suivi : Village Puteaux (www.villageputeaux.com) et le Forum Putéolien (www.puteauxforum.com) qui permet à chacun de s'exprimer sur les sujets locaux.
Des particuliers ont enfin ouvert des sites pour parler d'eux ou de leurs passions, comme "Bonjour de Puteaux" (www.bonjourdeputeaux.com) animé par un collectionneur de cartes postales anciennes.
L'audience de tous ces sites est très variable. En cumulé, cela représente plusieurs milliers de visites ! Le Forum Putéolien annonce 3.000 visites par mois et déjà plusieurs centaines de messages publiés. Seulement 2 mois après son lancement, le blog de Nadine Jeanne reçoit 80 visiteurs chaque jour !
C'est considérable, si l'on considère que ces sites ciblent une audience limitée à 40.000 Putéoliens. Même si bien entendu, beaucoup de visiteurs viennent de l'extérieur de Puteaux, attirés par une coupure de presse ou par un moteur de recherche. Ces sites font connaître Puteaux bien au-delà de ses frontières.
Quelles sont les vertues de cette véritable Webmania putéolienne ?
En s'exprimant très librement et en invitant les visiteurs à laisser des messages, les auteurs de ces sites -responsables politiques, militants associatifs ou simples citoyens- jouent la transparence et l'ouverture aux autres. Ils acceptent en cela de s'exposer aux critiques, d'être contredit, mais dans l'espoir d'en tirer des leçons et des idées, de partager et d'apprendre. Ils font le pari d'une communication qui va désormais aller et de plus en plus dans les 2 sens.
Mais, vous me direz : et la majorité municipale dans tout cela ?
La mairie a son propre site, mais l'"UMPuteaux", dont on ne sait pas très bien s'il s'agit d'une sorte de parti local ou d'une véritable section déclarée de l'UMP, est absent sur le Web. Le fils du maire, Vincent Franchi, a acheté un nom de domaine (www.putéolien.com), mais cette page est inactive. S'exprimer "noir sur blanc", en s'exposant au jugement direct des autres, est-ce plus difficile lorsqu'on se trouve dans la majorité ? Pour qui n'accepte pas la critique et qui était habitué à un sytème avec un diffuseur unique et des recepteurs passifs, intervenir sur Internet est très délicat : ici, la censure est impossible : mentir ou manipuler, c'est risquer d'être immédiatement dévoilé. Et la réaction est aussi instantanée que puissante.
Il existe bien des sites de personnes revendiquant leur soutien au maire de Puteaux, mais ils sont systèmatiquement anonymes ou utilisent des prêtes noms, avec des adresses en déhors de Puteaux, voir à l'étranger ! Est-ce cela qui les pousse à tous les excès : insultes haineuses, menaces et appels clairs au lynchage public y sont légions ! C'est pourquoi, je ne peux donner leur adresse (vous les trouverez ailleurs). Car en les citant, je me ferais légalement complice de leurs propos diffamatoires. Peut on malicieusement en conclure que la majorité municipale a les soutiens qu'elle mérite ? Sans jamais ouvertement les encourager, la mairie de Puteaux n'a jamais condamné ces sites de supporters agressifs. Elle a en revanche engagé plusieurs actions contre www.monputeaux.com et contre le www.forumputeolien.com. Des actions qui pourraient être vues comme des atteintes à la liberté d'expression.
C'est là aussi une vertue du Net : à travers l'utilisation que les uns et les autres en font, de la manière dont ils se l'approprient ou non, de la façon dont ils approuvent ou rejettent ce nouveau média, on peut deviner leur esprit et leur idéologie. Le Net comme révélateur du degrés de démocratie d'une personne, d'une institution d'une population ?
Le Net est clairement un outil pour la démocratie. Un outil providentiel pour une ville comme Puteaux, qui en manquait. Et croyez-moi, nous ne sommes qu'au début de l'histoire...





Je n'habite pas Puteaux, mais je lis toutes les nouvelles concernant une "démocratie" d'un autre age.
je n'ai plus besoin d'acheter le canard enchainé pour ètre informé des turpitudes de la bande Chirac / Sarko.
Continuez
Rédigé par: krzewina | le vendredi 08 octobre 2004 à 19h37
Pou moi internet est un moyen d'exprimer mes idées et de les diffuser. C'est un vecteur de communication supplémentaire.
Pour information, j'ai ouvert mon site (www.franckleveque.com) il y a 29 jours et j'ai eu 4602 connections (aujourd'hui à 20h30).
Je souhaite que ce site soit force de proposition pour les élections municipales de 2007. J'ai mes idées, et je les enrichis grâce aux suggestions des Internautes. Je donne mon avis sur les articles publiés sur d'autres sites et cela permet de développer un dialogue pour batir un projet pour les prochaines élections dans l'intérêt de tous les Putéolien(ne)s.
Rédigé par: Franck | le vendredi 08 octobre 2004 à 20h42
Après 23 ans de vie à Puteaux, je n'y habite plus depuis un an et me suis installée dans une très belle ville de province. Le changement est considérable, et va bien au delà d'un changement Paris Province (je suis d'ailleurs originaire de Paris intra muros que je retrouve avec plaisir à seuelement deux heures de TGV).
A Puteaux, moi et mes quatre enfants n'avions aucun sentiment d'appartenance à la "vie de la cité". D'ailleurs, quelle vie de la cité ? L'ambiance de couvre feu le soir à partir de 22:00 ? L'indigence culturelle au milieu des "Palais" de toutes sortes ? Le consternant Puteaux Info ? Les crottes de chien sur les trottoirs en granit ? L'insupportable climat de clientélisme en toute occasion ?
Vie de la cité, c'est désormais le sentiment que nous avons dans cette ville de province, où circule l'oxygène de la démocratie par notamment le respect des diversités d'opinions, les démarches administratives facilitées, une vie culturelle active, une presse locale ouverte, des initiatives citoyennes, sans oublier une saine gestion de la ville...
Je conserve néanmoins mon "abonnement" à "MonPuteaux.com" et salue le courage politique et la vitalité de ce site. Courage, les putéoliens ! Les choses peuvent changer, je vous le souhaite ardemment. Et vive le Net !
Rédigé par: Isabelle | le samedi 09 octobre 2004 à 17h59
Belle analyse Christophe.
Rédigé par: Hubert | le lundi 11 octobre 2004 à 11h10
Je viens de temps en temps visiter ce site et je ne suis jamais déçu du voyage...
Le plus curieux pour moi qui ai des amis syndicalistes à Citroën-Rennes, c'est que je retrouve des méthodes dans votre ville qui ressemblent furieusement à ce j'ai vu dans cette entreprise : comportements violemment anti-démocratiques, manifs de gros bras, syndicat maison aux interventions manifestement téléguidées par l'employeur, langage caricatural et outrancier...
Mais le groupe PSA (dont fait partie Citroën) a depuis longtemps (années 80 environ) tempéré ces comportements. Et s'il n'est pas devenu pour autant "pro-syndical", il est tout de même allé (à la fin des années 90) jusqu'à payer aux syndicalistes qui avaient été maltraités pendant des années, des sommes destinées à compenser le préjudice (déroulement de carrière notamment) qui leur avait été causé.
Du coup, ce qui se passe à Puteaux à un côté furieusement rétro...
Je ne partage pas vos engagement politique, mais bravo en tout cas pour votre site.
Rédigé par: Philippe | le vendredi 26 novembre 2004 à 18h00