2002 Flux

ARCHIVES : mon 1er compte rendu du conseil municipal de Puteaux en juillet 2002

En juin 2002, je lance MonPuteaux.com. Le mois suivant, en juillet, se tient un conseil municipal. J'y vais et je publie le compte-rendu ci-dessous (PAGE ORIGINALE). Je n'imaginais pas que celui-ci allait provoquer les foudres du maire de Puteaux ! Aussitôt, Charles Ceccaldi-Raynaud signe un arrêté interdisant d'assister au conseil avec un appareil photo ! 12 ans après, sa fille, Joëlle Ceccaldi-Raynaud veut empêcher qu'on le filme. De père en fille, c'est donc la même histoire... Les Ceccaldi n'aiment pas qu'on parle d'eux et préfèrent mener leurs petites affaires loin des micros et des caméras.

Les devoirs de vacances de nos conseillers municipaux
mardi 23 juillet 2002

Une demi-heure montre en main, c'est le temps qu'a duré mardi soir le dernier conseil municipal avant la rentrée. 
Le quorum est tout juste atteint. Visiblement, certains conseillers ont devancé l'appel des vacances. A leur décharge, il faut dire que la municipalité, comme à son habitude, ne les a prévenus de la tenue de cette réunion qu'en fin de semaine dernière. C'est donc raté pour les juilletistes !



Rompu à un exercice qu'il accomplit depuis plus de 30 ans (!), Charles Ceccaldi-Raynaud, costume vert clair et guilleret à souhait, ne perd pas un instant, si ce n'est pour saluer "la voix d'hôtesse de l'air" d'une conseillère... ou pour souligner "la belle coiffure" d'une autre. C'est la première fois que j'assiste au Conseil Municipal. Je suis un peu étonné. Mais on me dit que c'est tout à fait son habitude !
La secrétaire de séance tente à grand peine de suivre le rythme imposé par le Monsieur le Maire. En effet, en 30 minutes, c'est une soixantaine de décisions qui sont approuvées : de l'achat de jeux de société pour les écoliers au choix d'une entreprise pour la réalisation d'un jardin potager au 84 de la rue de la République (toujours pour les enfants), en passant par le très important lancement du Plan Local d'Urbanisme (NB : nous en reparlerons). 
Les votes s'enchaînent, sans véritable discussion. L'opposition est représentée ce soir par un seul élu. Une situation qui ne favorise pas le débat contradictoire. C'est ainsi qu'un budget de 600.000 euros (!) pour la réalisation d'un petit jardin derrière l'hôpital est voté, sans sourciller, par l'ensemble des conseillers.


Le "jardin sud" : 600.000 euros...


Aussitôt l'ordre du jour achevé, Monsieur le Maire souhaite "bonnes vacances" à tous et donne rendez-vous en septembre pour le prochain Conseil (on y sera). Les quelques citoyens présents quittent la tribune. Ils n'ont pas eu le temps de s'ennuyer !


Quelques autres décisions votées : 

- avant projet détaillé de la vidéosurveillance urbaine (qui va nécessiter la réalisation d'un réseau de fibres optiques), Seraient surveillés carrefours et routes principales, zones piétonnes, escalators, parkings, passages publics, espaces publics particulièremet exposés à des risques d'agression ou de vols. A priori tout serait quadrillé ! Coût environ : 1.550.000 euros hors taxes (voir le texte sur la vidéosurveillance dans la rubrique peut mieux faire)
- autorisation donnée au Maire pour l'aménagement de 5 entrées de la ville,
- programme pour la réalisation d'un palais de la danse au 10 rue Cartault,
- programme de travaux de construction d'un atelier de dessin et de peinture à l'angle des rues Berthelot et Jules Verne,
- programme pour la création d'un mur monumental le long de l'école Marius Jacotot jusqu'à l'entrée de la piscine,
- programme des travaux d'extension de la demi-pension à l'école de la Rotonde, rue Paul Lafargue,
- création d'une demi-pension à l'école Marius Jacotot,
- décision de créer un cybercafé au 20 rue Benoit Malon,
- construction d'une académie de billard au Musée Gaudin, 31 rue Cartault,
- principe de construction de 2 pigeonniers pour diminuer les nuisances des pigeons,
- désignation du bureau d'étude paysagiste pour le réaménagement du square de la Pergola,
- nouveaux principes d'aménagement de la ZAC du Théâtre.

  

LE MAIRE PREND UN ARRETE QUI VISE MONPUTEAUX.COM
vendredi 9 août 2002


Après seulement 3 mois d'existence, MonPuteaux.Com subit pour la première fois les foudres de la Mairie.

Le Maire, dans un arrêté daté du 8 août, interdit désormais à tout Putéolien de pénétrer dans la salle du Conseil municipal avec un appareil photographique. Raison invoquée pour justifier cette interdiction : si une photo était prise, le flash de l'appareil pourrait gêner le travail des élus. 

Je dois malheureusement avouer que cette limitation de la liberté du citoyen putéolien à se balader avec un appareil photo (y compris dans sa mairie) est de ma faute.
En effet, lors du Conseil municipal du 23 juillet, du haut de la tribune du public, j'ai photographié de loin mes élus (voir la photo du délit ci-dessous). Je précise que cette photo a été faite sans flash. Sur le moment, personne n'a remarqué que j'avais prise une photo... preuve que cela n'a gêné en rien les débats. C'est seulement lorsque je l'ai publiée sur mon site qu'une personne m'a envoyée un e-mail pour m'expliquer que j'avais "dérogé au droit" en prenant ce cliché.



Je ne savais pas que photographier ses élus en train de travailler était mal ! d'autant qu'une réunion du Conseil municipal est non seulement accessible au public, mais qu'aussi par tradition républicaine elle se tient "toutes portes ouvertes, afin que rien ne soit décidé en cachette". 

En assistant aux Conseils et en vous en parlant ensuite sur ma page perso, suis-je en tort ? Ma démarche n'est-elle pas parfaitement civique et ne devrais-je pas plutôt recevoir des louanges de la part de nos représentants élus ? Tout ce qui peut contribuer à faire connaître les délibérations municipales est bon pour la démocratie locale. Et je suis fier d'y participer désormais.

Tout cela valait-il un arrêté municipal ? Que craint-on ? Quelle menace je représente ?

Ce qui gêne peut-être, c'est qu'un simple citoyen se permette d'exercer son droit le plus normal et le plus défendable : la liberté d'expression. 

Mais comme justement je ne suis qu'un simple citoyen (sans organisation derrière lui, ni avocat, ni conseiller juridique... et pour tout argent que celui qu'il gagne chaque mois...), en cas de procédure judiciaire engagée contre moi (on ne sait jamais), je ne jouerai pas au martyr : je fermerai aussitôt et définitivement mon site. 

Si cela devait arriver, je vous préviendrais et je le ferai savoir.

Si MonPuteaux.Com devait être fermé dans les prochaines semaines, certains parleront de victoire. Moi, je dirai que c'est la liberté qui a perdu.

Je me permets à ce propos de vous conseiller la lecture d'un livre de poche : "LE DROIT ET LA LOI ET AUTRES TEXTES CITOYENS" de Victor Hugo (éditions 10/18).

Christophe Grébert (août 2002)


Histoire de Puteaux : en 2002, l'inauguration du 1er "Puteaux en neige"

Piste2512 En décembre 2002, le maire de Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud, inaugure la 1ère édition de "Puteaux en neige", en présence de Cécilia et Nicolas Sarkozy. Ce dernier est alors ministre de l'intérieur.
L'opération, qui se déroule sur le parvis de la mairie, prend l'eau : la neige fond. Il faut chaque jour en apporter de la fraiche depuis les Alpes !
Voici le texte -très délirant- qu'a publié à l'époque le service communication de la ville :

"Les stations de ski n'ont plus de neige, mais il y en a à Puteaux, malgré la pluie et une température de 15 degrés". "Plus de 1 500 personnes sont présentes sur l'esplanade. On entend des remerciements, des cris de joie, de l'admiration. Après les palmiers, le ski. Puteaux n'est pas une ville endormie. Tout bouge. Ce n'est pas la révolution permanente, c'est l'animation permanente. La foule joyeuse exprime que la ville a une âme. Oui il y a des villes où la municipalité n'organise rien". " L'inauguration se fait après une retraite aux flambeaux et une descente en luge qui provoque une ovation. Cette piste aux flambeaux avec la mairie illuminée, quel magnifique spectacle ! C'est un souvenir qui restera dans l'histoire de la ville". " Le Sénateur-Maire coupe le ruban. Joëlle Ceccaldi à ses côtés. Nicolas Sarkozy tient un bout de ruban. Cécilia Sarkozy pénètre sur la piste. Le Maire, la municipalité, de nombreux conseillers municipaux et Monsieur le Ministre de l'Intérieur, accompagné de son épouse, forment le cortège. On se reconnaît, on se salue, on se complimente, on exprime sa joie. Au passage on félicite le Maire et sa fille pour cette initiative qui met Puteaux au premier rang de l'entrain". " Beaucoup félicitent le Ministre pour sa fermeté, et ses succès dans la lutte contre l'insécurité. Pour aller sur le terrain, il a choisi Puteaux. Il est venu dans la commune de son ami, à son invitation". "La neige et la joie, surtout la joie des enfants sont au grand rendez-vous de Puteaux, capitale de l'animation, symbole du rassemblement populaire. Tout le monde s'unit, tout le monde communie à l'idée d'un Noël exceptionnel comme Puteaux, ville de l'exploit".

Sur MonPuteaux, le 25 décembre 2002, me vient alors une question : "elle avait fumé quoi la personne qui a écrit ça ?" :)))) Rien ou presque n'a changé depuis à Puteaux...

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(photos : Christophe Grébert - déc 2002)


Il y a 5 ans à Puteaux : installation de palmiers rue Jean Jaurès

33613560_6ddf454be5En plein été 2002, il y a tout juste 5 ans, la mairie de Puteaux installe des palmiers rue Jean Jaurès, sans prévenir personne... et notamment les commerçants qui découvrent que les places de stationnement, déjà réduites à un seul côté de la rue par des travaux d'élargissement des trottoirs, seront désormais toutes condamnées. Dans les semaines qui suivent, les commerces voient leur chiffre d'affaires chuter. 5 ans après, les palmiers sont intégrés dans le paysage... même s'ils sont moins beaux qu'au début. Poubelles et scooters occupent l'espace entre chaque pot. Le commerce rue Jean Jaurès ne s'est pas spécialement développé. Plusieurs boutiques ont fermé, laissant la place à des opérateurs téléphoniques.

(photo : Christophe Grébert sur Flickr)


Il y a 4 ans : en novembre 2002, la mairie de Puteaux me menace d'un premier procès

En novembre 2002 (MonPuteaux.com n'existe que depuis 6 mois), un huissier frappe à ma porte. Il me remet une "mise en demeure" de la mairie de Puteaux. Celle-ci me reproche d'avoir diffusé sur mon site plusieurs couvertures des "Puteaux Infos" et des affiches de manifestations municipales (la "fête d'Halloween", "Puteaux Danse", la "fête du sport", etc...).

"Ces diffusions sont de nature à porter préjudice à la ville", est-il notamment écrit. La mairie exige que je retire ces images "sans délai". A défaut, elle menace de saisir le juge "aux fins d'exécution forcée et de réparation de préjudices subi". "Pour l'avenir et d'une façon générale, ajoute le courrier municipal, la ville de Puteaux ne vous donne pas l'autorisation de diffuser sur votre site une quelconque oeuvre dont elle serait l'auteur au sens de l'article L.112.2 du Code de la propriété intellectuelle".

Je publie alors la réaction suivante :

"Cette mise en demeure ne trompera personne. Qui va croire que je porte préjudice à ma ville en reprenant sur mon site des affiches de manifestations publiques diffusées partout ! Personne ! la majorité municipale cherche tout simplement et par tous les moyens à me faire taire. Mais en m'empêchant de vous informer librement, elle apparaît comme un censeur. Et finalement, en me prenant pour cible, elle m'accorde de la crédibilité, ce qui est inattendue de sa part !"

4 ans après, la majorité municipale ceccaldiste n'a toujours pas changé ses méthodes : j'ai rendez-vous le 15 novembre prochain devant la cour d'appel de de Paris dans l'affaire "Mairie de Puteaux contre MonPuteaux.com".


Il y a 4 ans à Puteaux : des grilles contre l'invasion barbare

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Petit retour en arrière : en octobre 2002, il y a tout juste 4 ans, j'écris une note sur la pose de nouvelles grilles autour du square Williams Lévy, en haut du boulevard Richard Wallace : "Il faudra qu'on nous explique un jour l'intérêt de toutes ces grilles. Elles ne sont pas spécialement jolies, elles doivent coûter très cher et elles nous empêchent de pouvoir profiter pleinement des espaces verts de notre ville". Le lendemain, le maire de Puteaux, Charles Ceccaldi, répond sur le site internet de la ville : "Les partisans de désordre s'attaquent depuis quelques temps, sans doute en vue des échéances, aux grilles de protection et d'ornement. Ils voudraient que les jardins publics soient livrés au saccage et à la destruction. Ce sont les attilas de l'idéologie. La sécurité est l'alliée de la beauté. Deux notions combattues chez nous avec un déchaînement extrême en vue de la suppression de toutes les grilles. Les rêveurs peuvent rêver".
Ainsi donc ce jour là, j'ai compris pourquoi la majorité municipale UMP mettait des grilles partout : c'est pour éviter l'invasion barbare... Les attilas de l'idéologie (sic) n'ont qu'à bien se tenir !!!! :o))))

(photo : les grilles autour du parc du Moulin, Puteaux, Christophe Grébert sur Flickr)